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Négligence d’enfants au N.-B. : baisse inquiétante du nombre de signalements

Un enfant essuie ses yeux en serrant un animal en peluche.

La négligence et les mauvais traitements n'ont pas disparu durant le confinement, les cas étaient seulement moins visibles, expliquent des intervenants.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le nombre de signalements de mauvais traitement ou de négligence d’enfants a diminué pendant la pandémie au Nouveau-Brunswick, ce qui inquiète des intervenants.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Au début de la pandémie, des intervenants du milieu de l’enfance appelaient le public à rester attentif à tout indice. En mars, la travailleuse sociale Sylvie LeBlanc partageait son inquiétude. Puisque les écoles fermaient leurs portes, les enfants victimes de mauvais traitements à la maison n’avaient plus d’endroit où aller pour y échapper, avait-elle expliqué.

En 2019, du 15 mars au 15 juin, jusqu'à 2555 cas potentiels de négligence d’enfants ont été signalés aux autorités provinciales, dont 839 provenant du système scolaire.

Durant la même période cette année, pendant le confinement, 1288 cas potentiels ont été signalés aux autorités, dont seulement 93 provenant du système scolaire.

La situation est inquiétante, selon Sylvie LeBlanc, parce que la violence à la maison n’a pas disparu à l’arrivée de la COVID-19.

Ça m’a brisé le coeur parce que, c’est sûr, c’est [ce] qu’on soupçonnait [qui] pouvait arriver. Mais, ça ne me surprend pas parce qu’on le sait, au niveau des dévoilements, il y a beaucoup de dévoilements qui se passent en milieu scolaire. Alors, c’est sûr qu’à cause que les enfants n’ont pas été capables d’aller à l’école, ils n’ont pas été capables de bâtir cette relation avec une enseignante, par exemple, pour lui faire confiance pour partager des difficultés que l'enfant vit à la maison, affirme Sylvie LeBlanc.

Sylvie LeBlanc interviewée en plein air devant quelques arbres

La violence familiale n'a pas disparu durant le confinement, explique la travailleuse sociale Sylvie LeBlanc.

Photo : Radio-Canada

L’ancien ombudsman et défenseur des enfants Bernard Richard n’est pas non plus étonné. La diminution du nombre de signalements entraîne plusieurs questions. Les familles sont en isolement, le stress augmente, la consommation de drogues et d'alcool augmente aussi.

La violence domestique, elle, n’est pas en confinement. Donc, on peut s’inquiéter qu’il existe beaucoup de cas qui ne sont tout simplement pas dévoilés, pas signalés aux autorités de protection de l’enfance. Puis, c’est effectivement le cas, je pense. On s’inquiète de ça. Souvent, les signalements, les rapports, proviennent du milieu scolaire, souligne Bernard Richard.

Bernard Richard interviewé dans un parc en milieu urbain

Bernard Richard, ancien ombudsman et défenseur des enfants, croit que des cas de négligence ou de mauvais traitements se produisent toujours sans être signalés aux autorités.

Photo : Radio-Canada

Les intervenants proposent des moyens de mieux protéger les enfants.

Il faut faire beaucoup plus de prévention et de sensibilisation au niveau de la communauté, encourager les citoyens. Comme citoyen, tout le monde a le devoir de protéger les enfants de notre communauté, recommande Sylvie LeBlanc.

Préparer peut-être une campagne de publicité pour tout le monde parce que c’est la responsabilité de tout le monde, justement, de protéger les enfants d’une société, ajoute Bernard Richard.

Il faut tout un village pour élever un enfant, dit le proverbe, il en va de même pour les protéger.

Avec les renseignements de Wildinette Paul

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