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La PCU est un frein à la reprise économique, déplorent les détaillants québécois

Un employé place des articles sur une tablette de l'épicerie.

Les détaillants se plaignent de la concurrence que leur livre la PCU pour inciter les employés à revenir au travail au fur et à mesure que le déconfinement se poursuit.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Le Conseil québécois du commerce appuie la sortie du ministre québécois du Travail, Jean Boulet, pour qui la Prestation canadienne d’urgence (PCU) nuit à la relance économique en aggravant artificiellement la pénurie de main-d’œuvre.

Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal, le ministre Boulet estime que le versement de 2000 $ par mois jusqu’en août à des millions de travailleurs du pays est aujourd’hui devenu un frein pour la reprise économique, dans la mesure où des travailleurs préfèrent réduire leurs disponibilités ou retarder leur retour au travail pour bénéficier de la PCU tout l’été.

Une situation que confirme le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, Stéphane Drouin, qui affirme recevoir de nombreux appels chaque semaine de la part de commerçants et de propriétaires de centres de distribution qui font face à d’importants problèmes de gestion de la main-d’œuvre depuis le début du déconfinement.

On salue la sortie du ministre Boulet qui, on l’espère, va faire bouger les choses à Ottawa cette semaine, a déclaré Stéphane Drouin sur les ondes d’ICI Première.

La PCU crée vraiment une problématique de retour au travail, de recrutement et ça crée présentement une fausse pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.

Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail

Soulignant que la fermeture des commerces pendant des semaines ce printemps a été un coup dur pour les détaillants, Stéphane Drouin explique que ces derniers doivent maintenant composer avec une masse d’employés qui ne sont pas pressés de retourner au travail.

Il y a des employés qui essaient de jouer un peu avec le système. Ce n’est pas la majorité, mais il y en a qui essaient tout simplement de ne pas revenir au travail, ils aiment mieux rester avec le revenu minimum que procure la PCU à la maison et profiter un peu de l’été, déplore le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

D’autres essaient de demander des retours à temps partiel pour aller à la limite de ce que la PCU permet, ajoute M. Drouin. Pour les commerçants, ça devient très compliqué à gérer au niveau des heures de travail et des heures d’ouverture.

Bien qu’il reconnaisse l’importance qu'a eue cette prestation du gouvernement fédéral dans les heures sombres de la pandémie, Stéphane Drouin estime que la PCU n’est plus aussi pertinente en cette période de déconfinement, du moins pas pour tout le monde.

On n’est pas contre la PCU, c’est une mesure d’urgence qui a été très importante dans le contexte de la crise de la COVID mais je pense que dans le contexte actuel, surtout dans l’extension du programme, on a perdu la notion d’urgence.

Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail

Selon les commerçants, sans abolir la PCU, le gouvernement fédéral devrait soumettre son versement à des conditions plus restreintes de façon à inciter les travailleurs qui le peuvent à réintégrer leur emploi.

Il faudrait que le refus [de travailler] soit axé sur une raison valable et que la PCU soit attachée à cette raison-là. S’il y a un refus de l’employé de revenir sans justification, bien la PCU ne devrait plus être admissible, croit M. Drouin.

Reprise à 80 %

Créée en toute hâte par le gouvernement Trudeau au printemps pour soutenir les millions de travailleurs canadiens qui ne pouvaient travailler en raison du confinement, la Prestation canadienne d’urgence prévoyait le versement d’un montant maximal de 2000 $ à chacun d’entre eux du 7 juin au 4 juillet.

Or, le 16 juin dernier, Justin Trudeau a annoncé que la PCU serait prolongée de 8 semaines, soit jusqu’au 29 août. Mais entre-temps, le déconfinement s’est accéléré au pays et la majorité des commerces, restaurants et entreprises ont pu rouvrir leurs portes avant la fin de l’été.

Un grand nombre d’employés et d’étudiants, dont les salaires sont en général peu élevés, se sont donc retrouvés à devoir choisir entre un retour au travail dans des conditions parfois difficiles ou quelques semaines de repos supplémentaires aux frais de l’État avant de reprendre le boulot.

Plusieurs auraient opté pour la deuxième solution, constate le Conseil québécois du commerce de détail qui estime que la pénurie de main-d’œuvre à laquelle font face ses membres est encouragée, voire entretenue, par la PCU.

Selon Stéphane Drouin, l’achalandage est revenu à environ 75 % à 80 % de ce qu’il était avant la crise de la COVID dans les commerces québécois, ce qui entraîne des besoins croissants de main-d’œuvre.

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