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Avec la pandémie, les stages de formation se transforment

Une fille qui sourit

Kelsey Lapointe est finissante au programme de maîtrise en orthophonie de l'Université Laurentienne.

Photo : Kelsey Lapointe

De nombreux étudiants finissants se voient contraints de s'adapter à la crise sanitaire en effectuant leurs tout derniers stages de formation notamment de manière virtuelle. Même si cette option leur permet de remplir les exigences des ordres professionnels, elle comporte son lot de défis.

En mars dernier, Kelsey Lapointe, étudiante à l’Université Laurentienne, se croyait si proche de son but : décrocher sa maîtrise en orthophonie.

Mais la pandémie l’a empêchée d’entamer rapidement ses derniers stages formatifs, les écoles et les cliniques d’orthophonie étant fermées.

C’était notre dernière année d’études, donc on s’est senti un peu stressés parce qu’on voulait être capables d’obtenir nos diplômes. On s’est mis en ensemble pour parler à nos professeurs et voir comment ils pourraient nous aider, raconte-t-elle.

Il aura fallu plusieurs semaines, mais Kelsey Lapointe a finalement pu se trouver un stage dans une clinique privée de Timmins, qui offre des consultations virtuelles.

Elle s’estime vraiment chanceuse d’avoir reçu l’opportunité, mais indique que son quotidien est parsemé de multiples défis. Le matériel d’évaluation dont elle se sert pour évaluer des enfants en ligne n’a pas été validé pour des consultations virtuelles, explique-t-elle.

Donc on doit mettre un avertissement dans nos résultats [qui indique] que ça a été fait en ligne. On montre des photos aux enfants en leur disant : "pointe vers l’enfant qui saute". On ne voit pas vraiment où il pointe, donc on doit se fier à la maman que l’enfant dit la bonne chose et qu’il pointe vraiment vers l’image dont on parle, fait-elle savoir.

Pour ses derniers stages en enseignement, Gabrielle Dufresne, a été jumelée à une enseignante qui donnait des cours virtuels. La récente diplômée du campus de Windsor de l’Université d’Ottawa, a l’impression d’avoir été privée d’une expérience qui aurait pu être beaucoup plus enrichissante.

[Je me suis sentie] un petit peu déçue juste parce que pour moi, l’enseignement, à la base, c’est de créer des connexions avec les élèves, des relations, un sentiment d’appartenance, et je pense que c’est beaucoup plus difficile de faire cela en ligne, à travers un écran, note-t-elle.

Un mal pour un bien

Gabrielle Dufresne, qui a déjà obtenu un poste d’enseignante, croit toutefois que ses stages virtuels l’ont mieux outillée à faire face aux divers scénarios parmi lesquels choisira son conseil scolaire pour la rentrée d’automne.

L’enseignement, c’est une profession où tu dois être flexible, tu dois t’adapter. Cette situation m’a certainement préparée pour la possibilité que l’apprentissage soit hybride ou complètement en ligne en septembre.

Gabrielle Dufresne, récente diplômée en éducation

Kelsey Lapointe trouve aussi très bénéfique l’expérience qu’elle est en train d’acquérir, d’autant plus que l’emploi d’orthophoniste qu’elle commence bientôt pourrait devoir se dérouler dans des conditions similaires.

La téléthérapie, ce n’est pas quelque chose qu’on aurait appris autrement, affirme-t-elle.

Des propos corroborés par la directrice de l’École d’orthophonie de l’Université Laurentienne, Chantal Mayer-Crittenden. Elle estime d’ailleurs que dans l’éventualité d’une deuxième vague de COVID-19, les finissantes actuelles — la cohorte est exclusivement féminine cette année — pourraient bien se défendre sur le marché du travail.

Je pense que c’est un mal pour un bien. [...] Les prochaines cohortes auront vécu des moments difficiles qui vont les aider à développer leurs habiletés de débrouillardise, de travail autonome [...]. Les compétences qu’ils vont développer seront avec elles pour le reste de leur carrière, souligne-t-elle.

Chantal Mayer-Crittenden au microphone de l'émission Jonction 11-17

Chantal Mayer-Crittenden est directrice de l’École d'orthophonie de l’Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

Chantal Mayer-Crittenden précise que les finissantes ont déjà eu plusieurs stages [de travail] en personne et que les circonstances engendrées par la pandémie ne devraient pas nuire à leur apprentissage.

Une occasion de découverte

Au Collège Boréal, une vingtaine de finissants du programme de techniques de soins vétérinaires ont vu leurs options de stage fortement réduites par la pandémie, à cause de la réticence des cliniques vétérinaires à accueillir des stagiaires.

Selon la doyenne de l’École des sciences de la santé, Kim Morris, l’établissement a ainsi mené des discussions avec une série de centres animaliers, tels que les refuges pour animaux exotiques. La grande majorité des finissants ont ainsi pu se trouver un stage afin de pouvoir passer leur examen provincial de certification.

Une femme qui porte une tortue dans ses bras

Dans le cadre de son stage, Mélodie Dubuc s'occupe des animaux du refuge Turtle Pond Wildlife Centre dans le Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Mélodie Dubuc, finissante dudit programme, était déjà retournée chez elle, dans l’est ontarien, espérant apporter son aide à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Stormont, Dundas et Glengarry, dès qu’elle en aurait l’occasion.

Mais quelques semaines plus tard, elle est de retour à Sudbury, où elle a déjà entamé son stage au Turtle Pond Wildlife Centre. Chaque jour, elle s’occupe de la réhabilitation des nombreux animaux qui y sont déposés, dont des canards, des marmottes, des tortues, des mouffettes et des ratons laveurs.

Si j’étais chez nous, je n’aurais pas eu l’occasion d’apprendre tellement de choses. Ça fait seulement une semaine que j’ai commencé, et puis déjà là, je suis émerveillée par le montant de choses que j’ai pu apprendre.

Mélodie Dubuc, étudiante finissante en techniques de soins vétérinaires au Collège Boréal

Ce qui plaît le plus à la stagiaire est le travail d’éducation du public auquel elle participe sous la supervision de la propriétaire du refuge.

Une femme en manteau noir

Kim Morris est doyenne de l'École des sciences de la santé du Collège Boréal.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

La doyenne Kim Morris croit même que davantage d’étudiants seront portés à vouloir explorer les animaux exotiques pendant leurs stages, contrairement aux animaux domestiques et de ferme comme c’était généralement le cas avant la pandémie.

Ce sont des expériences différentes, mais quand même des expériences riches qui piquent la curiosité des étudiants.

Kim Morris, doyenne de l’École des sciences de la santé du Collège Boréal

Des étudiants du programme de soins infirmiers auxiliaires du Collège Boréal avaient aussi été privés de stage en milieu hospitalier en raison de la crise sanitaire. Mais selon Mme Morris, certains hôpitaux et foyers de soins de longue durée à travers la province ont déjà manifesté leur volonté de réadmettre les étudiants stagiaires bientôt.

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