•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
analyse

Élections municipales : quatre leçons pour le président Macron

M. Macron, masqué, s'avance vers l'isoloir, un papier et un crayon à la main.

Le président français, Emmanuel Macron, lors du vote du second tour des élections municipales

Photo : Reuters

Les Français ont été peu nombreux à se rendre aux urnes pour ce deuxième tour des municipales retardé par le coronavirus. Leur abstention et leurs choix envoient des signaux au président Emmanuel Macron.

Leçon 1 : le succès national ne se transpose pas facilement au niveau local

Emmanuel Macron a fondé La République en marche pour sa campagne présidentielle en 2016. Quatre ans plus tard, le parti n’a que des bases fragiles au niveau municipal. Ses candidats ont très souvent terminé en troisième position, devancés par leurs rivaux des politiciens traditionnels ou par les écologistes.

On est avec beaucoup d’humilité face à ce scrutin.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement

Elle a aussi évoqué la difficulté pour n’importe quel parti de défaire un maire sortant.

La République en marche s’est fixé comme objectif de faire élire 10 000 élus locaux cette année. Une cible modeste, puisque la France en compte environ 500 000.

Leçon 2 : son parti manque de cohésion

C’est la grande promesse d’Emmanuel Macron : gouverner à la fois à droite et à gauche. En même temps, comme le veut l’expression consacrée.

La promesse a séduit des gens de tous horizons politiques. Certains aujourd’hui jugent que le parti ne fait pas assez la promotion des idées de droite, d’autres croient qu’il faudrait aller plus à gauche.

Une dynamique qui a permis à certains Marcheurs de se présenter comme candidats dissidents aux municipales, convaincus que leur version du macronisme était plus juste (plus à droite ou plus à gauche) que celle du candidat désigné.

Ces dissidences ont divisé le vote, bien sûr, mais aussi décrédibilisé le parti et affaibli son autorité.

Un homme et une femme, munis de masques, s'occupent du décompte des bulletins de vote.

Le deuxième tour a été reporté de plus de trois mois à cause de la pandémie.

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Leçon 3 : les Français veulent aller dans une autre direction

Depuis qu’il gouverne, Emmanuel Macron et les élus de son parti ont la réputation de prendre des décisions surtout de droite, pour les entreprises et les plus nantis.

La vague verte qui a déferlé dans les urnes ce dimanche évoque un désir pour des politiques plus à gauche. Plus sociales et plus écologistes. Surtout après le long confinement.

Durant la crise du coronavirus, le président a déjà laissé entendre qu’il fixerait son cap plus à gauche. Une promesse qui pourrait prendre forme avec le remaniement ministériel, attendu dans les prochains jours.

Leçon 4 : Emmanuel Macron n’incarne peut-être plus le changement à leurs yeux

La première moitié de son mandat semble avoir suffi à bien des Français pour juger leur président. Celui qui promettait de faire de la politique autrement a depuis perdu son aura.

Emmanuel Macron est impopulaire, contesté. Pour plusieurs, sa façon de gouverner rappelle ce qu’il dénonçait lorsqu’il était candidat.

Dans ce scrutin municipal, ce sont les écologistes et les verts qui ont représenté l’espoir d’un changement de société, le désir de trouver une autre façon de faire de la politique.

En avril, le président a promis de se réinventer. Il lui reste moins de deux ans avant la présidentielle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Élections internationales

International