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Transport scolaire : des « choix déchirants » pour la rentrée d'automne

Selon les critères actuels, des milliers d'élèves ne pourront monter à bord des autobus jaunes afin de respecter la distanciation physique.

Des autobus scolaires.

Le transport scolaire figure parmi les grands défis de la rentrée scolaire de l'automne si les mesures sanitaires demeurent celles qui sont actuellement en vigueur.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Sans un assouplissement des mesures sanitaires, les services de transport scolaire risquent d'être considérablement réduits ou modifiés lors de la reprise des classes l'automne prochain. Sur la rive sud de Québec, le Centre de services scolaire des Navigateurs ne pourra maintenir que le tiers de sa capacité.

Jean-François Houle et son équipe des Services du transport scolaire ont dû faire des choix déchirants, des choix difficiles au cours des dernières semaines. Pour arriver à un plan de transport respectant les mesures sanitaires prévues en septembre prochain, ils ont dû sacrifier plusieurs services normalement offerts.

Préférant avertir les parents rapidement, la direction du Centre de services scolaire des Navigateurs (CSSDN) leur a envoyé un avis, jeudi, pour leur expliquer les décisions qui ont été prises. Des centaines voire quelques milliers d'entre eux ont ainsi appris qu'ils devront trouver un autre moyen de transport pour envoyer leurs enfants à l'école.

Contacté par Radio-Canada, le CSSDN soutient qu'il n'avait tout simplement pas le choix devant les contraintes imposées par la COVID-19.

On part du principe qu'avec le respect des consignes de la santé publique, la capacité de notre transport est baissée à 30 %

Jean-François Houle, directeur des Ressources financières et des Services du transport scolaire au CSSDN

En temps normal, quelque 12 000 élèves du primaire et du secondaire montent à bord des autobus jaunes sur le vaste territoire couvert par l'organisation.

En respectant la consigne d'un élève par banc et en assurant le maintien d'une distanciation physique d'au moins un mètre, soit les mesures demandées par les autorités de santé publique, la capacité des autobus plonge de 72 à seulement 23 passagers, selon M. Houle.

Chacun des 70 centres de services scolaires de la province doit, pour l'instant, composer avec ces contraintes.

Des enfants gardent une bonne distance entre eux en longeant un autobus scolaire.

La distanciation physique était au cœur de la reprise des classes ce printemps, après une pause forcée par la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Tracer la ligne

L'ensemble du transport scolaire a dû être réorganisé selon ces nouveaux paramètres.

Au CSSDN, la direction dit avoir procédé par priorité. L'objectif était de trouver les critères d'admissibilité les plus équitables, affirme Jean-François Houle.

Les élèves à qui on a imposé un transfert d'école ou ceux qui fréquentent une classe d'adaptation scolaire, par exemple, auront accès aux places disponibles. Un critère de distance a également été établi. Les jeunes dont le lieu de résidence est éloigné de leur école de quartier seront aussi des passagers prioritaires.

En contrepartie, il a fallu rayer certains services pour demeurer à 30 % d'occupation.

Les parents qui font le choix d'envoyer leurs enfants dans un établissement autre que leur établissement de quartier n'auront plus de transport scolaire. Même chose pour les élèves inscrits à des programmes particuliers qui ne sont pas offerts dans leur école de quartier.

Cette dernière décision a été le choix le plus difficile, convient M. Houle. On leur donnait, mais pour réussir à répondre à notre capacité de transport, on a dû retirer ce service-là aussi.

Jean-François Houle, directeur des Services du transport scolaire au Centre de services scolaires des Navigateurs.

Jean-François Houle est directeur des Services du transport scolaire au Centre de services scolaire des Navigateurs.

Photo : Radio-Canada

Parmi les autres cas sensibles, celui des enfants vivant en garde partagée. À compter de l'automne, une seule adresse sera desservie, soit l'adresse principale déterminée par les parents. Si on donne deux adresses, une semaine sur deux, il y aurait une place inoccupée dans un autobus, indique Jean-François Houle à ce sujet. L'objectif, dit-il, était d'optimiser la capacité déjà réduite des véhicules.

Le système de places vacantes, généralement comblées et à la charge des parents, a aussi été sacrifié.

Plusieurs élèves du secondaire devront par ailleurs utiliser le transport en commun offert par la Société de transport de Lévis, là où le service le permet.

Et le masque?

Le défi d'établir un plan de transport attend l'ensemble des centres de services scolaires du Québec. Dans ce processus, le rôle du ministère de l'Éducation demeure minimal. Chaque centre établit des critères d'admissibilité au transport scolaire; ils doivent le faire dans le respect de la santé et de la sécurité des élèves, explique le porte-parole Bryan St-Louis.

En contexte de pandémie, ce sont surtout les autorités de santé publique qui guident les directions dans l'élaboration de leurs plans.

Au CSSDN, des solutions ont été explorées pour augmenter la capacité du transport scolaire au-delà de 30 %. L'idée d'imposer le masque à tous les élèves et aux chauffeurs a notamment fait son chemin. M. Houle affirme que la santé publique ne considère toutefois pas le masque comme une solution de remplacement à la distanciation physique pour ce type de transport.

Dans un échange de courriels, le ministère de la Santé et des Services sociaux n'a pas voulu commenter ce cas précis. Une porte-parole a cependant laissé savoir qu'il y a actuellement une réflexion en cours au sujet du transport collectif et du transport scolaire.

La possibilité de faire le même parcours plus d'une fois est envisagée dans certains centres de services scolaires, mais dépend de la longueur de chaque trajet et de leur durée. Cette solution pourrait se conjuguer à une modification des horaires de certaines écoles.

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