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Un homme accusé de meurtre était jugé à risque élevé lorsqu’il avait été libéré

Portrait de Jake Mischiek, un jeune homme souriant coiffé d'une tuque

Jake Mischiek, 21 ans, est accusé de meurtre prémédité sur Josh Daley, 27 ans, à Moncton.

Photo : Facebook/Jake Mischiek

Radio-Canada

Jake Mischiek représentait un risque important pour la sécurité du public, selon la Commission de recours de la santé mentale du Nouveau-Brunswick, lorsqu’elle a décidé de le libérer, en mars.

L’homme de 21 ans est accusé d’avoir abattu Josh Daley, 27 ans, à Moncton, le 21 mai, à peine deux mois après avoir obtenu son congé de l’hôpital psychiatrique.

Lors d’une comparution en cour, la semaine dernière, la procureure de la Couronne, Annie St-Jacques, a demandé que Jake Mischiek subisse une évaluation. Il s’agit de déterminer s’il peut être tenu criminellement responsable de ses gestes et s’il est apte à subir un procès pour meurtre.

Mme St-Jacques a mentionné la décision de la Commission, mais elle n’a pas donné plus de détails.

La décision de la Commission, consignée dans un document de 11 pages, précise que Jake Mischiek a eu un diagnostic de schizophrénie et de trouble lié à la consommation d’une substance.

La Commission peut imposer ou réviser des conditions dans le cas d’une personne jugée inapte à subir un procès ou qui n’est pas criminellement responsable de ses gestes à cause de problèmes de santé mentale. Ces conditions peuvent comprendre l’admission au Centre hospitalier Restigouche, à Campbellton, pour y subir des traitements.

Dans sa décision rendue le 10 mars, la Commission explique que Jake Mischiek, à la suite de son diagnostic, n’a pas été tenu criminellement responsable d’accusations portées contre lui en 2017, dont possession d’une arme contrairement à une ordonnance de la cour (possession d’un coup-de-poing américain) et manquement à une ordonnance de probation.

Consommation problématique de méthamphétamine

Jake Mischiek a ensuite été admis au Centre hospitalier Restigouche, où il est resté jusqu’en septembre 2019. Il a été libéré sous plusieurs conditions. Il a été admis à nouveau le 22 janvier 2020 pour manquement à la condition de ne pas consommer de drogues.

En mars, la Commission a décidé de le libérer à nouveau, et ce, encore sous plusieurs conditions. Il devait s’établir chez sa mère ou à un endroit approuvé par les travailleurs en santé mentale. Il devait aussi recevoir des soins de santé mentale dans une clinique externe à Moncton, ne pas troubler l’ordre public, ne pas consommer d’alcool ni de drogue et ne pas posséder une arme à feu ni une arme prohibée.

L'hôpital vu de l'extérieur.

Le Centre hospitalier Restigouche, à Campbellton.

Photo : CBC/Shane Fowler

Dans sa décision, la Commission rapporte le témoignage du psychiatre Ralph Holly. Lors d’une audience, il a expliqué que Jake Mischiek s’attire automatiquement des ennuis chaque fois qu’il consomme de la méthamphétamine. Le risque de récidive est élevé lorsqu’il ressent l’effet de cette drogue, ajoute-t-on dans la décision.

L’équipe médicale qui lui prodiguait des soins à l’hôpital avait unanimement recommandé qu’il soit libéré.

Dans sa décision, la Commission indique que Jake Mischiek comprend les conséquences de mauvaises décisions.

Le criminologue Oliver Sisk estime que Jake Mischiek bénéficierait d’une plus longue hospitalisation, peut-on lire dans la décision. Les traitements toucheraient à la psychoéducation et à l’acquisition de compétences.

Ces programmes n'étaient pas offerts à ce moment, mais ils seraient plus accessibles dans la communauté, explique la Commission dans sa décision. On n’y précise pas pourquoi ils n’étaient pas offerts.

La Commission a rendu sa décision après avoir entendu des témoignages et étudié des rapports. Elle a conclu que Jake Mischiek représentait encore un risque important pour la sécurité du public, mais que son hospitalisation n’était pas nécessaire s’il se trouvait dans un environnement structuré avec des services dans la communauté.

La mort de Josh Daley

La Gendarmerie royale du Canada est intervenue à Moncton, le 21 mai, vers 21 h 20, à la suite d’un appel reçu par le service d'urgence 911. Quelqu’un avait signalé des coups de feu dans un immeuble d’habitation au centre-ville.

À l’intérieur, les policiers ont trouvé Josh Daley gravement blessé. Il a été transporté à l’hôpital, où il a succombé à ses blessures.

Des spécialistes portant une combinaison de protection entrent dans une maison.

La police a arrêté Jake Mischiek peu de temps après avoir trouvé Josh Daley gravement blessé.

Photo :  CBC / CBC

Jake Mischiek a été arrêté peu après dans une résidence située à proximité, ont annoncé les policiers à ce moment.

L'accusé doit à nouveau comparaître en cour, à Moncton, le 20 juillet. La juge se penchera alors sur la demande d’évaluation psychiatrique.

L’avocate de la défense, Annie Maltais, s’oppose à cette demande. Elle a expliqué devant la juge Lucie Mathurin qu’elle croit qu’il est trop tôt dans le processus pour envoyer son client subir une évaluation psychiatrique.

Annie Maltais a refusé de faire plus de commentaires, lundi.

Avec les renseignements de Shane Magee, de CBC

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