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La GRC armée de fusils d’assaut patrouille en territoire wet'suwet'en

Deux agents patrouillent autour d'une petite loge en bois rond.

Les agents de la GRC effectuent une tournée hebdomadaire sur le territoire wet'suwet'en, selon une porte-parole de la police fédérale. Ceux dans la photo appartiennent au Groupe tactique d'intervention.

Photo : Soumise par le camp Gidimt'en

Des membres de la Première Nation des Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, déplorent la présence de trois agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) armés de fusils autour d’une loge en bois les 10 et 18 juin dernier, dans le nord-ouest de la province.

Il s'agit même d'une « erreur » dans un contexte où l’abolition et le désarmement des forces policières sont réclamés par la société civile, estime Kevin Walby, professeur au département de justice criminelle à l’Université de Winnipeg.

Grâce à des caméras de surveillance, les membres de la maison du chef héréditaire Woos, de la maison du Grizzli, ont capté au mois de juin trois agents de la GRC en patrouille autour d’une loge en bois rond qui sert à préparer et à fumer le saumon, selon un communiqué de la nation.

Cette loge a été construite ce printemps sur la rivière Morice, à proximité du centre de guérison d'Unist’ot’en, au coeur d’un conflit qui oppose des membres de la Première Nation de Wet’suwet’en et du gazoduc Coastal GasLink depuis une dizaine d’années.

La maison du Grizzli est l’une des 13 maisons affiliées à l’un des cinq clans de la nation Wet’suwet’en.

Le peuple wet’suwet’en a le droit d’exercer son droit de pêche sans craindre l’intimidation policière et sa violence.

Chef Woos, aussi connu sous le nom de Frank Alec

Sur la photo, deux des trois agents de la GRC ont entre leurs mains des carabines semi-automatiques de type Colt C8, notamment utilisées par les forces armées canadiennes. La caporale de la GRC Madonna Saunderson confirme la présence d’agents du Groupe tactique d’intervention et assure que les agents déployés ont suivi une formation en connaissances des sensibilités culturelles.

Ces patrouilles récentes ont lieu parce que la loge a été construite sur le chemin du pipeline, ce qui contrevient à une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, mentionne-t-elle. [Des employés] de Coastal Gaslink ont placé une note à cet effet sur la loge.

En décembre 2019, la juge Marguerite H. Church a prolongé l’injonction que demandait TC Energy, propriétaire du gazoduc Coastal Gaslink, pour la durée de la construction.

Surveillés par des policiers, des manifestants bloquent l'intersection de Cambie et Broadway à Vancouver en soutien aux chefs héréditaires de Wet’suwet’en.

Des manifestants bloquent l'intersection de Cambie et Broadway à Vancouver en soutien aux chefs héréditaires de Wet’suwet’en.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

En janvier de cette année, un conflit opposant la compagnie Coastal GasLink et les chefs héréditaires wet'suwet'en, qui ne consentent pas au passage du pipeline sur leur territoire ancestral, est devenu un problème d'envergure nationale qui a mené au blocage de nombreux chemin de fer à travers le pays.

« Manque de sensibilité flagrant »

La présence d’agents de la GRC armés de la sorte, dans le contexte social actuel où des membres de la société civile appellent à l’abolition des services de police au Canada et dans le monde, fait preuve d’un manque de sensibilité flagrant, selon Kevin Walby, de l’Université de Winnipeg.

Quand vous voyez ces agents en train de patrouiller avec ce genre d’armes, cela renforce l’idée selon laquelle ils sont là pour servir l’intérêt des entreprises et de cette symbiose entre l’État et le gazoduc, déplore le professeur. Dans son communiqué, la GRC dit que c’est une routine, mais cela envoie l’image inverse.

Les agents des forces de l’ordre provoquent souvent des tensions lors de leurs interventions qui attisent la violence, selon M. Walby. Ceux-ci ne devraient pas porter ce genre d’armes, d'autant plus que l’injonction a été ordonnée par la Cour.

Alors que les gens demandent le désarmement des policiers et de concevoir leur relation avec les citoyens différemment, ceux-ci se présentent presque effrontément avec cet armement, avance Kevin Walby. Il s’agit une démonstration de la militarisation des forces policières.

Entre 2010 et 2017, les policiers ont tué 461 personnes au Canada, dont 14 Autochtones en Colombie-Britannique, selon une compilation effectuée par CBC en 2018.

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