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Une campagne lancée pour sauver les petites salles de concert de la faillite

Le groupe montréalais Godspeed You! Black Emperor en concert.

Copropriétaire de la salle Le Vitrola avec Kiva Stimac, le Montréalais Mauro Pezzente fait aussi partie de la formation Godspeed You! Black Emperor.

Photo : Constellation Records

Radio-Canada

Durement frappées par les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19, la majorité des petites salles de spectacle indépendantes du pays pourraient fermer leurs portes au cours des prochains mois. Par le mouvement #SoutenezNosScènes, les membres de l’industrie espèrent sauver ces scènes musicales essentielles à l’émergence des jeunes artistes. 

Après l’annonce, le 22 juin dernier, de la fermeture de la Maison du jazz OliverJones, à Montréal, La Vitrola est devenue le plus récent établissement indépendant de la métropole à mettre la clé sous la porte. Mauro Pezzente et Kiva Stimac, propriétaires de La Vitrola, mais aussi des salles montréalaises Casa del Popolo et La Sala Rossa, ont annoncé lundi que la petite salle – qui était une vitrine pour la musique émergente – ne rouvrira pas à la fin de la pandémie.

Le système mis en place par le gouvernement pour subventionner le loyer des petites entreprises n’est pas adapté aux salles comme La Vitrola, étant donné que cette subvention couvre seulement trois mois et que les petites salles ne pourront pas rouvrir entièrement de façon sécuritaire dans un futur proche, ont dénoncé les propriétaires sur Facebook. (Nouvelle fenêtre)

Un mouvement de soutien pancanadien

La disparition de La Vitrola s’inscrit dans une tendance lourde. Selon une étude commanditée par Les Scènes de musique alternative du Québec (SMAQ), une organisation qui représente les intérêts des salles de diffusion musicale indépendante québécoise mettant de l'avant les artistes de la musique émergente, plus de 9 salles sur 10 ne pourront pas survivre aux prochains mois sans aide financière majeure.

Devant cette situation sans précédent, qui touche ces petits établissements partout au pays, la Coalition canadienne des salles indépendantes (CCSI) a lancé une campagne (Nouvelle fenêtre) intitulée #SoutenezNosScènes. Plusieurs salles québécoises, comme Le Vieux Clocher de Magog, le Quai des Brumes (à Montréal) et le Sea Shack (à Sainte-Anne-des-Monts) font partie de la CCSI, tout comme des promoteurs tels qu’evenko, des agences de spectacle et des festivals.

La CCSI demande que les salles indépendantes à but lucratif soient incluses dans le Fonds d’urgence pour soutenir les organismes chargés de la culture, du patrimoine et du sport. Elle invite le public à contacter ses élus et élues.

Des salles trop petites

Souvent étroites, les salles de spectacle indépendantes peuvent difficilement se conformer aux consignes sur les rassemblements édictées par la Direction de la santé publique du Québec.

On parle souvent de salles qui ne peuvent accueillir que 50 personnes. C’est impossible de respecter la distanciation physique, et encore plus impossible que ça soit rentable, a expliqué Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin.

La fermeture potentielle de salles comme L’Escogriffe, à Montréal, ou Le Zaricot, à Saint-Hyacinthe, aurait une conséquence immense sur l’émergence des artistes de la relève qui y font leurs premières armes, selon Eugénie Lépine-Blondeau. Ce sont des salles extrêmement importantes pour l’écosystème musical québécois et canadien. Sans ces scènes, il n’y aurait pas eu d’Arcade Fire, de Clay and Friends ou de Lhasa de Sela, a souligné la chroniqueuse.

En attendant, les propriétaires de La Vitrola ont réussi à réinventer leurs deux autres salles. La scène de la Casa del Popolo a été retirée pour faire place à une boutique et l’institution proposera une terrasse ainsi qu'un menu pour emporter. La Sala Rossa a quant à elle été configurée pour accueillir des diffusions en ligne.

Nos salles sont peut-être trop petites pour rouvrir de façon sécuritaire, même pour un auditoire qui applique la distanciation sociale, mais ça ne veut pas dire que la musique doit s’arrêter, ont affirmé Kiva Stimac et Mauro Pezzente, qui fait aussi partie de la formation montréalaise Godspeed You! Black Emperor.

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