•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Boycotter Facebook, pas facile pour les PME

Avec ses 2,6 milliards d’utilisateurs et d'utilisatrices ainsi que ses capacités de ciblage publicitaire, Facebook est indispensable pour plusieurs PME.

Le logo Facebook sur un écran à la bourse NASDAQ.

Plus de 160 entreprises n'achètent plus de publicité sur Facebook pour dénoncer les manquements de la politique de modération du réseau social.

Photo : Reuters / ERIC THAYER

CBC News

Retirer ses publicités de Facebook, comme l’ont fait plus de 160 entreprises ces derniers jours pour dénoncer les manquements de la politique de modération du réseau social, pourrait faire plus de mal que de bien aux entreprises de plus petite taille, selon des spécialistes du marketing.

Un boycottage publicitaire par quelques marques a un impact presque nul sur les bénéfices de Facebook, explique Mari Smith, coautrice du livre Marketing Facebook : une heure par jour.

Et si les PME décident d’emboîter le pas, ne serait-ce que pour un ou deux mois, les conséquences financières pourraient être désastreuses pour elles.

Se joindre au mouvement affecterait beaucoup plus leurs profits que ceux de Facebook, dit Mari Smith.

Un impact minime

Près de 8 millions d’entreprises achètent de l’espace publicitaire sur le réseau social. Si certains géants comme Starbucks et Coca-Cola se sont joints au mouvement de boycottage, d’autres clients importants comme Walmart, Disney et Procter & Gamble n’ont rien changé à leurs habitudes.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, témoigne au Congrès américain dans la foulée du scandale des données personnelles obtenues par la firme Cambridge Analytica.

Facebook est critiqué depuis le début de l’année pour sa politique de modération et son refus de censurer des publicités politiques mensongères, mais les tensions ont rapidement augmenté de plusieurs crans à la fin de mai quand son PDG, Mark Zuckerberg, a dit que le réseau social ne devrait pas être l'arbitre de la vérité.

Photo : Reuters / Leah Millis

Sachant que les 100 plus importants clients de Facebook ne représentent que 6 % des revenus publicitaires du réseau social, le boycottage a un impact financier minime pour Facebook, croit Beth Ellen Egan, professeure en publicité à l’Université de Syracuse.

Globalement, ça ne leur fait pas tant de mal que ça, estime-t-elle.

Même son de cloche du côté de Dennis Yu, coauteur du livre Facebook Nation et directeur de la technologie de l’entreprise de marketing numérique BlitzMetrics. Il souligne que, malgré toutes les controverses des dernières années, les revenus et la valeur boursière de Facebook ne font que monter en flèche.

Tous les ans, quelque chose comme ça arrive, et les gens se mettent à prédire la fin de Facebook. Je ne crois pas que ce boycottage soit différent.

Dennis Yu, directeur de la technologie de l’entreprise de marketing numérique BlitzMetrics

Il n’en demeure pas moins que ces crises pourraient rattraper Facebook à long terme si l’entreprise ne fait rien pour régler la situation.

Il y a un concept qu’on appelle le point d’inflexion. C’est quand toutes sortes de choses arrivent sans qu’elles aient un effet immédiat, mais, après une certaine accumulation, ont un assez grand effet pour que tout décolle, analyse Alan Middleton, professeur en marketing à l’Université York.

M. Middleton rappelle que l’image de marque de Facebook a pris un dur coup dans la dernière année, selon de récentes études de marché, et que ce boycottage pourrait exacerber la tendance. Il souligne que, entre-temps, ce sont surtout les PME qui décident de boycotter la plateforme qui devront faire face à des conséquences financières.

Illustration de la perte de valeur boursière de Facebook.

L’action de Facebook a chuté de 8,3 %, vendredi, faisant fondre sa valeur boursière de plus de 56 G$ US.

Photo : CBC News/Reuters

Les PME ont besoin de Facebook

La professeure Beth Ellen Egan soutient que Facebook offre un retour sur investissement intéressant aux plus petites entreprises.

Elles se mettent à faire de la pub et voient immédiatement un effet sur leurs ventes, explique-t-elle.

Avec ses 2,6 milliards d’utilisateurs et utilisatrices, ainsi que ses capacités de ciblage publicitaire, Facebook est indispensable pour de nombreuses PME.

C’est là où sont les consommatrices et les consommateurs, et il faut se rendre là où ils sont, résume le directeur de la technologie de l’entreprise de marketing numérique BlitzMetrics, Dennis Yu.

La situation n’est pas tout à fait la même pour une entreprise comme Coca-Cola, pour qui la publicité sert surtout à mousser la notoriété de la marque.

Les gens ne cliquent pas sur des pubs pour immédiatement acheter un Coca-Cola, illustre Mari Smith.

Selon les informations de Mark Gollom

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !