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Hausse du loyer de 25% au Havre Curé-Hébert : inacceptable, selon Andrée Laforest

La résidence Havre Curé-Hébert de l'extérieur.

Les familles de résidents du Havre Curé-Hébert au Lac-Saint-Jean contestent la hausse des loyers de près de 25 % en un an.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, critique la hausse de 25 % en seulement neuf mois des frais mensuels à la résidence pour aînées Havre Curé-Hébert à Hébertville.

Plusieurs proches des résidents l'ont interpellée afin qu'elle intervienne dans le dossier et qu'elle trouve une solution pour alléger le fardeau des personnes âgées.

Mardi matin, elle a mentionné qu'un centre d'assistance était justement en place pour aider les aînés dans cette situation. Cependant, elle estime que plusieurs aspects du système doivent être revus.

Ce n'est pas acceptable des hausses comme ça. On est en train aussi de regarder avec le tribunal administratif du logement comment ériger un bail. Parce que dans le bail, on a, oui, le prix du loyer, mais tout les soins qui vont avec l'hébergement des personnes aînées si je peux dire. Écoutez, je peux vous dire qu'on a pris toutes les mesures qu'il fallait , assure-t-elle.

La ministre Laforest n'a toutefois pas voulu développer sur le travail effectué afin de trouver une solution au Havre Curé-Hébert.

Difficile de contester

Spécialiste des baux en résidence pour aînés, la professeure Marie-Annik Grégoire de la faculté de droit de l’Université de Montréal précise qu’il est difficile pour les personnes âgées de contester les augmentations de loyer.

Il est impossible de faire des recours collectifs dans une situation comme celle-ci et les gens doivent se représenter eux-mêmes à la Régie du logement.

Or, on le sait, il y a plusieurs études qui le démontrent, il y a même la Protectrice du citoyen qui l’a inscrit dans un rapport spécial, les personnes âgées ont peur des représailles, alors très peu de personnes âgées vont aller contester, explique-t-elle.

Québec pressé de corriger le tir

Elle ajoute que si quelqu’un va de l’avant et obtient gain de cause, la décision ne s’appliquera que pour cette personne. Les autres qui ont subi la même hausse de loyer ne verront pas leur facture redescendre.

Qui plus est, certaines résidences justifient les augmentations par la hausse du prix des services, ce que la Régie du logement ne peut évaluer.

C’est pourquoi Mme Grégoire croit que le ministère de la Santé et des Services sociaux devrait établir une fourchette de prix reliés aux différents services. Selon elle, ceci permettrait d’assurer une certaine uniformité à l’échelle provinciale.

Soutenir les aînés

Selon le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), la pandémie de COVID-19 a fait ressortir les problèmes dans le réseau.

Dans le futur, la volonté d'améliorer la condition des employés pourrait signifier une hausse des loyers.

Non, ce n'est pas normal. Il n’y en a pas beaucoup de cas, mais je pense qu'il faut s'attendre à ce qu'il y en ait de plus en plus puisque les résidences pour aînés ont présentement beaucoup de difficultés à équilibrer leur budget. On le sait que les revenus d'une résidence pour aînés proviennent des loyers alors immanquablement, il va falloir augmenter les loyers , croit le président du RQRA, Yves Desjardins.

Plusieurs acteurs du milieu sont d'accord sur le fait que le revenu des aînés doit être augmenté de façon significative.

En même temps, on ne veut pas impacter l'aîné. Pour ça, il y a une mesure fiscale actuellement qui s'appelle le crédit d'impôt pour le maintien à domicile, qui n'a pas été bonifié depuis 2017. On demande au gouvernement de donner un peu plus de sous à l'aîné , fait valoir Yves Desjardins.

Le directeur général de la FADOQ Saguenay-Lac-Saint-Jean-Ungava, Patrice St-Pierre estime que les gouvernements ont encore du travail à faire pour soutenir les personnes âgées.

Lorsqu'on parle de 44 % de la population qui vit avec un revenu d'approximativement 17 500 $ par année, faites le calcul, dit-il. On voit très bien que les gens ne peuvent pas arriver avec cette situation là. Alors que ce soit par des bonifications auprès de crédits d'impôt, que ce soit par la majoration du supplément de revenu garantie, autant du côté fédéral que provincial, il y a des efforts à faire dans le but de doter les aînés d'un meilleure revenu.

D'après le reportage de Philippe L'Heureux et l'entrevue de Priscilla Plamondon Lalancette

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Saguenay–Lac-St-Jean

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