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Les coûts du tramway explosent et la Ville abandonne le trambus

Image conceptuelle d'un tramway dans un tunnel.

La Ville de Québec n’est d’ailleurs plus convaincue de pouvoir prolonger le tunnel qui fera circuler le tramway sous les quartiers Saint-Jean-Baptiste et Montcalm jusqu’à l’avenue des Érables.

Photo : Radio-Canada / Ville de Québec

La Ville de Québec abandonne complètement l’idée d’un trambus qui passerait sur le boulevard Charest pour assurer une mobilité dans l’axe D’Estimauville—Basse-Ville—Université Laval. Les 577 millions de dollars qui étaient réservés à ce pan important du réseau de transport structurant sont remplacés par un investissement de 84,7 millions pour l’aménagement de voies réservées.

La Ville est arrivée au constat que le trambus aurait été trop capacitaire pour la demande attendue alors que l’achalandage estimé en pointe du matin est équivalent à celui du Métrobus 801. Selon le bureau de projet, la construction de voies dédiées n’était donc pas justifiée.

Une analyse plus fine du bureau de projet arrive aussi à la conclusion que la portion tramway du projet coûtera beaucoup plus cher que prévu. Les sommes allouées au volet tramway du réseau structurant de transport en commun dépassent maintenant les 3 milliards de dollars, en hausse de 32 % par rapport aux estimations initiales.

Le tunnel pour faire passer le tramway sous la colline parlementaire coûtera notamment 214,6 millions de dollars de plus que prévu. Des écarts importants avec les premières estimations sont aussi relevés au chapitre des réseaux techniques urbains, des acquisitions immobilières, de la plateforme du tramway et de la voie ferrée.

En tout, les coûts du tramway ont été revus en hausse de 696,8 millions de dollars, mais les économies réalisées par l’abandon du trambus permettront de respecter le budget initial total de 3,3 milliards pour l’ensemble du projet.

Ce qui compte pour moi, c'est le résultat final. On respecte le budget, c'est ça qui est important. Est-ce qu'on respecte le budget en transportant autant de monde? C'est rien que ça qui est important, a commenté le maire Régis Labeaume.

La Ville justifie ces écarts par la fin des analyses préliminaires et estime qu’elle a une bien meilleure évaluation des coûts que ce qu'il était possible de faire au moment de l’annonce du projet.

Carte révisée du réseau structurant de transport en commun dévoilée en juin 2020.

La Ville de Québec abandonne l’idée d’un trambus qui passerait sur le boulevard Charest pour assurer une mobilité dans l’axe D’Estimauville—Basse-Ville—Université Laval.

Photo : Ville de Québec

Tunnel plus court

La Ville de Québec n’est d’ailleurs plus convaincue de pouvoir prolonger le tunnel qui fera circuler le tramway sous les quartiers Saint-Jean-Baptiste et Montcalm jusqu’à l’avenue des Érables.

Dans le budget actualisé, la station Cartier est présentée en surface plutôt que souterraine et le tunnel prend fin à l’avenue Turnbull. Dans ce scénario, le tramway circule sous terre sur une distance de 2 km plutôt que 2,5 km.

Avoir un tunnel plus long aurait été le premier choix de Régis Labeaume. Cette option n’est pas encore totalement écartée et ce sont les appels de propositions qui feront foi de tout.

[Le tunnel court], c'est sûr qu'on peut se le permettre. Le long, c'est le marché qui va décider, laisse tomber le maire. Régis Labeaume évalue que la Ville pourrait bénéficier d’une conjoncture économique intéressante en raison de la pandémie dont les effets se font sentir sur l’industrie de la construction.

Développement immobilier

L’abandon du trambus permettra à la Ville d’utiliser les emprises publiques actuelles pour aménager l’ensemble des voies réservées et des abribus. Il n’y aura donc aucun travaux à faire sur les infrastructures souterraines et aucune expropriation sur le tracé.

En abandonnant la plateforme dédiée au transport en commun sur le boulevard Charest, le maire est bien conscient que le secteur deviendra moins intéressant à développer. Régis Labeaume affirme que la Ville mise désormais beaucoup plus sur le développement immobilier du secteur Chaudière, près du IKEA, que sur celui des terrains à l’ouest du boulevard Charest.

Pour être bien honnête, ce qu'on voyait comme développement résidentiel sur Charest, Chaudière a changé nos plans.

Régis Labeaume

Les voies dédiées qui devaient assurer un service vers le nord et vers l’est sont elles aussi abandonnées au profit de voies réservées.

Les deux liens mécaniques, pour permettre aisément aux résidents de la Basse-Ville de passer en Haute-Ville à pied ou à vélo, ont également disparu du projet. Les deux infrastructures étaient évaluées à 15 millions de dollars.

Loin du projet initial

Le chef de Québec 21 demande au gouvernement Legault de stopper le projet de réseau structurant. Selon Jean-François Gosselin, l’administration Labeaume n’a plus la légitimité pour aller de l’avant puisque ça ne ressemble en rien au projet qui a été présenté à la population en 2018.

Demain, je vais écrire au premier ministre du Québec parce que quelqu’un doit arrêter Régis Labeaume, a-t-il dénoncé.

Jean-François Gosselin avance que les résidents de Québec seront les grands perdants du retrait du trambus et que le maire doit en prendre l’entière responsabilité.

Le gouvernement du Québec s’est engagé à injecter 1,8 milliard de dollars dans le projet de réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec.

Avec la collaboration d'Olivier Lemieux

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