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Les mots « blanc » et « blanchissant » retirés d'emballages de cosmétiques

Une personne tient dans sa main une boîte de la marque Fair & Lovely devant un étalage dans un magasin à Ahmedabad, en Inde, le 25 juin 2020.

La compagnie Unilever a annoncé le 25 juin qu'elle changera le nom de sa gamme de produits Fair & Lovely vendus en Inde, reconnaissant que l'utilisation de certains mots, «suggère un idéal singulier de beauté [qui] n'est pas juste».

Photo : Reuters / Amit Dave

Agence France-Presse

Plusieurs marques apportent des changements à leur image dans la foulée du mouvement antiraciste mondial. Après Unilever, L'Oréal annonce que les mots « blanc »,  « blanchissant » et « clair » seront retirés de ses emballages de produits cosmétiques.

Aux États-Unis surtout, mais aussi en France, en Inde ou en Australie, les marques sont sous pression devant la colère exprimée depuis la mort fin mai de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Le groupe L'Oréal a décidé de retirer les mots blanc/blanchissant (white/whitening), clair (fair/fairness, light/lightening) de tous ses produits destinés à uniformiser la peau, indique le géant français des cosmétiques dans un communiqué publié en anglais samedi, sans plus de détails, notamment sur un retrait immédiat ou non de ses produits des rayons.

Cette décision intervient après celle de la filiale indienne d'Unilever, qui a choisi de rebaptiser sa crème éclaircissante Fair & Lovely.

L'entreprise anglo-néerlandaise a promis de ne plus recourir au mot fair, se disant engagée à célébrer tous les tons de peau.

En Inde, les crèmes éclaircissantes sont prisées notamment des stars de Bollywood. Mais l'une d'elles, Priyanka Chopra, s'est retrouvée vouée aux gémonies sur les médias sociaux pour avoir soutenu le mouvement Black Lives Matter tout en gardant son rôle d'ambassadrice pour une de ces marques.

Géant américain, Johnson & Johnson a décidé d'aller plus loin, en interdisant cette semaine la vente de substances éclaircissantes conçues pour l'Asie et le Moyen-Orient.

Le débat des dernières semaines a mis en évidence le fait que certains noms ou promesses figurant sur nos produits Neutrogena et Clean & Clear visant à réduire les taches, représentaient la blancheur ou la clarté comme étant meilleures que votre teint, unique

Le groupe Johnson & Johnson

Cela n'a jamais été notre intention : une peau en bonne santé, c'est ça une belle peau, ajoute Johnson & Johnson, en annonçant la fin de ses gammes Neutrogena Fine Fairness et Clear Fairness by Clean & Clear.

Des noms et des emblèmes aussi visés

Depuis plusieurs semaines les entreprises font assaut d'initiatives, quand il s'agit de modifier une identité visuelle encore chargée de stéréotypes raciaux.

Quaker Oats (PepsiCo) a promis de retirer d'ici la fin de l'année sa Tante Jemima, une femme noire qui ornait depuis 130 ans son sirop et ses préparations pour pancakes.

Même l'éditeur des cartes à jouer Magic, référence des amateurs de jeu de rôle, a annoncé avoir retiré plusieurs images contenant des représentations ou allusions racistes.

En Australie, les sucreries Red Skins (peaux rouges) et Chicos, fabriquées depuis des décennies par le confiseur national Allen's, seront bientôt débaptisées, en raison des connotations de leurs noms, a promis Nestlé.

D'autres vont dans le même sens, bien qu'étant moins avancés. Comme Mars, qui dit réfléchir à faire évoluer son célèbre Uncle Ben's.

Ou Colgate-Palmolive qui veut réexaminer ses dentifrices Darlie vendus en Asie, dont le nom signifie dentifrice pour personne noire en chinois. La marque s'appelait jusqu'en 1989 Darkie, une injure raciale.

Facebook dans la ligne de mire

Autre engagement, certains groupes ont choisi de suspendre leurs publicités des réseaux sociaux, accusés de laisser proliférer les propos haineux.

Ainsi Verizon, Honda, Ben & Jerry's (Unilever), Patagonia ou North Face qui participent à une campagne de boycottage de Facebook lancée par des organisations de la société civile américaine.

Embrassant le slogan Black Lives Matter, certaines encore font des dons, toujours surveillées de près par l'opinion.

Apple a lancé une initiative pour l'équité raciale et la justice de 100 millions de dollars, pour l'éducation, les associations et entreprises détenues par des personnes noires.

PepsiCo a annoncé un plan de 400 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir les communautés noires et augmenter leur représentation au sein du groupe.

Car au-delà des produits à débaptiser, les entreprises accusent un retard immense dans la prise en compte de la diversité, notamment au plus haut niveau.

D'après un rapport de 2019 du Boston Consulting Group, seuls 3 Afro-Américains et 24 femmes sont à la tête des 500 plus grosses sociétés américaines par revenus.

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