•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les cérémonies funéraires reprennent en Estrie

Une salle funéraire.

Les complexes funéraires recommencent à accueillir des familles endeuillées.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pendant la pandémie, plusieurs personnes ont perdu un proche et ne leur ont toujours pas fait de véritables adieux. Depuis près d’une semaine, le retour des funérailles à petite échelle permet à plusieurs familles de reprendre le processus de deuil.

C’est le cas de Jean-François Cloutier qui a perdu son fils de 11 ans au tout début de la pandémie. Atteint d'un cancer du cerveau, le petit Éliott est parti subitement.

On a su qu’on était pour le perdre deux semaines avant qu’on le perde, se désole son père.

C’est au cœur du confinement que Jean-François Cloutier a dû vivre le deuil de son fils, sans le soutien physique de ses proches.

Pris entre quatre murs, j’étais en arrêt de travail, on ne peut pas voir grand monde. On a le goût d’avoir des câlins, de voir du monde, c’est quasiment enrageant, décrit-il.

Même si les mois d’attente ont été difficiles, Jean-François Cloutier a choisi de créer ses propres rituels pour patienter jusqu’à la cérémonie.

Il a notamment construit une urne en lego. On aimait ça, faire des legos ensemble, alors j’en ai fait une dernière fois avec mon fils, raconte Jean-François Cloutier.

J’ai l’impression d’avoir perdu le vif des émotions, elles sont toujours là, mais cette partie-là, j’ai l’impression qu’on me l’a volée.

Jean-François Cloutier, père dans le deuil

Les funérailles d’Eliott seront finalement célébrées en juillet, après trois mois d’attente. Un soulagement pour la famille qui pourra ainsi continuer son processus de deuil.

Des centaines de familles en attente

À la Coopérative funéraire de l’Estrie, 230 familles sont en attente de funérailles.

Il y a des familles qui traînent un deuil non réglé depuis le mois de mars et ça vient maintenant compléter les choses, explique le directeur général François Fouquet.

Pour soutenir les familles endeuillées pendant le confinement, la coopérative funéraire a créé une ligne d’écoute.

On ne voulait pas que le décès d’une personne soit juste une anecdote dans une crise plus grande. Perdre son père ou sa mère, ce n’est pas une petite anecdote.

Francois Fouquet, directeur général de la Coopérative funéraire de l’Estrie

Le directeur général de la coopérative funéraire souligne que même si les cérémonies reprennent, elles ne se déroulent pas tout fait comme avant en raison des mesures sanitaires en vigueur.

Les gens viennent offrir leurs condoléances aux familles, on leur demande de ne pas donner la main, pas d’accolade. C’est souvent très difficile parce qu’il y a des émotions à fleur de peau, décrit François Fouquet.

Souvent dans le deuil, les mots sont à peu près inutiles, c’est le geste qui compte et on ne peut pas faire le geste.

Francois Fouquet, directeur général de la Coopérative funéraire de l’Estrie

Les cérémonies quant à elles peuvent être diffusées en ligne pour les familles qui le désirent puisque le nombre de personnes qui peuvent être accueillies dans les chapelles demeure restreint.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Estrie

Coronavirus