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Le coronavirus et la peur de l’étranger à l'Île-du-Prince-Édouard

Le pont de la Confédération illuminé le soir.

Le pont de la Confédération, qui relie l'Île-du-Prince-Édouard au continent.

Photo : Getty Images / mrclark321

Radio-Canada

Une certaine forme de peur de l'étranger serait en train de voir le jour à l'Île-du-Prince-Édouard, province qui a longtemps vanté ses dispositions accueillantes. Selon le premier ministre Dennis King, ce sentiment est probablement provoqué par les craintes nées de la COVID-19.

Les autorités provinciales ont commencé à autoriser les séjours des résidents saisonniers de l'extérieur de l'île le 1er juin. Auparavant, l'entrée dans la province était refusée à toute personne de l’extérieur dont le voyage était considéré comme non essentiel.

Depuis le début de la pandémie, la province n'a recensé que 27 cas de COVID-19. Ces personnes se sont toutes rétablies. On n’a déploré aucun décès ni hospitalisation.

Plusieurs automobilistes ayant des plaques de l'extérieur de la province se sont plaints de vandalisme et d'intimidation. Des inconnus ont laissé des notes désagréables sur leurs pare-brise.

Un bout de papier sur lequel quelqu'un a écrit au stylo bleu : « Go the fuck back to the mainland, all of PEI. »

Miriam Leslie exhibe la note injurieuse qu'elle a trouvée sur le pare-brise de sa voiture de location.

Photo : Miriam Leslie

Pasteure à Charlottetown, Miriam Leslie est résidente de l’Île-du-Prince-Édouard. Le véhicule de location qu'elle utilise a été loué à Halifax et a des plaques d'immatriculation de la Nouvelle-Écosse.

À la mi-juin, elle a découvert sur son pare-brise une note en anglais, ponctuée d’un juron, lui disant : Retourne sur le continent, et signée toute l'Île-du-Prince-Édouard.

Une femme souriante dans un stationnement, devant un micro, avec sa voiture derrière elle.

Miriam Leslie, résidente de l’Île-du-Prince-Édouard, dénonce la note injurieuse qu'on lui a laissée, lui disant de quitter l'île et de retourner sur le continent.

Photo : CBC / Brian Higgins

Mme Leslie se dit déçue par cette note et espère que de tels messages ne dissuaderont pas les visiteurs potentiels de venir dans la province.

Avoir trouvé cette note après avoir visité un beau parc, c'était assurément très décevant , dit-elle.

Les restrictions de voyage et les mesures d'auto-isolement pour les personnes provenant des autres provinces maritimes seront levées à partir du 3 juillet.

Intimidation et vandalisme

D'autres incidents similaires ont été signalés sur les réseaux sociaux ces dernières semaines.

Jordan Bujold, une étudiante de l'École vétérinaire de l'Atlantique (AVC) à Charlottetown, a publié la semaine dernière une photo de sa voiture sur Facebook montrant une grande feuille placée sur son pare-prise, sur laquelle on pouvait lire : Étudiante de l'AVC. Je suis ici depuis janvier. Veuillez ne plus endommager ma voiture!

Dans la note accompagnant la photo, elle ajoutait que sa voiture immatriculée au Nouveau-Brunswick avait été vandalisée à l'aide d'une clé.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

La même mésaventure est arrivée à une autre femme avec qui elle avait parlé, et dont l'automobile était immatriculée en Ontario.

Des gens dont les véhicules portent des plaques de l'extérieur de la province ont dit avoir été apostrophés dans des stationnements d'épicerie ou de magasin de détail par des résidents qui les interrogeaient sur leur provenance.

Dennis King sourit et fait un salut de la main gauche.

Dennis King, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, le 5 février 2020 à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ces incidents surviennent après des semaines de vifs débats sur la décision de la province d'autoriser les résidents saisonniers à venir à leurs chalets, y compris ceux provenant de provinces comptant encore des cas actifs de Covid-19.

Le premier ministre Dennis King ne pense pas que ce sentiment xénophobe soit répandu. Il est attribuable, selon lui, à la peur de l'inconnu causée par la pandémie.

Il dit aussi espérer que les touristes du Canada atlantique penseront à l'Île-du-Prince-Édouard comme à une province accueillante.

Ma propre conviction est que de nombreuses personnes dans notre province et au-delà ont regardé ces événements qui pourraient être transportés ici se dérouler dans le monde entier, a déclaré M. King. Par exemple, si on voit ce qui se passe en Floride, c'est très différent de ce qui se passe ici. Cela explique en grande partie ces incidents.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

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