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Air Canada interrompt 30 lignes régionales et ferme 8 escales au pays

La compagnie aérienne attribue ces changements à la crise de la COVID-19.

Le reportage de Marlène Joseph-Blais

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

C'est un coup dur pour plusieurs régions éloignées qui, en raison de la pandémie, ont perdu mardi un lien aérien régulier entre elles et les grands centres.

Dans un bref communiqué transmis en fin d'avant-midi, Air Canada a annoncé la suspension indéfinie de 30 dessertes régionales et la fermeture de 8 escales à des aéroports régionaux canadiens, dont 4 au Québec : Gaspé, Baie-Comeau, Mont-Joli et Val-d'Or.

La compagnie aérienne, dont le siège social est situé à Montréal, attribue ces changements à la faiblesse constante de la demande tant dans le marché d'affaires que dans celui du loisir, conséquence de la COVID-19, des restrictions de voyage fédérales et provinciales et des fermetures de frontières.

Ces éléments réduisent d'autant les perspectives de reprise à court et à moyen terme, poursuit la société. Le rétablissement du transport aérien, selon elle, prendra au minimum trois ans.

Des pertes colossales

Air Canada a enregistré une perte nette de 1,05 milliard de dollars au premier trimestre de 2020, ce qui l'a poussé en mai dernier à licencier 20 000 employés, soit plus de 50 % de son effectif.

Au deuxième trimestre, la capacité de l'ensemble de son réseau était en baisse d'environ 85 % par rapport à la même période l'an dernier. Et cette capacité devrait être réduite de 75 % au troisième trimestre comparativement à celui de 2019.

Ainsi, d'autres modifications à son réseau et à son horaire ainsi que des suspensions de service supplémentaires seront évaluées au cours des prochaines semaines, précise Air Canada dans son communiqué.

Le transporteur, explique-t-il, doit adopter des mesures décisives pour alléger globalement sa structure de coûts et ralentir l'épuisement de sa trésorerie.

Dans un courriel transmis à La Presse canadienne, une porte-parole d'Air Canada, Pascale Déry, a affirmé que la société perdait quotidiennement environ 20 millions de dollars.

Les régions éplorées

Pour l'Union des municipalités du Québec (UMQ), qui a souligné par voie de communiqué qu'Air Canada détenait le quasi-monopole des liaisons aériennes régionales, cette suspension arrive à un bien mauvais moment, alors que les régions tentent par tous les moyens de relancer leur économie et d'attirer des visiteurs cet été.

Nos aéroports régionaux sont des outils précieux de développement économique, a fait valoir sa présidente, Suzanne Roy. Si les avions n’y atterrissent plus, c’est la vitalité de nos régions qui en paye le prix.

La décision du transporteur de mettre un terme indéfiniment à plusieurs dessertes nuit à nos efforts collectifs de relancer l’économie, de connecter nos régions et de générer de la richesse par le tourisme, notamment.

Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'UMQ

Dans une déclaration transmise par courriel à Radio-Canada, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a convenu que la décision d'Air Canada était très décevante pour les résidents et les communautés touchées, mais qu'elle témoignait de l'impact sans précédent que la COVID-19 a sur le secteur de l'aviation et ses travailleurs.

Nous comprenons que cela aura un impact sur de nombreux Canadiens partout au pays et nous continuons de travailler avec les compagnies aériennes et les aéroports canadiens à travers cette étape difficile, a-t-il assuré.

Son homologue québécois, François Bonnardel, a déclaré pour sa part que son gouvernement avait déjà mis en place un programme d’urgence pour les dessertes aériennes des régions éloignées durant la pandémie. Il est maintenant temps pour le fédéral de prendre ses responsabilités, a-t-il ajouté, sur Twitter.

À Ottawa, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a réclamé une intervention réglementaire qui obligerait Air Canada, à offrir un service décent, partout là où c'est nécessaire, et en particulier en période de sortie d'une crise grave. C'est encore une fois l'est du Québec, et les régions dont Montréal est éloignée, qui mangent le coup, selon lui.

Des fermetures définitives?

Le Réseau québécois des aéroports (RQA) interpelle lui aussi les gouvernements afin de protéger les actifs des aéroports régionaux et ainsi permettre un redémarrage éventuel des opérations. Il s'interroge néanmoins sur sa capacité à reprendre les activités en région dans le futur.

L'abandon pour une période indéfinie des dessertes régionales à l'exception de Montréal, Sept-Îles et Saguenay et la fermeture des escales à Gaspé, Baie-Comeau, Mont-Joli et Val-d'Or laisse planer une incertitude complète quant à une reprise possible des activités, a-t-il indiqué mardi soir par communiqué.

Mince consolation : à compter de mercredi, Air Canada offrira deux vols par jour vers les Îles-de-la-Madeleine, mais cette mesure temporaire prendra fin le 7 septembre, après quoi cette liaison sera suspendue indéfiniment.

Les lignes suspendues

Maritimes/Terre-Neuve-et-Labrador :

  • Deer Lake-Goose Bay
  • Deer Lake-St. John's
  • Fredericton-Halifax
  • Fredericton-Ottawa
  • Moncton-Halifax
  • Saint John-Halifax
  • Charlottetown-Halifax
  • Moncton-Ottawa
  • Gander-Goose Bay
  • Gander-St. John's
  • Bathurst-Montréal
  • Wabush-Goose Bay
  • Wabush-Sept-Îles
  • Goose Bay-St. John's


Québec/Ontario :


Ouest canadien :

  • Regina-Winnipeg
  • Regina-Saskatoon
  • Regina-Ottawa
  • Saskatoon-Ottawa


Les escales fermées :

À noter que les deux tiers des liaisons suspendues et l'ensemble des escales fermées sont gérés par Jazz Aviation, un partenaire d'Air Canada.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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