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Traitement des dépendances à Campbellton : des lits vides malgré la demande

Gino Mallais assis sourit à la caméra.

Gino Mallais, directeur des Services de traitement des dépendances de Campbellton, affirme que malgré l'augmentation du taux de succès du programme, plus de gens devraient avoir accès au traitement.

Photo : Gracieuseté du Réseau de santé Vitalité

Radio-Canada

Le centre de réadaptation de Campbellton pour les Néo-Brunswickois aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de santé mentale a souvent du mal à remplir ses 12 lits, malgré une liste d'attente d'environ 90 personnes désireuses de se faire soigner.

Le centre est généralement occupé à environ 85 % de sa capacité, ce qui signifie que deux lits sont souvent vides, précise le directeur des Services de traitement des dépendances de Campbellton, Gino Mallais.

Selon lui, une meilleure coordination entre les programmes de désintoxication et d’aide à la santé mentale et le centre de Campbellton est nécessaire, car les patients se présentent fréquemment à l’établissement sans être préparés à entamer le programme à long terme.

S'ils se présentent et qu'ils sont intoxiqués, qu'ils ont des problèmes de santé mentale ou qu’ils ne sont pas dans un état mental stable, nous devons les admettre en psychiatrie et les faire dégriser au lieu de commencer [le traitement] tout de suite. Nous devons les stabiliser et, ensuite, on peut les amener dans un lit [de désintoxication], explique le directeur.

Il est important, souligne-t-il, que davantage de gens dans la province aient accès facilement à ces autres traitements nécessaires, telle la psychiatrie, afin que les patients puissent arriver au centre de traitement dans le bon état d’esprit.

Une nouvelle approche individualisée

Un nouveau programme visant à traiter les personnes souffrant à la fois de toxicomanie et de problèmes de santé mentale a été lancé au Nouveau-Brunswick en 2018. L'approche se veut plus personnalisée et permet d’offrir une option de traitement de plus longue durée aux toxicomanes.

Les séjours au centre duraient auparavant 21 jours, mais ils varient maintenant de 30 à 90 jours. Selon M. Mallais, la durée moyenne d'un séjour est de 57 jours.

Il s’agit du seul programme de ce genre dans la province, et l'un des deux seuls centres de traitement résidentiel. Depuis sa mise en œuvre en 2018, le taux de réussite au programme a augmenté de 7 %.

Ce n'est pas énorme comme différence, mais c'est quand même une différence significative, déclare M. Mallais. Maintenant que le service est davantage un traitement individualisé, il y a une plus grande adhésion et une meilleure rétention des clients au sein du programme, ajoute-t-il.

Davantage de lits demandés

Il n'y a que 24 lits de traitement de longue durée pour les toxicomanes dans la province, dont 12 à Campbellton et 12 à Saint-Jean.

Selon Debby Warren, directrice générale de l'organisme Ensemble Moncton, les améliorations apportées au centre de Campbellton sont importantes, mais les services de traitement en toxicomanie manquent toujours de ressources.

L’organisation qu’elle dirige, anciennement connue sous le nom de SIDA/AIDS Moncton, fournit des seringues propres à plus de 900 clients.

Il est crucial que les listes d'attente pour les programmes de désintoxication soient plus courtes, et que l'aide soit offerte aux gens quand ils en ont besoin, explique Mme Warren.

Debby Warren assise, sourit à la caméra.

Debby Warren, directrice d'Ensemble Moncton, affirme que les 900 clients à qui son organisme procure de seringues sont des patients potentiels du centre de traitement de Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Blanch

Même si nous disions que 10 % de nos clients [voulaient un traitement] - cela fait 90 personnes et la liste d'attente est déjà à 90, affirme Mme Warren. Elle conclut que le besoin de lits supplémentaires en ce domaine est urgent.

Les organisations sœurs d’Ensemble Moncton à Saint-Jean et à Fredericton servent également environ 900 personnes chaque année, selon Debby Warren.

Les gens diront : "ils [les toxicomanes] doivent toucher le fond". Mais dans notre métier, le "fond", c'est la mort, déplore-t-elle.

Gino Mallais convient qu’il est important de remplir les lits dont le centre dispose et d’en ajouter, mais il tient à mettre en évidence le problème le plus urgent à l’heure actuelle : la stigmatisation liée aux dépendances. En tant que société, nous devons changer la façon dont nous voyons la dépendance, affirme-t-il.

Il espère que le déménagement du centre dans un nouvel espace à la fin de 2021 permettra d’y ajouter six lits.

Avec les renseignements d'Alishya Weiland, de CBC

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