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Encore des défis au Canada, 15 ans après la légalisation du mariage gai

Portrait de mariage de Michelle et May Brand

Michelle et May Brand ont pu se marier en 2014 grâce à la légalisation du mariage homosexuel au Canada, il y a 15 ans.

Photo : The Canadian Press / Darren Calabrese

Maud Cucchi

Le 28 juin 2005, le Canada devenait le troisième pays à légaliser le mariage entre personnes de même sexe, après la Belgique et les Pays-Bas. Mais 15 ans plus tard, il reste encore du chemin à parcourir pour faire progresser les mentalités partout au pays.

Il y a encore beaucoup de travail à faire. Il y a beaucoup de gens qui ont peur de faire des coming outs, beaucoup de gens ostracisés de par leur orientation sexuelle, observe Jean-Sébastien Boudreault, en entrevue à ICI RDI.

L’avocat et ancien vice-président de Fierté Montréal note tout de même une évolution positive qui se reflète dans la législation. Toutes les avancées juridiques sont importantes, dit-il, mais il faut que les mentalités changent.

Je viens du Saguenay, je ne suis pas sûr qu’en 2020 je marcherais au centre-ville de Saguenay main dans la main avec mon copain sans faire face à des regards, à des chuchotements.

Jean-Sébastien Boudreault, ancien vice-président de Fierté Montréal

À ses yeux, l’inclusion est surtout une affaire d’éducation. Le racisme, ça s’apprend, on ne naît pas homophobe, raciste ou transphobe. Il faut changer le comportement des adultes pour [favoriser] une meilleure éducation.

Double discrimination

L'égalité entre les individus passera également par une refonte des institutions, défend Stephan Hardy, président du Collectif LGBTQ+ du Manitoba.

En entrevue à l'émission Culture et confiture, il dénonce la barrière vécue par la communauté LGBTQ+ en situation linguistique minoritaire quand il s'agit notamment de l'accès aux soins de santé, aux services sociaux, mais aussi dans l’éducation, dans l’accueil des nouveaux arrivants, les foyers pour personnes âgées, les écoles et universités.

Les communautés LGBTQ+ vivent une double contrainte en situation de minorité linguistique, analyse-t-il.

Emmett Lamache, directeur général du Réseau Enchanté à Edmonton établit le même constat : C’est très difficile pour des organismes francophones en situation minoritaire de prendre simplement des ressources du Québec ou même de l’Ontario et de les utiliser. Notre situation n’est pas la même, notre accès aux ressources est beaucoup plus réduit.

Peur de la désunion

Il évoque également une réalité trop souvent ignorée qui peut caractériser certaines régions en situation linguistique minoritaire : la revendication des différences perçues, à tort, comme une menace à l’unité fragile de la communauté.

Nos communautés ont très longtemps essayé de se battre contre l’assimilation et ce combat a créé une culture très spécifique, raconte-t-il en entrevue à l'émission Culture et confiture.

Il y a une certaine peur [...] d’accepter et d’admettre la différence au sein des communautés francophones, [parce que] ça va sembler qu’on n’est pas unis.

Emmett Lamache, directeur général du Réseau Enchanté

Au-delà des agressions verbales et des manifestations-chocs de rejet, les préjugés homophobes se sont transposés de façon systémique, cachée et subtile, d’un niveau plus profond, remarque-t-il.

Ailleurs au pays, en Ontario, l’organisme Borderland Pride, qui milite pour les droits des personnes LGBTQ+ dans le nord-ouest de la province, a déposé une plainte pour discrimination contre le canton d’Emo au Tribunal des droits de la personne. Le mois dernier, trois des cinq élus municipaux ont refusé de reconnaître officiellement le mois de juin comme étant le mois de la fierté.

« Il reste encore fort à faire »

Pandémie oblige, une grande partie des événements du mois de la Fierté ont été organisés en ligne cette année, à l'exception d'une manifestation à Toronto, rassemblant des centaines de personnes venues soutenir les communautés marginalisées.

Des manifestantes portant des masques.

Des centaines de personnes se sont réunies à Toronto, dimanche 28 juin, pour notamment réclamer une réduction de 50 % du budget de la police de Toronto.

Photo : Radio-Canada

La Fierté de Toronto a confié une partie de sa programmation virtuelle à Blackness Yes, un comité d'artistes et d'activistes torontois de la communauté queer noire et trans.

Au Québec, Fierté Montréal a également choisi de marquer virtuellement, dimanche, le jour-anniversaire des émeutes de Stonewall le 28 juin 1969.

Ces mobilisations contre les multiples formes de discrimination ont été soulignées par la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, dimanche, dans une déclaration. Les droits des personnes LGBTQ2+ ont été acquis de haute lutte, écrit-elle, mais il reste encore fort à faire, en particulier en ce qui a trait à la discrimination, au racisme et à la transphobie au sein des communautés LGBTQ2+ et au-delà.

Avec les informations de Marie-Hélène Ratel

Avec les informations de Reuters

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