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COVID-19 : l’OMS craint le pire en l’absence de solidarité mondiale

Tedros Adhanom Ghebreyesus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le DG de l'OMS, lors d'un point de presse

Photo : Getty Images / AFP/FABRICE COFFRINI

Agence France-Presse

La pandémie de la COVID-19 a fait plus de 500 000 morts et le pire est à venir en l'absence de solidarité mondiale, a averti lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui envoie une équipe en Chine pour déterminer l'origine du virus.

Nous pourrons mieux combattre le virus lorsque nous saurons tout sur ce dernier, y compris comment il a commencé, a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Nous enverrons une équipe la semaine prochaine en Chine pour nous préparer à cela et nous espérons que cela nous permettra de comprendre comment le virus a commencé et ce que nous pouvons faire à l'avenir pour nous préparer, a-t-il annoncé.

Six mois après que la Chine eut fait officiellement état de l'apparition de la maladie en décembre dans la région de Wuhan, le nouveau coronavirus a entraîné la mort de plus de 500 000 personnes dans le monde.

Les travaux des chercheurs de l'Institut de virologie de Wuhan ont démontré que la séquence du génome du nouveau coronavirus est à 80 % similaire à celle du SRAS, à l'origine d'une précédente épidémie en 2002-2003, et 96 % à celle d'un coronavirus de chauve-souris.

La grande majorité des chercheurs s'accordent ainsi à dire que le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 - à l'origine de la pandémie - est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu'il est passé par une autre espèce, pas encore connue, avant de se transmettre à l'homme.

C'est cette pièce du puzzle que la communauté scientifique internationale et l'OMS espèrent découvrir afin de mieux comprendre ce qui s'est passé, pour mieux cibler les pratiques à risque et éviter une nouvelle pandémie.

Le débat sur l'origine du virus a également des répercussions diplomatiques, les États-Unis accusant le laboratoire chinois, à Wuhan, d'être à l'origine du coronavirus, ce que dément Pékin.

Demain, six mois se seront écoulés depuis que l'OMS a reçu les premiers rapports concernant un groupe de cas de pneumonie de cause inconnue en Chine, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Il y a six mois, aucun d'entre nous n'aurait pu imaginer comment notre monde, et nos vies seraient bouleversés par ce nouveau virus.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS

« C'est loin d'être fini »

Six mois après, plus de 10 millions de cas ont été recensés, dont près de la moitié sont aujourd'hui considérés comme guéris.

Nous voulons tous que tout cela se termine. Nous voulons tous reprendre nos vies. Mais la dure réalité est que c'est loin d'être fini, a indiqué le chef de l'OMS. Il a également redit, comme la semaine dernière, que la pandémie s'accélérait actuellement.

Et face à un monde divisé et à un manque d'unité nationale et de solidarité mondiale, […] le pire est à venir, a-t-il averti.

Soulignant qu'un vaccin serait un outil important pour contrôler le virus à long terme, il a appelé dès à présent les gouvernements et les citoyens à ne pas perdre espoir et à mettre en place des solutions simples afin de sauver des vies maintenant.

Il a ainsi appelé les gouvernements à tester, tracer, isoler, et mettre en quarantaine les cas, demandant aux personnes de respecter les mesures d'hygiène, de porter un masque lorsqu'elles sont nécessaires et de respecter les règles de distanciation.

Selon le directeur général de l'OMS, le virus se propage de manière agressive. Les États-Unis sont le pays le plus touché, suivis du Brésil, du Royaume-Uni, de l'Italie et de la France.

Le Brésil représente un décès sur quatre de tous les décès dans le continent, a relevé Michael Ryan, directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, en encourageant ce pays à unifier davantage ses efforts contre le coronavirus.

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