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Racisme au SPVM : des policiers noirs consternés par la position de leur syndicat

Des policiers côte à côte portant leur casque avec visière.

Moins de 10 % de l'effectif total du SPVM était issu de minorités visibles, selon un rapport datant de 2018.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Neuf policiers racisés demandent à leur syndicat de reconnaître l’existence du racisme systémique au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), après que le président, Yves Francoeur, en a minimisé l’importance.

Les agents ont fait parvenir il y a quelques jours une lettre à M. Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, pour lui demander de poser des actions concrètes pour contrer la discrimination systémique.

Dans cette missive, ils déplorent surtout les interventions faites par M. Francoeur dans les médias au début du mois de juin, à la suite des manifestations déclenchées par la mort de George Floyd lors d’une intervention policière à Minneapolis, le 25 mai.

M. Francoeur laissait alors entendre qu'il n'y a pas de racisme systémique au sein du SPVM et disait ne pas connaître d'agents qui arrêtent des individus simplement en raison de la couleur de leur peau.

Nous constatons que notre syndicat n’a pas la même lecture de la réalité que ses membres dits racisés. On a été surpris que vous ne croyiez pas qu’il y ait un problème de racisme systémique et de profilage racial au sein du SPVM. […] Cependant, monsieur Francoeur, le racisme n’épargne pas le SPVM.

Extrait de la lettre des neuf policiers du SPVM

Yves Francoeur a réagi par communiqué, vendredi. Il estime notamment qu’il n’existe pas de consensus ni de compréhension uniforme quant à l’expression racisme systémique.

À la suite du meurtre raciste et terrible de George Floyd, une cascade d’amalgames s’est déversée dans la sphère publique et nos membres ont été dépeints comme atteints de racisme systémique à l’américaine, dénonce-t-il, disant vouloir éviter de se diviser sur une expression.

Plan rapproché d'Yves Francoeur.

Le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, a laissé entendre dans les médias que le racisme systémique n'existe pas au sein du SPVM.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Il existe malheureusement des individus ayant des attitudes racistes dans la police de Montréal comme ailleurs dans la société, soutient le président. Votre Fraternité en est consciente et le déplore. Nous participerons de bonne foi à toute mesure pertinente visant à éliminer le racisme et la discrimination.

Le président de la Fraternité des policiers s’est dit ouvert à discuter davantage avec les auteurs de la lettre.

Dimanche, le Centre de recherche-action sur les relations raciales a pour sa part donné son appui aux neuf agents mécontents.

Dans les services de police, le code du silence et la peur de représailles ont souvent forcé les policiers racisés à rester muets quant aux conditions parfois très difficiles qu’ils vivent au travail en raison de la couleur de leur peau, a déclaré dimanche Alain Babineau, un ancien policier et conseiller pour le Centre.

Plus tôt en juin, le chef du SPVM, Sylvain Caron, a quant à lui reconnu que le racisme systémique est un problème qui existe au sein de son organisation. Il s’est également dit déterminé à s’attaquer au profilage racial commis par ses agents.

Avec les informations de Yasmine Khayat

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