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Des enfants atteints du syndrome inflammatoire multisystémique sans avoir eu la COVID

Échantillons de sang dans les laboratoires de l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal

Plusieurs enfants atteints du syndrome inflammatoire multisystémique n'ont pas eu la COVID-19, selon une étude de l'Hôpital Sainte-Justine.

Photo : Radio-Canada / François GEnest

La Presse canadienne

L'examen de 21 petits patients atteints du syndrome inflammatoire multisystémique de l'enfant (SIME) n'a pas mené des chercheurs du CHU Sainte-Justine dans la direction attendue.

C'est vraiment quelque chose de troublant, parce qu'on a le sentiment que c'est lié à la COVID. L'augmentation survient dans le contexte de la pandémie, a confié le Dr Élie Haddad. Mais pour l'instant, nous n'avons pas trouvé, chez 16 des 21 enfants, de preuve formelle de l'infection.

Le Dr Haddad et ses collègues n'ont en effet détecté la présence du coronavirus que chez cinq patients. Le virus a été trouvé dans le nasopharynx de l'un d'eux, alors que des anticorps étaient présents dans le sang de quatre autres.

Le Dr Haddad ne cache pas avoir été pris de court par ces résultats. Ses collègues et lui les ont donc contrevérifiés de quatre manières différentes, sans que rien n'y change. Les résultats négatifs sont restés négatifs et les résultats positifs sont restés positifs.

Ça nous questionne parce qu'on a vraiment le sentiment qu'on voit environ trois fois plus de ce type de syndrome inflammatoire, qui ressemble à la maladie de Kawasaki, [...] que d'habitude, alors que les enfants étaient enfermés chez eux, dit-il.

D'après ce qui avait été publié par nos collègues italiens et anglais, on s'attendait à trouver chez la majorité des patients des anticorps anti-SRAS-CoV-2, poursuit le médecin.

Des chercheurs français, après l'étude de 172 patients, ont quant à eux témoigné d'une sérologie positive dans 50 % des cas.

Ces résultats, tout étonnants soient-ils, ne renvoient pas pour autant les chercheurs à la case départ, assure le Dr Haddad, puisqu’ils contribuent à leur manière à l'avancement de la science et des connaissances.

Il rappelle qu'il y a quand même cinq patients chez qui le virus a été décelé. Ses collègues et lui s'affaireront maintenant à étudier ce qui différencie potentiellement ces patients des autres.

On a avancé, on a coché une case, et maintenant on est devant un questionnement scientifique, conclut-il. Qu'est-ce que ça veut dire tout ça? Comment ça se fait qu'on voit autant de cas en période de pandémie? Et que parmi tous ces cas, il n'y en a finalement peu chez qui on voit des anticorps présents? On cherche d'autres explications. C'est ce qui rend notre métier passionnant.

Plus nombreux de d’habitude

Fin avril, plusieurs pays européens ont signalé l’apparition chez les enfants du syndrome inflammatoire multisystémique, un syndrome qui s’apparente à la maladie de Kawasaki, bien connue. De nombreux cas ont également été recensés aux États-Unis et au Canada.

Comme les cas signalés de maladie de Kawasaki sont généralement beaucoup moins nombreux, les scientifiques se sont tout de suite demandé si le syndrome avait un lien avec la COVID-19.

Le SIME semble toucher les enfants de 3 à 17 ans. Il est caractérisé par un ou plusieurs symptômes : manifestations de choc toxique ou cardiaque, douleurs abdominales et problèmes gastro-intestinaux, fièvre , douleurs aux orteils et aux pieds ou éruptions cutanées.

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