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Les Atikamekw « rassurés » par le rapport du BAPE sur le projet minier Matawinie

La communauté de Manawan attend toujours d'être consultée sur le gisement de Saint-Michel-des-Saints.

Portrait de M. Awashish en entrevue.

Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

Photo : Radio-Canada / Frédéric Bissonnette

Même s'il n'a pas pu faire entendre ses arguments auprès des commissaires l'hiver dernier, le Conseil de la Nation Atikamekw accueille favorablement les conclusions du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) concernant le projet de mine de graphite à ciel ouvert de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière.

Le grand chef Constant Awashish a pris bonne note des préoccupations exprimées par la commission d'enquête qui, dans son rapport publié vendredi, estime que des bonifications sont nécessaires avant que le projet ne puisse être autorisé.

Ça, c'est venu un peu nous rassurer par rapport au fait que nous n'avions pas été entendus comme il avait été prévu de l'être lors des audiences du BAPE, a-t-il confié en entrevue à Radio-Canada vendredi soir.

C'est que sa nation, qui considère que le gisement se trouve sur ses terres ancestrales, attend toujours d'être consultée sur le sujet.

Elle devait être entendue par la commission en février, mais les audiences prévues ont été suspendues en raison des ennuis de santé de l’un des participants. Puis la pandémie a frappé. Une audience par vidéoconférence a été tenue le 3 mars, mais les Atikamekw n'y ont pas participé.

Une consultation supplémentaire

Dans son rapport, le BAPE suggère l'organisation de consultations complémentaires avec les représentants de la communauté atikamekw de Manawan, située à environ 72 kilomètres au nord-ouest de Saint-Michel-des-Saints.

Le ministère de l'Environnement a déjà pris un engagement en ce sens, et la tenue de deux rencontres préparatoires laisse espérer à M. Awashish l'avènement d'un exercice de consultation en bonne et due forme, qui va respecter toutes les obligations des gouvernements.

Sur le fond, les Atikamekw ne s'opposent pas au projet minier, qui vise la production de 100 000 tonnes de graphite par année pendant un peu plus de 25 ans. Constant Awashish y voit même l'opportunité d'améliorer la qualité de vie des membres de sa nation.

Nous sommes dans une situation quand même très précaire au niveau socio-économique; on a un taux de chômage incroyable; on a un boom démographique qui dépasse largement la démographie en général des Canadiens, souligne-t-il. On ne peut pas toujours être dans cette situation-là!

On essaye de trouver des moyens qui nous permettront de créer un avenir pour nos enfants; créer un avenir pour nos institutions; et trouver des façons d'avoir des revenus qui sont autonomes.

Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

Cela dit, il faut que ça se fasse dans les règles de l'art et dans le meilleur respect de l'environnement, souligne M. Awashish. On ne mettra pas en péril ce qui reste de nos territoires pour mettre en danger les générations futures.

En parallèle des consultations complémentaires qui devraient être tenues par le ministère de l'Environnement, les Atikamekw tentent donc de conclure une entente avec le promoteur Nouveau Monde Graphite qui permettrait aux membres de la communauté de tirer avantage du projet.

Les négociations, toutefois, sont au point mort pour le moment. La compagnie minière ne se comporte pas de façon adéquate pour nous, a expliqué M. Awashsih, sans se commettre davantage.

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