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La mère d'un homme abattu par la police à l'Î.-P.-É. intente une poursuite

Un véhicule de police et un policier devant une maison.

Photographie prise le 27 mai 2018, devant la maison où s'est produit le drame.

Photo : Radio-Canada / John Robertson/CBC

François Pierre Dufault

Une femme de l'Île-du-Prince-Édouard poursuit le service de police qui a abattu son fils en 2018. La mère de Jeremy Stephens réclame 6 millions de dollars à la police de Summerside, son chef et trois de ses agents, notamment.

Un document déposé par la poursuite devant la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard décrit l'intervention des policiers comme un échec catastrophique.

Dans la nuit du 27 mai 2018, Jeremy Stephens est recherché pour une altercation et un vol qui seraient survenus quelques heures plus tôt dans un motel de Summerside. L'homme de 32 ans trouve refuge dans le sous-sol d'une maison. C'est là qu'il est mortellement atteint par balle par des agents du service municipal de police.

Deux ans plus tard, la mère de la victime, Gilda Stephens, intente une poursuite de 6 millions de dollars contre la police de Summerside, son chef Dave Poirier et trois de ses agents, de même que l'agence provinciale de la santé de l'Île-du-Prince-Édouard, l'hôpital du comté de Prince et trois membres de son personnel médical.

Selon la poursuite, les policiers auraient fait usage d'une force inappropriée et injustifiable pour maîtriser Jeremy Stephens, qui aurait été atteint par huit projectiles.

La partie demanderesse signale que l'homme de 32 ans souffrait de problèmes de santé mentale et de toxicomanie, et qu'il était connu des forces de l'ordre. Elle reproche aux policiers de ne pas avoir désamorcé une crise de santé mentale.

L'Équipe d'intervention en cas d'incident grave de la Nouvelle-Écosse, le SiRT, a enquêté sur les événements du 27 mai 2018 et a blanchi les policiers. Le rapport de l'organisme indépendant conclut que le suspect était agité et qu'il aurait menacé les agents avec des objets contondants.

Toutefois, la poursuite allègue que le SiRT n'a pas eu accès à toute l'information pertinente dans cette affaire, car la police de Summerside aurait perdu les enregistrements d'appels radio liés à l'incident en raison d'une panne d'électricité planifiée cette nuit-là.

En particulier, toutes les communications radio entre les agents concernés sont manquantes.

Extrait du document de la poursuite

Dans le document de 28 pages déposé devant la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard par l'avocate Julie Kirkpatrick, d'Ottawa, la poursuite soutient que les rapports des policiers impliqués dans la mort de Jeremy Stephens n'ont pas été préparés de manière indépendante, mais à la suite de réunions internes et de discussions au poste de police.

La partie demanderesse note également que c'est la police de Summerside qui est demeurée responsable de la scène de l'incident de la rue Duke pendant près de deux jours jusqu'à l'arrivée des enquêteurs du SiRT, le 29 mai 2018.

Après l'avoir maîtrisé, les policiers ont menotté Jeremy Stephens et l'ont emmené en autopatrouille à l'hôpital du comté de Prince, où il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Portrait de Jeremy Stephens.

Jeremy Stephens était recherché pour une altercation et un vol.

Photo : Gracieuseté/Famille Stephens

Or, la poursuite prétend que le personnel soignant n'était pas prêt à recevoir la victime qui saignait abondamment de la jambe et de la poitrine, car la police n'avait pas fourni d'informations précises à l'hôpital et avait minimisé [la gravité] des blessures.

De plus, la panne planifiée par le fournisseur municipal d'électricité de Summerside pourrait avoir entravé les efforts du personnel médical, selon la poursuite. Le tomodensitomètre de l'hôpital n'était pas branché à une génératrice et n'était pas fonctionnel, allègue-t-elle. En conséquence, Jeremy n'a pas pu être stabilisé pour être transporté au centre de traumatologie à Halifax, peut-on lire dans le document.

Aucune de ces allégations n'a été prouvée devant un tribunal.

Les policiers visés par la poursuite de la mère de Jeremy Stephens ont indiqué à la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard qu'ils ont l'intention de présenter une défense. Pour sa part, l'agence provinciale de la santé dit être au courant de la poursuite. Nous compatissons avec la famille et la douleur ressentie lors de la perte d'un être cher, a-t-elle réagi dans une déclaration écrite.

Gilda Stephens demande que le procès se déroule devant juge et jury.

Avec des renseignements de CBC

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