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Du monticule à la ferme : retraite pour Phillippe Aumont

Phillippe Aumont lance la balle vers le marbre.

Le lanceur gatinois Phillippe Aumont lors du camp des Blue Jays de Toronto en Floride (archives)

Photo : Gracieuseté de Phillippe Aumont / Blue Jays

Un nouveau plan de match s’est imposé dans la vie de Phillippe Aumont. Le lanceur de 31 ans a annoncé jeudi qu’il quittait le baseball professionnel pour se lancer dans l’agriculture.

Les mots se bousculent quand le Gatinois explique son projet de serriculture et de ferme. Sa passion est palpable lorsqu’il parle du plan que lui et sa conjointe Frédérique mijotent depuis un certain temps et qui s’est précipité avec la pandémie.

Il y a des problèmes dans le monde en ce moment, on ne se le cachera pas. Je n’ai pas le goût de partir. Il y a beaucoup de haine, le coronavirus, beaucoup de choses qui se passent. Partir dans l’inconnu, si je ne suis pas capable de garder ma famille en sécurité, j’aime mieux rester ici, indique le grand droitier.

J’ai trouvé ma deuxième petite vie. Je ne pars plus, je ne fais plus de valises. Si quelqu’un a besoin de valises, je vous les donne.

Phillippe Aumont

Il y a quelques mois à peine, il pouvait rêver à un retour dans le baseball majeur après avoir paraphé un contrat des ligues mineures avec les Blue Jays de Toronto.

Le camp d’entraînement de l’équipe ontarienne a été interrompu en raison de la COVID-19, ce qui a mené à la décision d’Aumont d’accrocher ses crampons pour une deuxième fois, non sans remercier tous ceux qui ont eu un impact, de près ou de loin, dans sa carrière au cours des deux dernières décennies.

Je n’ai pas de regret, je suis bien avec la décision que je prends, je la sens bien celle-là. La transition se fait beaucoup plus smooth. Ce n’est pas comme un moment que j’avais eu dans le passé, que je paniquais, je ne savais pas trop ce qui se passait dans ma carrière, dans ma tête, explique celui qui avait pris la décision de se retirer en 2016, avant de reprendre le collier avec les Champions d’Ottawa.

J’ai compétitionné avec les meilleurs joueurs au monde. J’ai eu du succès, j’ai eu des échecs. I’m in the books, je suis fier de ça.

Phillippe Aumont

Aumont avait été repêché au premier tour (11e au total) par les Mariners de Seattle en 2007. Il a disputé un total de 46 matchs dans les majeures de 2012 à 2015 avec les Phillies de Philadelphie. Il a aussi fait partie de l’organisation des White Sox de Chicago et des Tigers de Détroit.

Phillippe Aumont lance une balle de baseball pendant un match des Phillies de Philadelphie.

Phillippe Aumont a disputé 46 matchs avec les Phillies (archives).

Photo : Associated Press / Michael Perez

Sa retraite ne marque toutefois pas la fin de son implication auprès des jeunes joueurs de baseball. Il a l’intention de continuer à les conseiller et à enseigner ce qu’il a appris. Le Québécois fait une croix sur la compétition pour de bon, à une exception près.

J’ai compétitionné à tous les niveaux au monde, sauf un : les Jeux olympiques. Ça serait une possibilité, si j’ai l’appel, je vais vraiment le considérer, mentionne celui qui a déjà porté l’uniforme unifolié à de grands rendez-vous internationaux, comme les Jeux panaméricains.

L’athlète possède un monticule en bois qu’il a l’intention de déménager à la ferme, lorsqu’il s’y installera de façon permanente, avec Frédérique et leur fille, Gabrielle, qui aura un an dimanche.

La beauté avec les serres, c’est qu’elles sont vides pendant l’hiver, donc je vais pouvoir mettre mon monticule là-dedans et si jamais il y a un appel pour les Jeux olympiques ou peu importe, je vais avoir l’opportunité de lancer pendant l’hiver, ajoute Aumont.

Similitudes entre agriculture et baseball

Lorsqu’il a accroché ses crampons pour la première fois, le lanceur avait considéré différents scénarios pour son après-carrière : l'armée, la police et les pompiers ont été des options, brièvement, sans jamais le convaincre vraiment.

De me retrouver dans un travail de 8 à 4 ou de 9 à 5, je ne me vois pas faire ça, soutient le joueur. J’ai vu la serriculture comme étant un peu une saison de balle : pendant la saison que tu cultives, tu es là à fond et après, tu as une saison morte. Tu as quelques mois pour décompresser. C’est un roulement similaire à ce que je suis habitué.

Sans expérience ni diplôme en agriculture, lui et sa conjointe, Frédérique, comptent sur leur débrouillardise et sur l’appui du propriétaire de l’endroit qu’ils comptent louer près de l’aéroport de Gatineau pour livrer les premiers légumes de la ferme Pure Alternative en avril 2021.

Aumont espère aussi ajouter à son projet l’élevage d’animaux, comme des poules pondeuses et des cochons, pour diversifier l’offre de son entreprise, qu’il souhaite ouvrir au public pour permettre à ses clients de profiter d’un moment en campagne lorsqu’ils viendront se procurer leurs produits.

Ça va prendre du temps et de l’effort pour monter le projet, mais on a de bonnes intentions et on est motivés pour le faire.

Phillippe Aumont

Déjà, il travaille parfois une quinzaine d’heures sur la propriété pour refaire des structures vieillissantes. Un effort exigeant, qu’il se plaît à faire notamment parce que ça lui permet d’être son propre patron et d’être aux commandes, ce qui est rarement le cas dans une carrière professionnelle au baseball.

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