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Le tireur de Portapique avait d’importantes réserves par peur de la COVID-19, selon la GRC

Les ruines calcinées d'un chalet et la carcasse d'une voiture incendiée.

Le tireur a incendié plusieurs maisons, y compris son chalet à Portapique, en commettant une tuerie en avril 2020, selon la police.

Photo : CBC/Steve Lawrence

Radio-Canada

L’homme qui a abattu 22 personnes en Nouvelle-Écosse en avril avait accumulé de l’argent comptant, de l’essence et de la nourriture, mais il n’avait donné à ses voisins aucun signe qu’il se préparait à commettre une pareille tuerie, selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

En une période de 13 heures et le long d’un parcours de 150 km, le 18 et le 19 avril 2020, Gabriel Wortman a abattu des amis, des voisins et des gens qu’il ne connaissait pas, le tout en se faisant passer pour un agent de la GRC.

Les enquêteurs de la GRC ont interrogé des centaines de témoins depuis les faits, dont des gens qui connaissaient le tireur.

Les 22 victimes de la tuerie de Portapique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les 22 victimes de la tuerie de Portapique.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs personnes savaient que l’homme possédait une ancienne voiture de police, celle qu’il a utilisée pour commettre ses crimes. Il avait acheté une autopatrouille désaffectée l’automne dernier, et il lui avait rendu son allure de véhicule officiel de la GRC.

L’homme disait aux gens qu’il faisait cela pour rendre hommage à des policiers tués dans l’exercice de leurs fonctions et les gens croyaient à cette histoire, explique le surintendant Darren Campbell, de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Darren Campbell, en uniforme, est interviewé devant un panneau portant les insignes de la Gendarmerie royale du Canada.

Les enquêteurs ont déterminé que le tireur était très préoccupé par la pandémie de COVID-19, explique le surintendant Darren Campbell, de la GRC en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC/Robert Guertin

La police dit avoir parlé à un homme qui a imprimé les insignes de la GRC que le tireur a installés sur son véhicule. Selon M. Campbell, imprimer de tels insignes pose un problème de droits d'auteur, mais non un geste criminel. La police, explique-t-il, est convaincue que le travailleur, même s’il a imprimé les insignes sans l'autorisation de son employeur, ne connaissait pas les intentions du propriétaire de la voiture.

Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaire de la part du propriétaire de l’entreprise.

La police pense aussi que le tireur était très préoccupé par la COVID-19 et qu’il croyait que la société risquait de s’effondrer. C’est ce qui l’aurait mené à constituer d’importantes réserves de nourriture, d’essence et d’argent comptant au cours des semaines précédant la tuerie.

Nous savons que le tireur était très paranoïaque. Nous savons aussi que certains l’ont décrit comme étant un survivaliste, affirme le surintendant Darren Campbell.

Photo d'une voiture de police avec une flèche et un cercle rouge qui montrent le numéro d'identification du véhicule.

L'ancienne autopatrouille utilisée par le tireur ressemblait à s'y méprendre à un véhicule authentique de la GRC, à l'exception du numéro d'identification encerclé.

Photo : Gracieuseté - GRC

Des centaines de milliers de dollars ont été découverts dans un contenant à l’épreuve du feu. Le contenant se trouvait dans l’une de ses propriétés incendiées à Portapique.

Le magazine Maclean's a rapporté que le tireur avait retiré d’un dépôt de l’entreprise Brink’s à Dartmouth près d’un demi-million de dollars en argent comptant au cours des semaines précédant la tuerie. Mais M. Campbell ne pense pas, comme le suggérait le magazine, que l’argent constituait sa rémunération en tant qu’informateur des corps policiers.

L’entreprise Brink’s ne fait pas de commentaire parce que l’affaire est l’objet d’une enquête policière.

Le tireur a en fait liquidé ses actifs pour constituer cette somme, explique M. Campbell.

Selon des documents du tribunal des successions, le tireur possédait six propriétés évaluées à 712 000 $. Ses investissements personnels, dont des épargnes pour la retraite, sont estimés à 500 000 $.

La GRC mène une vérification des comptes du tireur. Selon la police, l’homme ne croyait plus que son argent était en sécurité dans une banque.

Un homme de dos devant un amas de fleurs et d'objets divers.

Des gens ont déposé des fleurs dans la petite communauté de Portapique en hommage aux victimes dans les jours suivants la tuerie, en avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Prétendre que le tireur était un informateur est un conte de fées, affirme Darren Campbell. Il ajoute que certains médias ont dépeint le tireur comme étant un quelconque intervenant du milieu criminel organisé, mais la GRC n’a trouvé aucune preuve qu’il disposait de sources illégales de revenus.

L'enquête se poursuit pour déterminer la provenance des trois armes à feu du tireur et de l’uniforme policier authentique qu’il portait au moment des faits.

Quant aux réserves d’essence d’une valeur de plusieurs centaines de dollars, personne ne s’en inquiétait. Beaucoup de gens à ce moment constituaient des réserves de nourriture et d’essence, explique M. Campbell.

Les enquêteurs pensent que le tireur s’est servi de l'essence pour incendier certaines de ses propriétés et celles de certaines de ses victimes.

Darren Campbell craint qu’il ne soit jamais possible de comprendre complètement les motivations du tireur.

Avec les renseignements d’Elizabeth McMillan, de CBC

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