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CHSLD : Après l'armée, la Croix-Rouge en renfort jusqu’au 15 septembre

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La capitaine en uniforme bourgogne porte le masque, une visière et des gants alors qu'elle apporte des soins à un patient que l'on ne peut identifier.

La capitaine Isabelle Dubé, infirmière au 41e Centre des services de santé des Forces canadiennes, et la caporale-chef Isabelle Brochu, assistante médicale de la 51e Ambulance de la Campagne, nettoient l’équipement médical de trachéotomie d’un résident de l’hôpital Sainte-Anne, à Montréal, au Québec, dans le cadre de l’opération LASER, le 15 mai 2020.

Photo : Forces armées canadiennes / Caporal Genevieve Beaulieu

Les militaires se retirent, la Croix-Rouge rapplique. Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que la Croix-Rouge apportera son aide au personnel soignant dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) jusqu’au 15 septembre.

Prolongée de quelques semaines, la mission des Forces armées canadiennes (FAC) prend fin aujourd'hui. La majorité des miliaires retourneront à leurs fonctions après avoir prêté main-forte au personnel soignant au plus fort de la pandémie.

Le gouvernement du Canada continuera toutefois d’offrir du soutien fédéral en finançant le déploiement d’une nouvelle force humanitaire civile de la Croix-Rouge, afin d'assurer le suivi dans les CHSLD du Québec.

Une première tranche de 150 personnes [de la Croix-Rouge canadienne] sera déployée d’ici le 6 juillet, et 750 personnes additionnelles entreront en poste d’ici le 29 juillet.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les postes offerts par la Croix-Rouge comme aide de service, ou encore conseiller en santé et sécurité sont des emplois rémunérés qui ne nécessitent aucune expérience dans le domaine de la santé.

Selon M. Conrad Sauvé, président-directeur général de la Croix-Rouge canadienne, un recrutement actif a été enclenché il y a un peu plus d'une semaine et demie : En ce moment on atteint l’ensemble des objectifs, rien ne nous laisse croire qu'on n'atteindra pas [ceux de la fin juillet]. On a créé un rythme de recrutement, les gens répondent bien.

Le premier ministre Justin Trudeau, debout, durant une conférence de presse dans une brasserie ontarienne.

En point de presse, le premier ministre Justin Trudeau s’est voulu rassurant sur le retrait des Forces armées canadiennes des CHSLD.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Questionné sur le plan de transition du personnel militaire au personnel civil, M. Trudeau s’est quant à lui voulu rassurant sur le retrait des troupes.

Aucun militaire ne quittera tant que [la situation] n’est pas stabilisée dans les CHSLD. Les membres de la Croix-Rouge pourront alors arriver et continuer ce travail.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les hommes et femmes des FAC ont travaillé dans un total de 47 établissements. Ils sont encore dans quelques-uns d'entre eux, et ne quitteront pas tant que l'établissement ne sera pas passé au vert et qu'il sera sous contrôle, a détaillé Pablo Rodriguez, lieutenant politique pour le Québec.

Les FAC se désengagent de la majorité des centres dès aujourd’hui, mais gardent environ cinq équipes sur appel jusqu’au 29 juin, a expliqué sur les antennes du RDI, le colonel Tim Arseneau, commandant de la composante terrestre de la force opérationnelle Est.

Au Québec, le premier ministre Legault comptait sur la présence de l'armée jusqu’au mois de septembre, mais selon le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique, la situation est – heureusement – relativement sous contrôle : On va s'organiser avec la Croix-Rouge pour ne pas se retrouver dans une situation critique.

Un travail louable

Le travail des quelque 1400 militaires dans une cinquantaine de CHSLD a été très apprécié, notamment parce qu’ils ont su s’adapter à leur nouvelle réalité rapidement.

Nos membres des FAC ont étaient au chevet des patients, durant les meilleurs moments, comme les pires. Nous sommes extrêmement fiers de leur travail. [...] C'est là qu'on se rend compte de la valeur de nos militaires.

Pablo Rodriguez, leader du gouvernement à la Chambre des communes

Les membres des FAC venus à la rescousse ont su travailler en harmonie avec le personnel et ont tissé des liens avec les résidents, ont également rapporté des responsables de plusieurs CHSLD.

Deux militaires discutent ensemble. Ils portent un masque.

Pour plusieurs militaires canadiens, le travail en CHSLD était une expérience nouvelle pour laquelle ils ont été formés rapidement.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

On a rencontré des gens de cœur qui étaient dévoués à la cause des aînés. [....] C’est une expérience qui était enrichissante professionnellement et personnellement, affirme Anne Poirier, directrice qualité, communication et ressources informationnelles à la Résidence Berthiaume-Du Tremblay, en entrevue au RDI.

Une vision que partage le colonel Tim Arseneau : Ça a été une mission très valorisante. Le travail que nous avons fait dans les CHSLD était très tangible. Nos gens voyaient les résultats de nos efforts directement sur la qualité de vie des patients.

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COVID-19 : la parole aux aînés

Arrivés en pleine crise

Les Forces armées n’ont pas manqué de dresser un portrait transparent, sans complaisance sur la situation dans les CHSLD, soulignant, entre autres, le manque de personnel.

À notre arrivée, ça nous a vraiment marqués de voir à quel point les professionnels de la santé étaient complètement débordés dans les centres, où ils travaillaient avec des effectifs réduits. Le taux d’infection était très élevé.

Colonel Tim Arseneau

Tim Arseneau se dit confiant de quitter ces centres désormais en meilleure posture.

Exposés à la COVID-19, une quarantaine de militaires ont été contaminés lors de leur mission dans les CHSLD. Cela représente un taux de moins de 3 %, ce qui est très bien du fait qu’on avait 1000 militaires dans les plus hautes concentrations de COVID-19 au pays, explique Tim Arseneau.

Il ajoute que cette expérience a été très instructive. Le contexte pandémique, dit-il, a appris aux militaires comment adapter leur soutien logistique pour ne pas être un vecteur de propagation de la maladie.

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