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Coupes à Haïda Gwaii : deux scientifiques s’inquiètent des répercussions environnementales

Une forêt avec des sections coupées.

Le conseil de gestion d'Haida Gwaii a établi en mai que 804 000 hectares de forêt pouvaient être coupés sur l'archipel, au terme d'une consultation de trois ans.

Photo : Bill Heath

En mai, le Conseil de gestion de Haida Gwaii approuvait la Possibilité annuelle de coupe permise sur l’archipel de Haïda Gwaii, après trois ans de consultations. Deux professeures au département de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique estiment que le quota de coupe d’arbres est trop élevé.

Dans une lettre adressée à la forestière en chef et au Conseil de gestion de Haida Gwaii et envoyée pendant la période de consultation, les professeures Suzanne Simard et Teresa Ryan soutiennent que les calculs sur lesquels repose la décision d’allouer des zones d’exploitation des forêts sont erronés.

Vous vous basez sur des projections de croissance et de rendement fautives, qui ne prennent pas en compte les effets imprévisibles dus aux changements climatiques, écrivent-elles.

Elles s'inquiètent de la protection de la faune puisque plusieurs espèces endémiques vivent sur le territoire et avancent que les forêts de Haida Gwaii ont un grand potentiel de capture de carbone si elles sont laissées intactes.

Si les coupes allaient de l’avant, elles représenteraient environ 2000 hectares de coupe à blanc des forêts de l’archipel.

Contrairement au reste de la province, où la décision de déterminer la région d’exploitation forestière revient à la forestière en chef Diane Nicholls, c’est le Conseil de gestion de Haida Gwaii qui prend cette décision. Celui-ci a identifié une zone de 804 000 mètres cubes de forêts pouvant être coupées.

Or, les chiffres divergent : en 2012, cette superficie était de 512 000 mètres cubes sur le site du ministère des Forêts alors qu’il était de 929 000 mètres cubes, selon un document du conseil de gestion.

Questionnée à ce sujet, la professeure Suzanne Simard maintient que les informations publiques sont déroutantes.

Il s’agit de données publiques qui peuvent être trompeuses et contradictoires, estime-t-elle.

Les professeures Suzanne Simard et Teresa Ryan appellent à ce que Haida Gwaii soit hors de portée des coupes forestières.

Notre opinion professionnelle est d’imposer un moratoire sur toutes coupes à blanc dans l’archipel d’Haïda Gwaii, écrivent-elles.

Pour sa part, le Conseil de gestion de Haida Gwaii recommande une limite sur la coupe des cèdres pour les 10 prochaines années.

Nous avons travaillé avec le gouvernement pour déterminer la nouvelle Possibilité annuelle de coupe permise, mentionne le représentant de la Nation Haida, Tyler Bellis.

L’industrie forestière est la plus grande émettrice de CO2 dans la province à un peu plus de 42 millions de tonnes dans l’atmosphère, selon des données de 2017. À cela s’ajoute le gaz à effet de serre relâché par les feux de forêt de la province.

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Colombie-Britannique et Yukon

Industrie forestière