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Air Canada suspend indéfiniment les vols Val-d'Or-Montréal

La façade de l'aéroport régional de Val-d'Or.

L'aéroport régional de Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Air Canada suspend indéfiniment ses vols entre Val-d'Or et Montréal.

La compagnie aérienne a annoncé par voie de communiqué interrompre 30 liaisons régionales et fermer 8 escales.

Non seulement les vols directs entre Val-d'Or et la métropole sont arrêtés pour une période indéterminée, mais Air Canada ne fera pas non plus d'escale à Val-d'Or lors de vols vers Rouyn-Noranda, par exemple.

La liaison Rouyn-Noranda-Val-d'Or est elle aussi abandonnée pour le moment.

Air Canada a justifié sa décision par les pertes s'élevant à des millions de dollars occasionnées par la pandémie de COVID-19.

Dans la continuité

Rappelons que tous les vols à destination de l'Abitibi-Témiscamingue avaient déjà été annulés jusqu'au 8 septembre.

On est très déçus et, malheureusement, ça va dans la continuité des mauvais services de la desserte d’Air Canada des dernières années, se désole Martin Ferron, préfet de la MRC Vallée-de-l’Or et maire de Malartic. C’est le deuxième aéroport régional le plus achalandé au Québec. Les vols étaient presque toujours pleins avant la COVID. Pourquoi l’abandonner?

Martin Ferron est convaincu que cette décision aura des impacts importants sur l’économie de la région et sur l’industrie touristique.

C’était déjà décevant que ça reprenne juste en septembre. Oui on peut se déplacer à Rouyn et ce n‘est pas la fin du monde, mais ça demeure inacceptable qu’un aéroport de qualité comme Val-d’Or n’ait pas plus d’écoute de la part de ce transporteur. Ça devient un dossier majeur pour nous, et on va faire toutes les représentations possibles auprès du ministre des Transports Marc Garneau. Je m’attends à une mobilisation régionale. Oui ça touche Val-d’Or, mais Amos aussi. C’est toute la région qui avait une latitude avec les horaires des deux aéroports.

Un comptoir de service fermé d'Air Canada dans un aéroport.

Air Canada suspend ses vols indéfiniment à Val-d'Or. (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Consternation à l'aéroport

La directrice générale de l’Aéroport régional de Val-d’Or, Louise Beaulieu, a encaissé la nouvelle avec consternation.

Je suis sous le choc, a-t-elle lancé. Nous n’avions aucun indice que ça irait jusque-là. De ce que j’en comprends, Air Canada aurait moins de trafic à Val-d’Or qu’à Rouyn, mais j’ai de la difficulté à comprendre cet argument. Nos bureaux sont dans l’aérogare et je les vois, les gens, prendre l’avion. Avant la COVID, les vols étaient toujours pleins. Ils faut faire front commun du politique et des acteurs socio-économiques et exiger de voir les vrais chiffres. C’est clair qu’on ne peut pas laisser passer ça.

Louise Beaulieu estime à plus de 200 000 $ les pertes annuelles engendrées par la suspension des activités d’Air Canada, qui avait trois départs par jour à partir de Val-d’Or.

C’est clairement très important pour nous et une chance que nous avons les minières pour nous aider à passer à travers présentement. Par contre, on a la chance à Val-d’Or d’avoir un transporteur local, Air Creebec, avec qui nous sommes de super partenaires. C’est clair qu’on va avoir de bonnes discussions avec eux.

Une tonne de briques

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, est lui aussi consterné. Ça tombe comme une tonne de briques. Je considère que c’est une façon cavalière de nous l’apprendre et c’est inacceptable. On peut comprendre que des mesures soient prises pendant un épisode de pandémie, mais après? Cette décision fait en sorte qu’on abandonne un service offert depuis plus de 50 ans à tout l’Est de l’Abitibi.

Pierre Corbeil répond aux questions des journalistes, qui tiennent quatre micros devant lui.

Pierre Corbeil, maire de Val-d'Or (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Une fois la surprise passée, le maire Corbeil espère que la région pourra se mobiliser et trouver des solutions, à commencer par l’expansion des services d'Air Creebec.

On avait entamé des discussions avec eux pour une reprise plus rapide de la couverture aérienne à Val-d’Or, à quelque part en août, explique-t-il. C’était des discussions préliminaires et cette nouvelle vient chambouler cet exercice. On a la chance d’avoir accès à un transporteur local vers Montréal et on va discuter avec eux de la suite des choses.

Le maire de Val-d’Or espère que toute la région en saisira les impacts. On n’a pas à se gargariser pour une place plutôt qu’une autre, affirme Pierre Corbeil. Au total, ça va affaiblir toute la région. On n’entrevoit pas tous les impacts à chaud. Il y avait une activité économique intéressante, mais on pense aussi aux vacances, aux services, aux médecins spécialistes ou encore aux travailleurs qui vont à l’étranger, par exemple. Ça pose problème et c’est plus profond et important qu’on le pense à première vue.

Un casse-tête

Pour Jérémi Fournier, président de la Chambre de commerce de Val-d’Or, un casse-tête important attend la clientèle d’affaires après cette décision-surprise d’Air Canada.

C’est une grande déception, surtout pour les entrepreneurs et nos grandes industries comme les mines, qui ont beaucoup d’affaires à Toronto ou Vancouver, note-t-il. Ça va être un gros défi à relever. On a déjà eu plusieurs réactions de nos entrepreneurs qui nous disent que si on doit prendre sa voiture pour se déplacer à Rouyn pour prendre un vol, c’est sûr que les déplacements vont se faire en voiture vers Montréal.

M. Fournier espère lui aussi qu’Air Creebec saisira l’opportunité pour arriver à combler en partie les services d’Air Canada à Val-d’Or.

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Abitibi–Témiscamingue

Transports