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L’Alberta mise sur les travaux d'infrastructures pour relancer l'économie

Jason Kenney, en conférence de presse, devant des drapeaux du Canada et de l'Alberta.

L'Alberta est aux prises avec un déficit plus important que prévu en raison de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Stéphanie Rousseau

L'Alberta investira des milliards de dollars dans des projets d'infrastructure, réduira son taux d'imposition pour les sociétés, réduira le nombre d’immigrants et de travailleurs temporaires et établira une nouvelle agence d'investissement pour tenter de relancer son économie.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, accompagné du ministre des Finances, Travis Toews, a déclaré lundi que le gouvernement allait dépenser 10 milliards de dollars dans des projets d'infrastructure. De ce montant, 6,9 milliards de dollars avaient déjà été annoncés dans le budget au printemps.

Le gouvernement n’a pas précisé quelle partie des 3 milliards de dollars restants ira dans de nouvelles dépenses.

Lundi, la province a fait miroiter des projets de routes, de pipelines, en santé, dans les écoles et même dans des centres de traitement pour les problèmes de toxicomanie.

Selon le gouvernement, ces investissements en infrastructure créeront quelque 50 000 emplois.

Environ 7000 de ces postes seront liés à la construction du pipeline Keystone XL. Jason Kenney a choisi d’investir des milliards de dollars dans le projet, promettant des retours en investissements intéressants aux Albertains, malgré les risques courus par le projet si le candidat démocrate à la présidence américaine, Joe Biden, est élu en novembre.

Selon Jason Kenney, ces investissements additionnels vont augmenter de 40 % les dépenses en infrastructure prévues dans le dernier budget du printemps, soit le plus grand financement des infrastructures de l'histoire de l'Alberta.

Le premier ministre devance aussi des réductions d'impôts sur les sociétés et fera passer le taux de 10 à 8 % à compter du 1er juillet.

Diversification économique

Le gouvernement prévoit aussi d’offrir des incitatifs pour mousser le secteur des nouvelles technologies. La province injectera 175 millions de dollars en capital-risque pour aider des entreprises en démarrage.

La province va aussi créer une nouvelle agence, Investment Alberta, qui sera responsable d’ouvrir des bureaux internationaux et de vendre l’Alberta à des investisseurs potentiels.

Kenney a déclaré que ces mesures représentent un plan pour une génération de croissance et que si le gouvernement n'agit pas rapidement, les défis budgétaires deviendront insurmontables.

Notre avenir est vraiment en jeu

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Réaction d'un entrepreneur

Keith Warner, le président de l'entreprise de jeux vidéo New World croit que ce qui a été annoncé ne correspond pas aux besoins de son entreprise.

Il aurait préféré que le crédit d’impôt mis en place par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et qui a été supprimé par le gouvernement Kenney soit réinstauré. Ce crédit d’impôt était une des seules raisons pour laquelle nous avons créé un bureau à Calgary. Même si c’était moins que ce que d’autres juridictions proposaient, ça été suffisant pour nous convaincre.

Actuellement, nous embauchons, mais pas à Calgary parce qu’il n’y a pas le talent que nous cherchons en Alberta et nous n’arrivons pas à convaincre des travailleurs de venir ici parce que les incitatifs n’existent pas

Keith Warner, président de New World

Il dit que son entreprise embauche actuellement à Montréal, où les conditions sont beaucoup plus favorables.

Le NPD n'y croit pas

La chef de l'opposition néo-démocrate, Rachel Notley, a accusé le gouvernement de donner des cadeaux à des sociétés déjà rentables aux dépens des Albertains ordinaires.

Selon elle, le gouvernement jette de la poudre aux yeux en disant que les réductions d’impôts pour les sociétés créent des emplois , alors que les dernières baisses d'impôts pour les entreprises n’ont pas eu d’effet spectaculaire.

Cela vient mettre une pression incroyable sur la trésorerie et va permettre au gouvernement d’attaquer des programmes pour les Albertains qui travaillent, a-t-elle déclaré.

Cela vient mettre une pression incroyable sur la trésorerie et va permettre au gouvernement d’attaquer des programmes pour les Albertains qui travaillent, a-t-elle déclaré.

Ce qu’il nous faut, c’est une approche beaucoup plus ambitieuse pour diversifier l’économie et franchement, rien qui a été annoncé ne correspond à ce qu’il faut

Rachel Notley, chef du NPD en Alberta

Si Rachel Notley a salué les milliards investis dans des projets d'infrastructure, elle a souligné que cela n’est pas une stratégie de diversification économique et elle a critiqué les compressions dans l’éducation postsecondaire.

Coûts économiques

La province a été battue par les guerres des prix du pétrole et la pandémie de la COVID-19.

Son budget le plus récent était basé sur le prix du pétrole à 58 $ US le baril, une prévision que les critiques qualifiaient de rose à l'époque. Il a été précipité à travers la législature alors qu'une bataille entre l'Arabie saoudite et la Russie a fait grimper les prix et la pandémie mondiale s'est installée en Alberta.

Le ministre des Finances, Travis Toews, présentera une mise à jour détaillée en août, mais M. Kenney a déjà dit que les dépenses d'urgence liées à la COVID-19 ont fait passer le déficit budgétaire de 7 à 20 milliards de dollars cette année.

Immigration

Pour traverser la crise, la province veut aussi réduire le nombre de travailleurs temporaires acceptés cette année, mais précise que la mesure ne touchera pas les travailleurs qui sont déjà ici.

Nous avons un taux de chômage déjà élevé et c’est très dur pour nous de justifier d’amener des gens de l’extérieur, a dit le premier ministre Jason Kenney.

Des exceptions seront faites pour certains secteurs, comme pour les coupeurs de viande spécialisés qui travaillent dans les usines de transformation ou pour certains travailleurs agricoles. Par contre, l’entrée dans la province des travailleurs qui viennent normalement aider dans les restaurants ou dans l’hôtellerie sera suspendue.

Le gouvernement ajoute que le nombre de certificats délivrés à de futurs immigrants passera de 6250 à 4000 cette année en raison notamment de la pandémie qui complique les voyages, a expliqué lundi Jason Kenney.

Ils viendraient ici et feraient face à du chômage, a justifié le premier ministre de l’Alberta.

En mars, Jason Kenney avait annoncé la création du comité consultatif sur l'économie pour fournir des conseils sur la relance. L’ancien premier ministre Stephen Harper est l'un des 12 membres de ce comité.

Avec des informations de Drew Anderson et Andréane Williams

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