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Des manifestants contre la nouvelle mouture du PEQ

Plus d'une centaine de manifestants se sont réunis au pied du Mont-Royal pour dénoncer la nouvelle mouture du Programme de l'expérience québécoise.

Photo : Radio-Canada / Rémi Authier

Radio-Canada

À la veille de son entrée en vigueur, entre 100 et 200 manifestants se sont réunis au pied du mont Royal, samedi, pour protester contre la nouvelle mouture du Programme de l'expérience québécoise (PEQ). Ce dernier permet aux étudiants étrangers et aux travailleurs temporaires d'obtenir rapidement un Certificat de sélection du Québec en vue de la résidence permanente.

Majoritairement composé de ces deux catégories de personnes, en plus de personnalités politiques, le rassemblement a dénoncé les nouvelles règles du programme, lesquelles, selon les manifestants, compromettent une fois de plus l'avenir des étudiants et travailleurs temporaires étrangers au Québec.

La députée libérale Kathleen Weil estime que le PEQ, qu'elle avait elle-même présenté en tant que ministre de l'Immigration sous le gouvernement de Jean Charest, faisait pourtant l'envie de beaucoup de juridictions.

On avait créé cette voie rapide d'immigration parce qu'on voulait retenir ces talents, fait-elle valoir. On est en compétition avec le monde pour les attirer.

Kathleen Weil, élue du PLQ

On régresse avec cette réforme. On ne regarde pas l'être humain avec tout son potentiel, a-t-elle ajouté, aux côtés d'une délégation d'élus libéraux présents à la manifestation.

Une deuxième réforme du PEQ a été présentée à la fin du mois de mai, après que la première eut été mise en veilleuse en raison d'incohérences qui avaient forcé le gouvernement de François Legault à présenter des excuses l'automne dernier.

En apprenant que son diplôme ne suffirait plus pour la qualifier, Carla Trigoso a senti le sol se dérober sous ses pieds. Ma famille s'est endettée de 80 000 $ pour payer mon éducation à McGill, c'est vraiment difficile pour moi, a confié l'étudiante en sociologie.

Les manifestants s’opposent d’abord au fait que pour être admissible au programme, il sera désormais nécessaire d’avoir travaillé au moins un an à temps plein dans la province. Aucune expérience de travail n’était auparavant demandée aux étudiants étrangers. Quant aux travailleurs temporaires, l'expérience de travail qui leur est demandée est allongée.

Délais allongés

Les manifestants déplorent aussi que, même si ces expériences ne doivent pas nécessairement être liées à leur domaine de formation, elles excluent certaines professions, comme celles de serveur, de caissier ou de travailleur agricole.

Ils en ont également contre le délai de traitement des demandes, qui passe de 20 jours à 6 mois, et voudraient que les postulants se trouvant déjà dans la province aient accès à une clause de droits acquis.

La réforme ne doit pas toucher les diplômés étrangers et les travailleurs temporaires qui ont déjà postulé au PEQ, mais ceux dont le dossier n'a pas encore été traité.

Depuis des jours, on dit que ce programme et ces nouvelles normes, c'est inacceptable [...] Pour moi, c'est un test pour la nouvelle ministre Mme Girault, qui a l'occasion de réparer les erreurs de son collègue, et on compte sur elle pour le faire.

Manon Massé, cheffe parlementaire de Québec solidaire

Pour sa part, la nouvelle ministre de l’Immigration, Nadine Girault, nommée à ce poste le 22 juin, a refusé d’accorder une entrevue à Radio-Canada. Son cabinet indique qu'il lui faudra un certain temps pour s'approprier la réforme, dont l'entrée en vigueur est censée être imminente.

Expérience de travail demandée

Les personnes ayant un diplôme d'études professionnelles (DEP) devront, pour être admissibles au PEQ, avoir deux années d'expérience, à temps plein ou réparties sur les trois dernières années.

Une année d'expérience au cours des deux années précédant la demande sera exigée de ceux qui ont obtenu un baccalauréat, une maîtrise, un doctorat ou un diplôme d'études collégiales technique.

Quant aux travailleurs temporaires, ils devront cumuler 3 ans d'expérience au cours des 48 derniers mois, contre un an actuellement.

Des rassemblements similaires sont également prévus à Québec, Sherbrooke et Rouyn-Noranda, à l'initiative de centrales syndicales, d'associations étudiantes ainsi que de groupes de défense des droits des migrants.

C’est en raison de sa popularité grandissante que le PEQ, qui a vu le jour en 2010, a été révisé. L'an dernier, près de 15 000 étudiants et travailleurs temporaires en ont bénéficié.

Le gouvernement dit vouloir favoriser la venue de travailleurs dont le profil correspond davantage aux besoins du marché du travail.

Avec les informations de Yasmine Khayat

Avec les informations de La Presse canadienne

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