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Les États-Unis pourraient recenser 100 000 cas de COVID par jour, avertit le Dr Fauci

Portant un masque rouge, le Dr Fauci témoigne devant un comité du Sénat, des documents à la main, des bouteilles d'eau près de lui.

Le Dr Anthony Fauci est venu faire le point sur le coronavirus devant un comité du Sénat.

Photo : Reuters / Al Drago

Témoignant à nouveau devant un comité du Congrès, l'immunologiste en chef de la Maison-Blanche, le Dr Anthony Fauci, ne s'est pas fait rassurant mardi : si la tendance se maintient, le nombre de cas quotidien pourrait plus que doubler, et la situation met tout le pays à risque.

Les perspectives ne sont pas roses si le pays échoue à endiguer la flambée épidémique qui s'observe dans le sud et l'ouest du pays, a indiqué le Dr Fauci devant un comité du Sénat.

Nous avons maintenant plus de 40 000 nouveaux cas par jour. Je ne serais pas surpris que nous passions à 100 000 par jour si cela ne change pas, et je suis donc très inquiet, a admis le Dr Fauci.

Selon le site Worldometers, le nombre de nouveaux cas par jour dépasse le 40 000 depuis maintenant 5 jours et le bilan rendu public vendredi dernier faisait même état de plus de 47 000 nouveaux cas en une seule journée.

Interrogé sur le nombre total d'infections et de victimes au terme de la pandémie, le Dr Fauci a refusé de s'avancer, mais prédit que le bilan serait très troublant.

Je peux vous garantir que des régions du pays qui vont bien restent tout de même vulnérables s'il y a des éclosions dans une autre partie du pays.

Le Dr Anthony Fauci

Nous ne pouvons pas nous concentrer uniquement sur les régions qui connaissent une forte augmentation. Cela mettrait tout le pays à risque, a-t-il ajouté.

Si les États initialement les plus durement touchés par la COVID-19 – New York, Washington et New Jersey par exemple – ont vu le nombre de cas diminuer de façon significative, la situation ces dernières semaines s'est au contraire avérée particulièrement problématique dans des États comme la Californie, l'Arizona, la Floride et le Texas.

Ces derniers, qui totalisent la moitié des nouveaux cas du pays, ont d'ailleurs fait marche arrière dans leur processus de déconfinement, tandis que 10 autres États, selon le New York Times, ont de leur côté mis en suspens les prochaines étapes du processus de relance de l'économie.

Le Dr Fauci n'était cependant pas toujours en terrain amical lors de son audience devant le comité.

Mettant en doute certaines des déclarations publiques de l'immunologiste, le républicain Rand Paul a mis en garde contre les recommandations des scientifiques. Si la société se soumet docilement à un expert et que cet expert se trompe, cela peut avoir des conséquences néfastes, a argué celui qui a été le premier sénateur à avoir contracté la COVID-19.

Nous ne devons pas présumer qu'un groupe d'experts sait [...] ce qui est le mieux pour tout le monde.

Rand Paul, sénateur du Kentucky

La semaine dernière, le Dr Fauci avait déjà exprimé, devant un comité de la Chambre des représentants, des préoccupations quant à la hausse« troublante » du nombre de cas de COVID-19 dans certains États, malgré des progrès dans la lutte contre le coronavirus. Il avait alors évoqué 30 000 nouveaux cas par jour.

Avec plus de 2,7 millions de cas officiellement recensés et plus de 129 000 morts, le pays est de loin, en termes absolus, le plus touché par la pandémie, selon les chiffres compilés par Worldometer. Après une diminution du nombre de cas, les États-Unis connaissent maintenant une hausse marquée, dépassant même le sommet du printemps.

Plaidoyers scientifique et économique en faveur du masque

Le Dr Fauci et les autres experts en santé publique du gouvernement américain qui l'accompagnaient devant le comité sénatorial ont martelé un message qu'ils répètent depuis des mois: les Américains doivent porter un masque pour se protéger du coronavirus.

Le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) Robert Redfield, a notamment interpellé les millénariaux et la génération Z, spécifiant que c’était vital pour stopper la propagation du virus.

Mais les recommandations scientifiques trouvent par ailleurs un écho chez des économistes, qui ont joint leur voix au débat.

L’imposition du masque à l’échelle du pays permettrait d’éviter de nouvelles fermetures de l’économie, conclut la banque d’investissement Goldman Sachs.

Un tel geste permettrait potentiellement d’éviter une diminution du PIB de l’ordre de 5 %, estime l’équipe d’économistes dans une analyse publiée lundi.

Au cours des derniers jours, certains élus républicains ont appelé les Américains à se couvrir le visage pour se protéger du virus.

L'argumentaire trace même son chemin au sein du très conservateur Fox News. L'animateur Sean Hannity, proche et partisan enthousiaste du président, s'est ainsi dit en faveur du masque, et un autre, Steve Doocy, a même soutenu que le président enverrait un bon message s'il en portait un.

Trump appelé à montrer l’exemple

Le sénateur républicain qui préside le comité du Sénat chargé d'étudier les questions de santé, Lamar Alexander, a par ailleurs ouvert la séance en déplorant la politisation du port du masque, appelant Donald Trump à porter occasionnellement un masque, même si dans la plupart des cas, il n'est pas nécessaire qu'il le fasse.

Malheureusement, cette pratique toute simple qui permettrait de sauver des vies est devenue partie intégrante d'un débat politique qui dit : "Si vous êtes pro-Trump, vous ne portez pas de masque. Si vous êtes contre Trump, vous en portez un", a-t-il déploré.

Le président a beaucoup d'admirateurs. Ils suivraient son exemple. Cela aiderait dans ce débat politique.

Alexander Lamar, sénateur du Tennessee

Donald Trump ne s'est jamais couvert le visage en public, n'a lui-même jamais exhorté les Américains à le faire et a même ridiculisé certains de ses adversaires ou des journalistes qui en portent un. L’opposition – parfois viscérale – au masque de nombreux électeurs républicains a donné lieu à des scènes devenues virales sur les réseaux sociaux.

La veille, le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, un démocrate, avait lui aussi exhorté le président à montrer l’exemple, le pressant du même souffle à ordonner le port du masque par décret.

Pas de rassemblement pour Biden

Le candidat à l'investiture démocrate pressenti, l'ancien vice-président Joe Biden, a renouvelé ses attaques à l'endroit de son rival républicain, accusant le président Trump d'avoir hissé le drapeau blanc devant le virus.

Prenant la parole dans une école de Wilmington, dans son État du Delaware, M. Biden, très peu présent dans des événements publics depuis le début de la pandémie, a en outre insisté sur l'obligation morale du masque.

Disant suivre les recommandations des scientifiques, il a indiqué qu'il n'organiserait aucun rassemblement partisan. Après une longue pause, le président Trump avait pour sa part participé à son premier rassemblement à Tulsa, en Oklahoma, il y a 10 jours, négligeant ainsi l'avis des experts œuvrant au sein du gouvernement qu'il dirige.

Selon le New York Times, l'équipe de campagne de Joe Biden a par ailleurs publié un plan de lutte contre la pandémie, qui promet de faire une place importante au Dr Fauci.

Avec les informations de New York Times, et CNN

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