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Restrictions frontalières : la rentrée universitaire incertaine des étudiants internationaux

De nombreux étudiants internationaux se demandent s’ils pourront se rendre au Canada à temps pour la rentrée scolaire

Des étudiants montent un escalier.

La frontière canadienne demeure fermée aux étudiants internationaux.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Alors que de plus en plus de pays rouvrent leurs frontières, des voix s’élèvent pour demander au Canada d’assouplir ses restrictions aux voyageurs. C’est notamment le cas pour les étudiants internationaux, qui ne sont pas considérés comme des voyageurs essentiels.

Avec la rentrée, il y a de nouveaux étudiants qui veulent venir au Canada, mais qui ne savent pas quand la frontière va rouvrir , résume la présidente sortante de l’Association des étudiants internationaux de l'Université d’Ottawa, Clémence Mugabe.

Si des mesures ont été prises par Québec et Ottawa pour permettre aux étudiants internationaux de débuter leur cursus en ligne à partir de leur pays d'origine, leur retour physique sur les bancs d'école demeure incertain.

Une femme parle au micro devant une photo de Kobe Bryant.

Gwen Madiba est la cofondatrice de l'organisme « Equal Chance ».

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Ce n’est pas clair , déplore Gwen Madiba, une ancienne étudiante internationale maintenant installée dans la capitale et qui tente de venir en aide aux personnes dans cette situation.

On se demande si la personne sort [du Canada], est-ce qu’elle va pouvoir revenir? À quel moment? Est-ce que nos frontières sont ouvertes ou fermées? Qu’est-ce qui se passe? , demande-t-elle.

À moins d’avoir de la famille au Canada ou d’avoir obtenu un permis d’étude avant le 18 mars, les étudiants internationaux n’ont pas le droit de venir au pays. La frontière leur est en effet fermée puisqu’ils ne constituent pas des voyageurs essentiels.

Par ailleurs, les procédures de visa dans de nombreux pays ont été retardées en raison de la pandémie — ce qui complique encore davantage le périple des étudiants qui espèrent être sur les campus universitaires en septembre.

Des assouplissements réclamés

Les étudiants internationaux ne sont pas seuls à demander des changements au gouvernement fédéral. Le secteur de l’éducation postsecondaire s’inquiète aussi de voir d’importants revenus disparaître.

On risque de perdre 75% de nos centres à travers le pays , estime Gonzalo Peralta. Le directeur général de l’organisme Langues Canada représente des dizaines d’écoles de formation linguistiques à travers le pays.

Parmi leurs clients, on retrouve beaucoup d’étudiants internationaux qui souhaitent perfectionner leur français ou leur anglais avant de commencer des cours à l’université.

Il y a beaucoup d’étudiants qui n’osent pas investir avec un organisme canadien parce qu’ils ne savent pas s’ils vont pouvoir venir , explique M. Peralta. Il demande à Ottawa de fournir des visas conditionnels aux étudiants internationaux et de les considérer comme des voyageurs essentiels.

Nos futurs ingénieurs, nos futurs avocats, nos futurs médecins sont là. Ils paient pour venir ici et faire partie de notre société.

Gonzalo Peralta, directeur général, Langues Canada

À l’Université du Québec en Outaouais (UQO), où quelque 10% des étudiants viennent de l’étranger, on indique que des discussions sont en cours entre les institutions d’études supérieures et le gouvernement fédéral.

L'Université du Québec en Outaouais

Des discussions sont en cours avec le gouvernement fédéral pour accueillir des étudiants internationaux à l'UQO.

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Universités Canada a fait des représentations auprès des ministres fédéraux concernés pour obtenir des assouplissements et permettre à ces étudiants d’accéder au sol canadien et de s’inscrire officiellement dans les universités canadiennes , explique Gilles Mailloux, directeur, Direction des communications et du recrutement à l’UQO.

Il fait néanmoins valoir qu’en dépit des demandes des universités, la balle est dans le camp d’Ottawa. Tant et aussi longtemps que la situation sociosanitaire ne sera pas jugée sécuritaire pour les dirigeants, ce sera ainsi , a indiqué M. Mailloux.

Dans un courriel à Radio-Canada, le bureau du ministre Mendicino reconnaît que les restrictions frontalières ont eu une incidence sur les étudiants internationaux. Ottawa indique que tout changement sur les restrictions frontalières sera annoncé en temps opportun .

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