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Il y a 45 ans, Nicole Juteau devenait la première policière à la Sûreté du Québec

Visage de Nicole Juteau

Nicole Juteau, première femme admise dans les rangs de la Sûreté du Québec en juin 1975

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En juin 1975, Nicole Juteau devient la première femme à exercer le métier de policière au Québec. Retour en archives sur un parcours semé d’embûches qui a ouvert la voie aux femmes dans la police.

J’aurais pu écrire un livre sur les excuses que les chefs de police nous donnaient pour ne pas nous engager.

Nicole Juteau

Nicole Juteau a dû faire preuve de persévérance pour réussir à se trouver un emploi dans le milieu policier.

Dans sa cohorte de 51 étudiants, trois élèves étaient des femmes. Pendant un mois, des chefs de police de différentes villes du Québec venaient chaque soir pour engager de futurs policiers. Les filles étaient systématiquement laissées de côté.

C’est finalement en juin 1975 qu’elle devient la première femme engagée par la Sûreté du Québec.

Le 18 janvier 1978, à Femme d’aujourd’hui, elle raconte son parcours à la journaliste Suzanne Puch-Widawski.

Femme d’aujourd’hui, 18 janvier 1978

Vers sept-huit ans, Nicole Juteau rêve déjà d’une carrière d’agent de police.

La première étape des études a été difficile à franchir. Au cégep, elle décide de rester en technique policière malgré les discours de découragement qu’elle entend. On lui dit qu’il n’y a pas de débouchés pour les femmes dans la police.

À l’École nationale de police de Nicolet, elle et deux autres de ses consœurs suivent les mêmes entraînements physiques que leurs collègues masculins.

Après trois mois à Montréal au quartier général, c’est à Shawinigan qu’elle commence son métier comme patrouilleuse.

On devait me faire faire un uniforme parce que les chemises, les pantalons, c’était tout nouveau. Ils ont refait un uniforme féminin pour les futures policières qui venaient derrière moi.

Nicole Juteau

Elle raconte qu’au départ, le préjugé est souvent dans le regard des gens. On doute qu’une femme puisse utiliser la force. On doute qu’elle sache se servir d’une arme.

Au début quand je patrouillais seule, je ne sais pas combien d’accidents j’aurais pu causer. Les gens se tournaient pour me regarder et ne regardaient plus la route. Les gens disaient : "Pas une femme, c'est pas vrai!"

Nicole Juteau

Le 19 octobre 1999 à Enjeux, le journaliste Alain Gravel rencontre des policières qui célèbrent le 25e anniversaire de leur intégration dans les corps policiers du Québec.

Enjeux, 19 octobre 1999

Le reportage fait le bilan du chemin parcouru par les femmes pour exercer le métier de policière.

25 ans après la percée de Nicole Juteau dans les rangs des forces de l’ordre, 55 % des élèves de première année en technique policière du Cégep Ahuntsic étaient composés de filles.

Les interventions policières sont souvent différentes du fait que l’on soit un policier ou une policière. L’une d’elles, Julie Mazerolle, mesure 5 pieds 2 (1,58 m) et pèse environ 100 lb (45 kg). Elle raconte comment elle parvient à intervenir malgré sa frêle constitution.

Tu essaies de régler ça plus verbalement et d’amener la personne à coopérer et d’empêcher que ça s’envenime et que ça déroule en conflit physique. (…) On est avantagées aujourd’hui par rapport à avant. Avant, t’avais rien ou ton arme. On a plusieurs grades d’intervention : T’as le poivre de cayenne, t’as la flashlight, t’as plusieurs choses que tu peux utiliser avant l’arme à feu.

Julie Mazerolle, agente de quartier au SPCUM

Aujourd’hui, le Québec se situe au premier rang des provinces canadiennes pour la présence des femmes au sein des forces policières. Le Service de police de la ville de Montréal arrive en tête de liste avec 34 % de femmes dans ses effectifs.

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