•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Services de santé Alberta prévoit de privatiser des laboratoires d'analyses

Une main recouverte d'un gant médical bleu tient un tube qui se remplit de sang et l'autre main tient l'aiguille dans le bras d'un homme.

Les laboratoires de santé publique, des hôpitaux et des centres de soins d'urgence ne sont pas concernés.

Photo : Reuters / Mike Segar

Radio-Canada

En Alberta, les laboratoires d’analyses médicales de quartier pourraient être dirigés par des services privés à compter de 2022. Ces laboratoires emploient 1400 travailleurs.

Les laboratoires concernés traitent 60 % des 81 millions d’analyses médicales effectuées chaque année dans la province.

Les laboratoires de santé publique, ceux des hôpitaux et des centres de soins d'urgence ne sont pas touchés. Ils resteront publics.

Faire des économies

L’an dernier, une étude effectuée par Ernst & Young, à la demande du gouvernement, a conclu que la privatisation de tous les laboratoires d’analyses de quartier étant encore publics en Alberta permettrait d'économiser 102 millions de dollars chaque année.

Services de santé Alberta (AHS) a, depuis, fait sa propre estimation. Selon son porte-parole, James Wood, les économies potentielles se situeraient entre 18 et 36 millions de dollars par an.

L’appel d’offres devrait être lancé à l’automne. Les soumissionnaires pourront postuler pour diriger des laboratoires dans le nord de la province, dans le sud ou dans ces deux parties de l'Alberta, explique James Wood. Les contrats devraient être attribués au printemps 2021, et les privatisations devraient commencer en 2022.

Pour l'instant, AHS n’est pas en mesure de dire si cela aura des conséquences sur le nombre et sur la situation géographique des laboratoires d’analyses.

De nombreuses critiques

Selon le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de santé, David Shepherd, les différences d’estimations entre le rapport d’AHS et celui d’Ernst & Young remettent en question toute la validité de ce dernier. David Shepherd pense que la décision du gouvernement s'appuie sur une idéologie plutôt que sur des preuves.

Prendre ce que nous avons au sein d’un système public sécuritaire et tout simplement le donner au plus offrant, se mettre dans une position où nous allons devenir complètement dépendants d’un gestionnaire privé, cela comporte des risques, avance-t-il.

Nous avons un système qui fonctionne bien, affirme le président de l’Association des professionnels de la santé de l'Alberta, Mike Parker. Il est performant, il est efficace et il prend en charge les besoins les plus essentiels de la population en Alberta.

Ce que nous sommes en train de faire, c’est détruire ce système.

Mike Parker, président de l’Association des professionnels de la santé de l'Alberta

M. Parker craint qu’une éventuelle centralisation du traitement des échantillons ne ralentisse les activités et qu'il ne faille plus de temps pour fournir les résultats aux médecins et aux patients.

Il ajoute que si, pour augmenter leurs bénéfices, les laboratoires privés offrent des salaires plus bas et moins d’avantages sociaux, des travailleurs qualifiés pourraient quitter l’Alberta.

Enfin, selon lui, les profits des laboratoires devraient être réinvestis dans le système de santé plutôt que d'être envoyés à des entreprises privées, un argument avancé également par David Shepherd.

Selon Sandra Azocar, la directrice générale de Friends of Medicare, cette décision est absurde. Avant que le gouvernement n’aille plus loin, il devrait fournir une analyse plus détaillée de la situation, selon elle.

Ce gouvernement a passé toute la pandémie à répéter que les laboratoires publics albertains étaient une grande source de fierté, que la façon dont ils avaient géré la crise, effectué de nombreux tests dans un temps limité était un succès, rappelle-t-elle.

Cela a permis d’aplatir la courbe, de tester des gens rapidement et d'empêcher la propagation de l’épidémie.

Le ministère de la Santé a dit que toutes les questions qui lui ont été posées à ce sujet devaient être adressées à Services de santé Alberta.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Politique provinciale