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New York peindra « Black Lives Matter » en lettres géantes devant la Trump Tower

Un cycliste circule sur la Cinquième avenue devant a Trump Tower, près de laquelle on voit des clôtures de protection.

Le message « Black Lives Matter » sera affiché tout juste devant la Trump Tower.

Photo : Associated Press / Craig Ruttle

Lorsque le président américain reviendra au siège social de la Trump Organization, à Manhattan, il sera accueilli par les mots « Black Lives Matter », qui seront peints devant la Trump Tower en immenses lettres jaunes à la demande du maire Bill de Blasio. Un geste de provocation évident que n'a pas apprécié Donald Trump.

La Ville, qui a déjà commencé à peindre dans divers secteurs de la métropole ce message qui signifie La vie des Noirs compte, a précisé qu'il se matérialiserait d'ici une semaine sur la Cinquième Avenue, entre les 56e et 57e rues, c'est-à-dire devant la Trump Tower.

Le président est une honte pour les valeurs que nous chérissons à New York, a déclaré par communiqué une porte-parole du maire, Julia Arredondo.

Il ne peut pas s'enfuir ou nier la réalité à laquelle nous sommes soumis, et chaque fois qu'il voudra mettre les pieds à l'endroit qu'il prétend être sa ville natale, il se fera rappeler que la vie des Noirs compte.

Julia Arredondo, porte-parole du maire Bill de Blasio

S'estimant très mal traité par sa ville natale, le président a décidé de faire de Palm Beach, en Floride, sa nouvelle résidence fiscale en novembre dernier.

Comme plus de 2000 villes américaines – de Boston à Los Angeles en passant par Atlanta et Denver – New York a vu défiler au cours des dernières semaines des foules nombreuses dans la foulée de la mort de l'Afro-Américain George Floyd, tué par un policier blanc, à Minneapolis, au Minnesota.

Le mouvement a mobilisé dans les rues de petites et grandes villes du pays des centaines de milliers de manifestants réclamant un accès à la justice égal pour les Afro-Américains et la fin de la brutalité policière.

Le président Trump mécontent

Par sa décision, le maire de Blasio, un démocrate, s'est attiré les foudres du président, qui a pourfendu la décision de peindre ces mots sur la légendaire et magnifique Cinquième Avenue.

Leur slogan est : "Des cochons dans une couverture, faites-les frire comme du bacon", une référence au fait de tuer la police, a-t-il lancé sur Twitter. La police de la ville de NY est furieuse!

Selon le New York Times, les manifestants à New York n'ont en fait jamais scandé ce message, qui a plutôt été utilisé au Minnesota en 2015 et dont une scène a été diffusée récemment par Fox News, le réseau de prédilection du président républicain.

Seuls les esprits déformés assimilent les mots Black Lives Matter à la violence. C'est un mouvement qui vise à reconnaître et à protéger la vie des Noirs. Personne n'est surpris que cela vous mette mal à l'aise, a riposté sur Twitter le maire de Blasio.

Il y a une semaine, le président Trump a signé un décret visant à s'attaquer à la brutalité policière, jugé nettement insuffisant par les démocrates et les militants pour les droits des Afro-Américains.

Il s'est cependant montré hostile aux réformes d'envergure réclamées par les manifestants, se présentant comme le président de l'ordre public et multipliant sur Twitter les messages valorisant l'ordre public!

Plus tôt dans la journée, le président a accusé sur les ondes de Fox News l’un des meneurs du mouvement Black Lives Matter de trahison, sédition et insurrection qui menaçait de réduire ce système en cendres s'il n'y avait pas de transformations importantes.

Le maire de Blasio a pour sa part une côte à remonter auprès de ses concitoyens. Marié à une Noire, il s'est fait reprocher de tolérer des interventions policières de plus en plus musclées contre les manifestants. Au début du mois, il s'est même fait huer lors d'une cérémonie en l'honneur de George Floyd à Brooklyn.

On l'a aussi accusé d'avoir tardé à réprimer les pillages qui ont secoué des quartiers chics de Manhattan.

Il y a deux semaines, après 10 soirées de manifestations, il a annoncé qu'une partie des fonds alloués à la police seraient redirigés vers des programmes sociaux.

Un message inscrit sur le bitume dans plusieurs villes

Des lettres formant l'expression « Black Lives Matter » sont visibles dans une rue de Washinton, D.C.

La Ville de Washington a fait peindre les mots « Black Lives Matter » sur l'avenue menant à la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / Khalid Naji-Allah / Bureau de la mairesse

D'après le New York Times, une murale avec le message Black Lives Matter a déjà été peinte à Staten Island. Le quotidien ajoute que deux autres murales viendront s'ajouter à Manhattan, tandis que les arrondissements de Brooklyn, de Queens et du Bronx en auront une chacune.

Au début du mois, la mairesse de Washington, Muriel Bowser, elle aussi démocrate, a fait afficher le même message sur la rue menant à la Maison-Blanche.

D'après WUSA-TV, une chaîne affiliée au réseau CBS, plusieurs villes, dont Austin, au Texas, St. Petersburg, en Floride, et Los Angeles, en Californie, ont emboîté le pas à la capitale fédérale.

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