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Être trans à Hollywood : Disclosure, un documentaire « éclairant et sensible »

Une jeune femme tout sourire en entrevue pour un documentaire.

L'actrice et productrice Laverne Cox.

Photo : Netflix : Ava Benjamin Shorr

Radio-Canada

En plus de vouloir sensibiliser les gens à la réalité des personnes trans, Identités trans : au-delà de l’image (Disclosure), est une leçon de cinéma américain, dit Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à Tout un matin. Le documentaire, produit par Laverne Cox, qui s’est fait connaître grâce à la série Orange Is the New Black, est en ligne sur Netflix depuis une semaine.

Selon l’organisme de défense des droits LGBTQ GLAAD, 80 % des gens vivant aux États-Unis ne connaissent pas de personnes trans. Ainsi, pour la plupart, l’information quant à la réalité des personnes trans est véhiculée par les médias de masse et par la fiction, tant par des œuvres cinématographiques que télévisuelles.

Quand ton information vient de la représentation pas toujours juste des personnes trans à la télévision, par exemple, ou encore aux nouvelles, où on entend des histoires d’horreur [la plupart du temps], ça peut être difficile pour de jeunes trans, ou des jeunes qui se posent des questions sur leur identité de genre, de s’identifier à des modèles positifs et joyeux, explique Eugénie Lépine-Blondeau.

Dans ce documentaire d’une durée de près de deux heures, on revient sur 100 ans de représentation des personnes trans au cinéma – et finalement à la télévision –, partant des premiers films muets jusqu’à la série Transparent (2014), diffusée sur Amazon Video, qui a remporté un succès populaire et critique.

Identités trans : au-delà de l’image propose des entrevues avec des acteurs, actrices, producteurs et productrices trans, qui témoignent de leur propre vécu, de leur expérience, que ce soit au sein de l’industrie ou de leur vie personnelle. Un film fait par les personnes trans, mais pour tout le monde, soutient Eugénie Lépine-Blondeau.

De nombreuses archives ont également été mises de l’avant pour appuyer les témoignages, ce qui constitue une force du film, selon la chroniqueuse. On n’est pas du tout largué comme téléspectateur, si jamais ils et elles font référence à un film ou une série qu’on n’a pas vus.

Ça nous permet de constater non seulement comment on a évolué dans la représentation des personnes trans dans la fiction, mais aussi à quel point on a fait de faux pas, même quand on partait d’une bonne intention.

Eugénie Lépine-Blondeau

Toujours le même rôle

En plus de mettre de l’avant l’histoire des combats pour les droits des personnes trans, Identités trans : au-delà de l’image soulève les incongruités et les ratés de la fiction. À ce sujet, de nombreuses actrices trans racontent comment elles ont pu jouer des dizaines de rôles dans des émissions à succès – Dre Grey : Leçons d’anatomie (Grey’s Anatomy), Urgences (E.R.), Les experts (CSI), pour ne nommer que celles-là – tout en jouant le même rôle chaque fois. La même trame narrative est utilisée pour les personnages trans, d’une série à l’autre, sans que ce soit nécessairement volontaire. On le remarque facilement lorsqu’on visionne l’enfilade d’archives, soutient la chroniqueuse culturelle à Tout un matin.

Le documentaire démontre aussi comment de fausses idées ont été véhiculées par des séries considérées comme alliées, notamment dans Elles : The L Word, reconnue pour avoir été l’une des premières à mettre en valeur la réalité des lesbiennes à Los Angeles dans les années 2000. Dans cette émission, les clichés collent au personnage de Max, la première personne trans de la série. « Dès que ce dernier prend des hormones dans le cadre de sa transition, Max devient tout à coup violent, jaloux, possessif, dangereux », mentionne Eugénie Lépine-Blondeau.

Heureusement, les choses se sont améliorées. Ce documentaire, c’est aussi un cours d’histoire sur le cinéma américain. On aborde également l’hyperféminisation des femmes trans, on parle de la célébrité des personnes trans et de leur présence dans les médias.

Eugénie Lépine-Blondeau

Elle ajoute que le film est à voir, notamment pour sa valeur éducative.

C’est un documentaire utile, éclairant, intelligent et sensible, résume Eugénie Lépine-Blondeau.

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