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Boeing ukrainien : l'Iran enverra les boîtes noires en France en juillet

Des personnes tiennent un enregistreur de vol dans leurs mains. L'appareil est une sorte de boîte en métal de couleur orange vif.

Les enregistreurs de vol amassent une impressionnante quantité de données chaque minute.

Photo : Reuters / Antara Foto Agency

Agence France-Presse

Le Bureau canadien de la sécurité des transports a annoncé qu'il « enverra une équipe d'enquêteurs pour assister au déchargement des données » des boîtes noires du Boeing ukrainien abattu par erreur en janvier par l'Iran au-dessus de Téhéran.

Une annonce qui survient à la suite de la demande officielle d'assistance technique de l'Iran au Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français pour réparer et télécharger les données des boîtes noires.

Le Cockpit Voice Recorder (CVR), qui enregistre les conversations entre pilotes et les bruits dans l'avion, et le Flight Data Recorder (FDR), qui relève tous les paramètres de vol (vitesse, altitude, régime des moteurs, trajectoire, etc.), doivent être convoyés au BEA, près de Paris, où les travaux devraient débuter le 20 juillet, a affirmé sur Twitter l'organisme français.

Cette prestation technique s'effectue dans le cadre d'une enquête de sécurité dirigée par l'Iran, précise-t-il.

Un bout d'aile d'un avion repose sur le sol.

Des équipes de secours sur le lieu de l'écrasement du Boeing d'Ukraine Airlines, le 10 janvier 2020..

Photo : Getty Images / AKBAR TAVAKOLI

La cause de la catastrophe qui a coûté la vie aux 176 personnes à bord du Boeing 737 de la compagnie Ukraine Intenational Airlines, en majorité des Iraniens et des Canadiens, est connue : les forces armées iraniennes ont reconnu le 11 janvier avoir abattu par erreur trois jours plus tôt l'appareil qui venait de décoller de Téhéran à destination de Kiev.

Mais l'analyse des enregistreurs de vol est depuis devenue l'enjeu de passes d'armes diplomatiques entre le Canada, l'Ukraine et l'Iran.

Ottawa réclame depuis des mois que l'Iran, qui ne dispose pas de moyens techniques permettant d'extraire et de déchiffrer les données des boîtes noires, transmette celles-ci à l'étranger pour analyse.

Début juin, l'agence officielle iranienne Irna avait réaffirmé que Téhéran était prêt à transmettre ces boîtes noires à l'étranger, tout en estimant qu'elles n'apporteraient aucune aide spécifique à l'enquête.

Lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait indiqué que ces dernières seraient envoyées en France dans les prochains jours.

Frappée d'un embargo américain, Téhéran avait immédiatement annoncé après l'écrasement qu'il refusait d'envoyer aux États-Unis les boîtes noires, même si l'avion et les moteurs étaient de conception américaine.

Peu de laboratoires dans le monde ont la capacité technique de remettre en état des enregistreurs endommagés pour pouvoir en extraire les données. Outre le NTSB américain, le BEA français figure parmi les plus réputés en la matière.

L'organisme français a notamment extrait les données des boîtes noires du Boeing 737 MAX d'Ethiopian Airlines, qui s'était écrasé le 10 mars 2019 (189 morts), et celles de l'Airbus A320 de Pakistan International Airlines le 22 mai 2020 (97 morts).

S'agissant du Boeing ukrainien, le jour de l'accident, les défenses aériennes de l'Iran étaient en état d'alerte élevé après que la République islamique eut tiré des missiles sur une base irakienne abritant des soldats américains pour venger le puissant général iranien Qassem Soleimani, tué dans une frappe de drone américaine à Bagdad quelques jours auparavant.

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