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Une attente encore plus longue pour les chirurgies orthopédiques

Le reportage de Marie-Pier Bouchard

Photo : Getty Images / Shidlovski

Le temps d’attente pour les chirurgies orthopédiques, strictement limitées aux urgences au début de la crise de la COVID-19, est à la hausse à Québec. L’équipe de chirurgiens du CHU de Québec a pris du retard, mais tente de reprendre le contrôle de la liste d’attente.

On comprend qu'on a été en arrêté pendant une période de trois mois, donc le patient qui au début de la COVID était à cinq mois d'attente est rendu à huit mois. Celui qui était à neuf est rendu à douze, explique le Dr Patrice Montminy, chef du service d'orthopédie au CHU de Québec.

En trois mois seulement, le nombre de patients en attente depuis plus d’un an a triplé, passant de 60 à 180, constate le chirurgien.

Peu de nouveaux patients se sont ajoutés à la liste, note toutefois le Dr Montminy qui parle d’une augmentation relativement légère de l'ordre de 12 à 13% principalement dû au fait que les chirurgiens ne pouvaient pas opérer, mais ne pouvaient pas non plus voir de patients pendant une longue période .

Il y a vraiment eu une dégradation du point de vue des délais. C'est principalement ça qui a été le problème.

Dr Patrice Montminy, chef du service d'orthopédie au CHU de Québec
Un homme assis dans son bureau.

Dr Patrice Montminy, chef du service d'orthopédie au CHU de Québec

Photo : Radio-Canada

Le Dr Montminy explique cependant que certaines chirurgies urgentes ont pu avoir lieu au cours de cette période. Je vous dirais qu'il fallait débattre un petit peu et argumenter [pour avoir accès aux salles d’opération], mais on était capable de les passer, dit-il.

Une chirurgie, ce n'est pas comme un billet avec un numéro que vous prenez chez IGA, c'est évolutif dans le temps.

Dr Patrice Montminy, chef du service d'orthopédie au CHU de Québec

Pendant la pandémie, les chirurgiens ont ainsi été invités à réviser leur liste d’attente et de communiquer avec leurs patients pour vérifier si leur état s’était dégradé et réviser leur priorité au besoin.

Bien que la vie des patients en attente d’une chirurgie orthopédique ne soit pas menacée, Dr Patrice Montminy explique que plus on attend, plus les patients souffrent et plus la chirurgie risque d’être complexe.

La douleur au quotidien

Annie Lévesque n'a que 42 ans, mais elle a récemment appris que ses deux hanches, rongées par l'arthrose, doivent être remplacées.

Maman de deux adolescents, elle se demande aujourd’hui quand elle pourra subir cette opération qui représente l’espoir d’une meilleure qualité de vie.

Quand ils m'ont annoncé que mes deux hanches étaient usées complètement, on était au début de la pandémie. On m'a dit que c'était un an d'attente. Je ne prévoyais pas que la pandémie allait freiner les chirurgies de remplacement, s’inquiète-t-elle.

Ça devient difficile de vivre dans la spirale de la douleur.

Annie Lévesque
Une femme aux cheveux courts et portant des lunettes assise sur une chaise en entrevue à la caméra.

Annie Lévesque est en attente d'une chirurgie pour remplacer ses deux hanches.

Photo : Radio-Canada

J'ai des morceaux d'articulation, dans l'articulation, qui font que ça fait des blocages, puis des fois, je ne suis même pas capable de déplier ma jambe pour marcher, raconte-t-elle.

Il peut arriver que ses hanches bloquent jusqu'à six fois par jour.

Près de 4900 personnes sont présentement en attente d’une arthroplastie de la hanche au Québec, dont 449 dans la Capitale-Nationale et 238 dans Chaudière-Appalaches.

Source : ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)

Lueur d'espoir

Le Dr Patrice Montminy insiste : les patients qui souffrent ou qui réalisent que leur état s’est dégradé doivent communiquer avec leur médecin.

Les chirurgiens, pendant la COVID, on opère moins, on travaille moins mais on est toujours vivants et fonctionnels, lance le spécialiste.

Par ailleurs, il explique qu’une entente avec le secteur privé permettra aux chirurgiens orthopédiques de Québec, dès les prochaines semaines, d’avoir accès à plus de salles d’opération.

Ça peut être des chirurgies d'épaule, de pied, de coude. Des chirurgies plus mineures qui peuvent se faire en chirurgie d'un jour, précise-t-il.

La réalisation d'opérations mineures dans des cliniques privées, par les mêmes chirurgiens, permettra de libérer plus de places pour les chirurgies majeures qui doivent être faites dans un centre hospitalier, comme les prothèses de hanches et de genoux.

Le Dr Montminy a bon espoir de revenir à un délai d’attente plus raisonnable pour les différentes chirurgies orthopédiques. On devrait être capable, pas en deux mois, mais on devrait être capable, dit-il.

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