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La Libye devient un centre de tensions entre les Européens et la Turquie

La situation en Libye devient de plus en plus complexe à cause de la multiplication des acteurs.

Des combattants sourient et lèvent les bras en guise de victoire.

Les forces du Gouvernement d'union libyen célèbrent après avoir repris l'aéroport international de Tripoli aux troupes de Khalifa Haftar, mercredi.

Photo : Getty Images / -

Radio-Canada

Trois capitales européennes, Paris, Berlin et Rome, ont appelé jeudi, par voie de communiqué, à « la fin de toutes les ingérences d'acteurs étrangers en Libye » et exhortent les parties libyennes à « cesser immédiatement et sans condition les combats ».

Face au risque croissant de dégradation de la situation en Libye et d'escalade régionale, la France, l'Allemagne et l'Italie appellent toutes les parties libyennes à cesser immédiatement et sans condition les combats et à suspendre le renforcement en cours des moyens militaires à travers le pays, lit-on dans le communiqué.

Les trois pays exhortent les acteurs étrangers […] à respecter pleinement l'embargo sur les armes établi par le Conseil de sécurité des Nations unies.

La France accuse la Turquie de ne pas respecter cet embargo en livrant des armes au gouvernement d’accord national (GAN), reconnu par l’ONU.

De son côté, le gouvernement libyen accuse les Européens de fermer l’œil sur les livraisons d’armes que reçoit le maréchal Khalifa Haftar par voie aérienne ou par la frontière égyptienne de la part de ses alliés, notamment les Émirats arabes unis.

La France est également accusée par Ankara d'appuyer le maréchal Haftar.

Fortes tensions entre Paris et Ankara

Le premier ministre libyen serre la main du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Le premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Photo : Reuters

La situation géopolitique est inédite. Deux pays membres de l’OTAN, la Turquie et la France, sont à couteaux tirés en raison de leur profonde divergence sur la situation en Libye.

D’un côté, la Turquie apporte un soutien militaire au gouvernement libyen, suite à la signature d’un accord entre les deux gouvernements, de l’autre côté, le maréchal Khalifa Haftar bénéficie du soutien, entre autres, de la France.

L’appui militaire de la Turquie a permis au gouvernement libyen de repousser les troupes du maréchal Haftar, alors qu’ils se trouvaient à quelques kilomètres de la capitale, Tripoli.

Depuis sa défaite, le général Haftar se trouve chez son autre allié de la région, l’Égypte, où Abdelfatah Sissi menace à son tour d’ordonner à ses troupes de pénétrer le territoire libyen pour appuyer le maréchal en déroute.

La France veut mobiliser les Européens et l’OTAN

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a appelé mercredi les pays membres de l’Union européenne à un débat approfondi sur les relations futures entre l’Union européenne et la Turquie, leur demandant de défendre leurs intérêts.

Selon M. Le Drian, l’accord signé entre le gouvernement libyen et Ankara sur l’exploration du gaz au large de la Méditerranée menace les intérêts des alliés européens que sont Chypre et la Grèce.

Plus tôt cette semaine, le président français Emmanuel Macron accusait la Turquie de jouer un jeu dangereux suite à un incident au large de la Libye entre un navire turc, soupçonné de transporter des armes en Libye, et un autre français. Le navire turc, refusant un contrôle d’une frégate française, aurait effectué une manœuvre dangereuse en menaçant d’ouvrir le feu, selon Paris. La Turquie dément ces accusations.

La France a demandé à l’OTAN l’ouverture d’une enquête. Le secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg, a promis que l'organisation ferait toute la lumière sur ce qui s’est passé.

Présumés charniers

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda s’est dite profondément préoccupée par la découverte de plusieurs charniers dans la ville de Tarhouna, à 80 km au sud-est de Tripoli.

Il y aurait au total 11 charniers présumés de cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants. Il pourrait s'agir de preuves de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, a-t-elle avancé.

Dans la foulée, Mme Bensouda a demandé aux autorités libyennes de faire le nécessaire pour protéger et préserver ces charniers et veiller à ce que toutes les mesures qu'elles prendront ne nuisent pas à la conduite de futures enquêtes.

Un conflit à plusieurs acteurs

La Libye est entrée dans une spirale de violences depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Deux entités rivales se disputent le pouvoir depuis 2015 : le Gouvernement d'accord national (GNA) de Fayez al-Sarraj, établi en vertu d'un accord parrainé par l'ONU et ayant son siège à Tripoli (ouest), et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar dans l'est.

La Russie apporte un appui discret, avec notamment l'Égypte et les Émirats arabes unis, aux forces du maréchal Haftar face à celles du gouvernement d'union nationale militairement soutenu par la Turquie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Al Jazeera, et Le Monde

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