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Radio-théâtres : un intérêt renouvelé qui s’inscrit dans l’ère du temps, croit Guy Nadon

Le comédien sur le plateau des Échangistes

Le comédien Guy Nadon

Photo : Radio-Canada / Amélie Grenier

Angie Landry

Le succès du retour des radio-théâtres pendant le confinement a encouragé Radio-Canada à offrir plusieurs nouvelles pièces sur sa plateforme OHdio. Vent de nostalgie ou intérêt renouvelé? Peu importe, l’acteur Guy Nadon estime qu’il faut profiter de ce bonheur, surtout au moment où le secteur de la culture vient de manger une volée , dit-il.

À quelques minutes de la diffusion radio de Tu te souviendras de moi, écrite par François Archambault et mise en scène par Fernand Rainville, dont la réalisation audio est assurée par Francis Legault et Jocelyn Lebeau, Guy Nadon répondait jeudi aux questions de l’animatrice Marie-Maude Denis à l’émission 24/60. À quoi assiste-t-on? Au retour d’une vieille mode ou à une nouvelle habitude de consommation du théâtre?

Ça se pourrait que pour l’instant, ce soit comme une réponse ponctuelle à la difficulté d’aller dans une salle de spectacle , soutient d’emblée Guy Nadon. Mais ce qui me semble certain – même chose pour les balados – c’est ce que ça semble correspondre à un genre d’écoute [prisée par le public]. On verra ce que donne l’expérience [du retour] des radio-théâtres, dit le comédien.

Ça se pourrait aussi que ça corresponde à un goût qui n’est pas encore tout à fait défini. Que ce ne soit pas qu’un petit plaisir vintage, mais que ce soit un plaisir dont il reste encore à trouver sa forme.

Guy Nadon

Une pièce dans un moment opportun

Tu te souviendras de moi, d’abord jouée sur les planches en 2014, a eu un rayonnement important. C’est quand même assez considérable, admet Guy Nadon, qui est de la distribution originale.

La diffusion radio de cette pièce arrive toutefois dans le contexte de pandémie, dont les personnes âgées ou en perte d’autonomie en sont les plus grandes victimes.

Dans le récit, le personnage de l’acteur, Édouard, est un professeur d’histoire à la retraite qui perd lentement la mémoire. On assiste à l’enchaînement des conséquences qui en découlent sur sa femme, sur sa fille et sur sa vie. En plus, c’est un historien québécois, dont la devise est "Je me souviens". C’est l’occasion de jouer avec la situation dramatique que constitue l’amnésie chez un historien, qui a fait de [l’action de] se rappeler, son métier, ajoute Guy Nadon.

Impossible, dit le comédien, de ne pas être happé par cet écho au vieillissement de la population.

Vendredi dernier, quand on a relu [la pièce] pour la première fois, on était frappés par la fin de cet homme, qui termine dans une maison d’hébergement. On s’est dit : “Wow. Ça, ça va résonner autrement".

Guy Nadon

Une « volée » pour la culture

Malgré le vent de fraîcheur autour de la diffusion de pièces de théâtre, l’acteur s'inquiète pour le milieu culturel, un des secteurs les plus mis à mal par les mesures de confinement et de distanciation sociale au Québec en mars dernier.

Depuis le début [de la pandémie], je dis que la culture va manger une volée. On peut tenir des discours optimistes, mais ce ne sera pas une situation facile.  Ce qui constitue le public, ce sont des humains. Des humains, ce sont des mammifères. Et un mammifère, par définition, c’est inquiet. Alors, d’asseoir des gens les uns à côté des autres dans une salle de spectacle fera des gens inquiets , se désole-t-il.

C’est dommage – parce qu’on est toujours en train de valoriser les transports collectifs et tout – mais aller au théâtre, quand tout le monde rit en même temps, ou pleure en même temps, ça, c’est un véritable transport collectif.

Guy Nadon

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