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Des Gatinois redemandent la préservation d’un boisé « unique » à Aylmer

Un sentier serpente entre les arbres.

Le boisé de 5,3 hectares devait être vendu pour de la construction résidentielle.

Photo : Radio-Canada / Nathalie Tremblay

Emmanuelle de Mer

Un groupe de citoyens vient d’envoyer aux élus de Gatineau un rapport démontrant, selon eux, l’importance de sauvegarder un boisé situé dans le secteur d’Aylmer. Ces résidents ont répondu à la demande du maire de mieux déterminer la valeur écologique et archéologique du terrain, situé à l’angle du chemin Fraser et du boulevard de Lucerne, dont la vente a été suspendue à la fin avril.

Le rapport, intitulé Forêt Deschênes : Valeur écologique, culturelle et humaine, souligne notamment la présence d’une rare chênaie ancienne et de 932 espèces animales et végétales, dont des reptiles, des oiseaux et des plantes reconnus comme sensibles ou dignes de protection par les gouvernements du Québec et du Canada.

Cette biodiversité est associée à la grande variété d’habitats qui s’y trouvent, incluant forêts matures, secondaires et humides, marais, la rive inondable, et zones de friche, peut-on lire.

Les auteurs rapportent également la présence d’artefacts de Premières Nations et évoquent de possibles restes du moulin à scie Fraser, en activité dans les environs au début du 20e siècle.

La superficie du boisé est délimitée sur une carte Google.

Le boisé de 5,3 hectares est situé à l’intersection du chemin Fraser et du boulevard de Lucerne, dans le secteur Aylmer.

Photo : Gracieuseté - Préparé par Peter C. Bischoff, d’après Google Maps et les données fournies par la Ville de Gatineau

Les auteurs exhortent la Ville de Gatineau à conserver et à préserver à l’état naturel ce boisé de 5,3 hectares qualifié d'unique. Un tel geste serait considéré [digne] des meilleures pratiques de développement durable, selon eux. Les auteurs qualifient même d’erreur la possible destruction du boisé.

Le recensement des espèces et l’étude du boisé sont également loin d’être terminés, estime-t-on. Préserver le bloc forestier qui nous reste serait une mesure compensatoire que moi, je jugerais raisonnable, sans exiger plus, soutient l’ex-président du Club des ornithologues de l'Outaouais, Gérard Desjardins.

En connaissant le territoire qu'il y avait ici avant, on pourrait exiger plus, mais on va se limiter à ça.

Gérard Desjardins, ex-président du Club des ornithologues de l'Outaouais

Devant le mécontentement de citoyens, la Ville de Gatineau avait annulé, le 30 avril, son appel de propositions pour la vente du boisé dont elle est propriétaire. Les revenus générés devaient permettre de remplir les coffres de la Municipalité et de rembourser la dette à la suite de l’achat du terrain devant accueillir le complexe multiglace du Plateau.

Une décision finale le 7 juillet

Ce rapport est rendu public environ une semaine avant que le conseil municipal ne tranche le 7 juillet quant à l’avenir du boisé. À une semaine du vote, il serait temps que les masques tombent, ajoute de son côté France Gagnon, résidente du district de Deschênes. On aimerait beaucoup savoir où se situent nos élus. On travaille fort cette semaine à les relancer.

La Ville a déjà publié le 22 juin une compilation des données disponibles au sujet du boisé, à la demande du maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Ce document statue notamment que le lot visé pour de la construction résidentielle n’avait aucun potentiel archéologique, selon quatre études – à l’exception de deux corridors, soit une bande longeant le boulevard Lucerne (potentiel moyen élevé), ainsi que le long du chemin Fraser et dans le centre (potentiel moyen).

Plusieurs études depuis 2004 ont également caractérisé les boisés et les milieux humides de Gatineau. Pour le terrain à Aylmer, la Ville en conclut que le lot pouvait être mis en vente, à la conclusion d’en exclure certaines portions pour des raisons environnementales.

Chercher un compromis, selon Mike Duggan

De son côté, le conseiller du district de Deschênes, Mike Duggan, se sent pris en quelque sorte entre l’arbre et l’écorce. Je ne veux pas de construction ici, c’est assez logique, soutient-il. Mais il rappelle du même coup la pénurie de logements liée à la croissance soutenue dans le secteur d’Aylmer.

Si on pouvait arrêter la croissance à Aylmer, je pèserais rapidement. La croissance nous est imposée. Donc il faut chercher des endroits pour l’habitation humaine.

Mike Duggan, conseiller du district de Deschênes

On a ici un terrain avec une chênaie qui doit être préservée et on a un milieu humide. Donc, on a besoin d’une zone tampon un peu plus large, souligne M. Duggan. Il évoque l’idée d’un compromis, soit vendre les lots rocheux et secs le long du chemin Fraser et du boulevard de Lucerne. Mais le vendre dans son entier, c'est impossible! s’exclame-t-il.

On protège les milieux qui sont les plus importants : la bande riveraine, les milieux humides, les boisés, ajoute l’élu d’Aylmer. Mais il y a d’autres terrains, même s’ils sont naturels et vraiment beaux et à proximité de nos maisons, il faut des compromis.

Mais l’idée d’un compromis ne satisfait pas France Gagnon. On est intransigeants : c'est un écosystème, c'est un tout. On ne charcute pas là-dedans, soutient-elle.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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