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Cinq agressions en psychiatrie à la Cité-de-la-Santé à Laval en un mois

Des lacunes sont relevées par la CNESST depuis le mois de mars.

Un panneau portant le nom de l'hôpital à la verticale devant un bâtiment en béton par une journée pluvieuse de printemps.

L'Hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval.

Photo : Radio-Canada / Hugo Boivin

Après plusieurs cas d'agressions violentes par des patients le mois dernier, une vingtaine d’employés de l’équipe de psychiatrie de la Cité-de-la-Santé, à Laval, réclament des mesures immédiates afin d’assurer leur sécurité.

À la mi-juin, au moins cinq épisodes d’agression sur des employés sont survenus en une semaine au département de psychiatrie de l’hôpital lavallois.

Dans une lettre de quelques pages obtenue par Radio-Canada, les employés y décrivent les attaques de la part de patients.

Un employé a reçu, par exemple, plusieurs coups sournois au visage de la part d’un patient qui profère des menaces de mort au personnel depuis le mois de mai.

Des patients ont dû physiquement intervenir pour venir en aide au préposé, peut-on y lire. Les auteurs exigent que ce patient soit transféré à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.

Dans un autre cas, une préposée décrit avoir été frappée à deux reprises en l’espace de deux jours. Moi et une préposée, on criait comme deux perdues [...] je n’étais pas capable d’atteindre mon bouton panique et celui de ma collègue était tombé au sol.

Comme l’explique au téléphone un membre du personnel signataire de la lettre, souvent, on retrouve juste des femmes sur les unités. Un gardien de sécurité, ça peut lui prendre deux minutes avant d’arriver. C’est certain que d’avoir des agents d’intervention avec nous sur le plancher, ça aiderait.

Selon Dereck Cyr, vice-président et responsable pour la santé et sécurité au travail au Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ), les agents d’intervention ont les aptitudes pour des interventions physiques avec le patient et l’amener si nécessaire à la salle de contention.

Selon M. Cyr, l’employeur se serait engagé à avoir de tels agents pour septembre 2019, puis mars-avril 2020, et là, ça a été remis à fin août en raison de la COVID.

Au CISSS de Laval, la porte-parole Judith Goudreau précise par courriel : Nous considérons les événements qui y sont rapportés comme troublants. Ils méritent notre attention immédiate et des démarches ont déjà été entreprises.

La situation rapportée par nos employés dans cette lettre est sérieuse et nous allons faire le suivi avec diligence, ajoute la porte-parole.

Le département de psychiatrie de la Cité-de-la-Santé compte plus de 50 patients.

La CNESST au dossier depuis mars 2020

Dans un rapport d’intervention du 11 mars 2020, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) relevait la présence de lacunes au niveau de l’application du code blanc qui représente un élément essentiel permettant de venir rapidement et efficacement en aide aux travailleurs confrontés à une situation d’agressivité et aussi contribuer à augmenter le sentiment de sécurité du personnel. Un code blanc est déclenché lors d’une demande d’aide immédiate de la part d’un membre du personnel.

Lors d’un suivi en juin, l’inspecteur a constaté des progrès suite aux recommandations de mars 2020, mais relevait un taux d’avancement de 20 % de l’implantation d’une équipe d’agents d’intervention ainsi qu’un taux d’avancement de 20 % des travaux de rénovation de 2 millions de dollars pour rehausser la sécurité sur l’ensemble des unités en psychiatrie.

Un délai supplémentaire a été accordé pour la fin août 2020. 

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