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Des messages d'alerte d'urgence majoritairement en anglais en Nouvelle-Écosse

Gyrophare Police avec sirène intégrée.

Des alertes sont généralement émises lors d'une situation qui représenterait une menace imminente pour la vie.

Photo : Getty Images / bjdlzx

Kassandra Nadeau-Lamarche

Le nouveau système « En alerte » a été utilisé à quelques reprises dans les derniers mois en Nouvelle-Écosse.

Sensibilisation aux mesures de la santé publique, coups de feu entendus une semaine après la tuerie qui a commencé à Portapique et évasion d’un prisonnier ont tous mené à des alertes envoyées directement aux téléphones des Néo-Écossais.

Mais plusieurs d’entre elles étaient seulement en anglais.

Vendredi 10 avril 2020 

Première alerte. Celle-ci a été envoyée à la veille de la fin de semaine de Pâques, et demandait à la population de continuer à suivre les consignes de la santé publique liées à la COVID-19 durant les jours fériés.

Cette alerte a été envoyée en anglais et en français.

Capture d'écran du message texte envoyé par la Nouvelle-Écosse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le message d'alerte d'urgence envoyé le 10 avril 2020 aux téléphones cellulaires en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Vendredi 24 avril 2020

Presque une semaine après la tuerie qui a coûté la vie à 22 personnes en Nouvelle-Écosse, pour laquelle la police n'a émis aucune alerte d'urgence, une série d’appels concernant des coups de feu non confirmés pousse la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à émettre des alertes demandant aux résidents concernés de rester à l’intérieur.

L’alerte initiale est en anglais seulement, et l’alerte mentionnant la fin de l’incident est bilingue.

Montage de deux captures d'écran de téléphone cellulaire. Le message d'alerte de gauche est en anglais, celui de droite en français et en anglais. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À gauche la première alerte envoyée vers 16 heures, et à droite la deuxième alerte envoyée vers 17 h 50 le 24 avril 2020.

Photo : Radio-Canada

Vendredi 5 juin et samedi 6 juin 2020

Un prisonnier s’évade du Centre correctionnel du Nord-Est de la Nouvelle-Écosse, dans le comté de Pictou.

Les messages d'alerte alors émis, le premier pour avertir la population de l’évasion, et le deuxième pour confirmer la capture du fugitif, sont exclusivement en anglais.

Montage de deux captures d'écran de téléphone cellulaire montrant des messages d'alerte d'urgence en anglais.

À gauche l'alerte d'urgence du 5 juin 2020, et à droite celle du 6 juin 2020.

Photo : Radio-Canada

Incohérence

Cette incohérence quant au bilinguisme dans les alertes indigne Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE). L’inconsistance réside, selon moi en tout cas, du fait qu’on est toujours traités comme des citoyens de seconde zone et que le fait français, on n'y pense que par la suite, affirme-t-elle.

Une femme regardant la caméra.

La directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, Marie-Claude Rioux, le 12 juin 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Selon Mme Rioux, lorsqu’il est question de la santé et de la sécurité de la population, le partage de l’information devrait être automatiquement fait dans les deux langues. C’est une question qui ne devrait même pas se poser. C’est un dossier sur lequel on ne devrait même pas avoir à intervenir.

Les services en français

Le règlement concernant les services en français (Nouvelle fenêtre) en vertu de l’article 10 de la Loi sur les services en français de la Nouvelle-Écosse semble lui donner raison.

L’article 13, alinéa C, du règlement stipule que le gouvernement doit donner priorité à la traduction simultanée de documents d’information lorsque le défaut de fournir l’information en français risque de compromettre la santé ou la sécurité du public .

À qui vient la responsabilité du contenu des messages?

Lors d’un premier contact avec une porte-parole de la province, une déclaration qui nous a été envoyée par courriel laissait entendre que, puisque les alertes du 24 avril avaient été demandées par la GRC, c’est la police fédérale qui était responsable du contenu.

Quant aux alertes des 5 et 6 juin, demandées par le ministère provincial de la Justice, la porte-parole a affirmé que le ministère effectue actuellement un examen de tous les aspects de cet incident.

La GRC a affirmé de son côté que c’était la province qui était responsable du contenu des messages diffusés.

Nous avons relancé la province, qui, quelques jours plus tard, ne nous a toujours pas répondu.

Un homme en entrevue.

L'avocat Michel Doucet en juin 2020.

Photo : Radio-Canada

Selon l’avocat Michel Doucet, spécialisé en droits linguistiques, il n’y a aucune obligation constitutionnelle qui contraint la province à respecter l’article 13 du règlement concernant les services en français.

Bien qu’on établit certains paramètres pour l’obtention de certains services en français, il n’y a pas de recours qui est offert par la loi elle-même , explique-t-il.

Selon lui, le respect des lois et règlements sur les services en français est donc laissé au bon vouloir et à la volonté politique du gouvernement.

Des plaintes qui ne mènent à rien

La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) affirme avoir déjà envoyé des plaintes concernant le système d’alerte, sans qu’un changement ne soit apporté. À chaque fois, on reprend le processus et ça donne ce que ça donne, déplore Marie-Claude Rioux.

On peut comprendre que les gens, en général, se désintéressent de la question, parce que quand il n’y a pas de résultat permanent, quand c’est toujours à recommencer, à un moment donné, on vient un peu tannés.

Marie-Claude Rioux, directrice générale, Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse

Cela n'étonne pas l'avocat Michel Doucet.

On ne prévoit aucun recours pour les gens dont les droits ont été violés. La seule chose qu’ils peuvent faire c’est de faire parvenir une lettre à la ministre responsable des Affaires acadiennes et de la Francophonie , dit-il.

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