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La réouverture de certains bars menacée par les conditions définies par Québec

Endettés, les propriétaires devront embaucher plus de personnel pour servir un nombre restreint de clients.

Un serveur ganté verse de la bière en fut dans une pinte.

Les employés de bars devront dorénavant respecter une foule de précautions qui ne faisaient pas partie de leur réalité auparavant.

Photo : Associated Press / Petr David Josek

Les débits de boisson pourront peut-être rouvrir leurs portes, mais l'expérience ne sera plus comme avant.

Selon les règles édictées jeudi par le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, la clientèle devra obligatoirement être assise afin de respecter le principe de distanciation physique, exactement comme dans les établissements qui servent de l'alcool avec de la nourriture, qui ont déjà été déconfinés.

Cette injonction aura non seulement pour effet de diminuer la capacité d'accueil des bars, mais elle obligera aussi les tenanciers à faire le deuil de leur piste de danse pour encore quelque temps.

Les propriétaires devront en outre embaucher davantage de personnel pour s'assurer que les mesures sanitaires en vigueur et que les normes de la CNESST sont respectées.

Et c'est sans compter la fermeture des frontières, qui a fait disparaître les touristes étrangers à Montréal et dans le reste du Québec.

Reprise des affaires dans les bars et terrasses

Endettés, les tenanciers craignent donc que l'achalandage ne soit pas assez important pour rembourser les prêts auxquels ils ont souscrit depuis le début de la pandémie, et que les conditions définies par Québec ne fassent qu'augmenter leurs dépenses.

Les propriétaires de bars vont rouvrir pour voir si ça peut marcher, mais si ça ne marche pas, il va y avoir des faillites partout au Québec, soutient le président de l'Union des tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis, qui s'attend à ce que 60 % des débits de boisson ferment leurs portes si les conditions actuelles sont maintenues plus de deux mois.

Beaucoup ont l'espoir de récupérer leurs pertes, mais ils vont trouver les temps durs.

Peter Sergakis, président de l'Union des tenanciers de bars du Québec

Comme plusieurs autres entrepreneurs, les propriétaires de bars devront également faire des pieds et des mains pour convaincre leurs anciens employés de revenir au travail, alors que la Prestation canadienne d'urgence de 2000 $ par mois a été prolongée de huit semaines, a expliqué M. Sergakis à RDI économie, jeudi.

Mais il en a aussi contre le gouvernement Legault, qui devrait, selon lui, voler au secours de l'industrie, comme il l'a fait pour Aldo et pour le Cirque du Soleil. Le gouvernement du Québec, il veut nous laisser mourir, dit-il, mécontent.

Mettre les bouchées doubles

Propriétaire du bar Le Date Karaoké à Montréal, Danny Jobin entend installer des panneaux de plexiglas entre les tables, comme il l'a fait au District Video Lounge, un restaurant qui lui appartient également, et qui a pu rouvrir ses portes, lundi.

Mais il devra payer chaque soir trois employés supplémentaires : un à l'accueil, pour s'assurer de bien faire comprendre les règles aux clients; un pour tout nettoyer; et un autre pour s'occuper uniquement de la salle de bain, située à l'étage du bas.

Ces contraintes ne feront que peser encore plus lourd sur les emprunts qu'il a contractés au cours des derniers mois, a-t-il expliqué au micro d'Isabelle Richer, jeudi, à l'émission Le 15-18.

Nous, on a eu droit à des prêts, a-t-il rappelé, alors là, on se retrouve avec des dettes. On n’a pas eu de cadeaux de la part du gouvernement! Donc, c'est sûr qu'on part avec un stress financier, et puis on ne sait pas comment ça va aller... On ne sera pas rempli à pleine capacité, c'est sûr, avec la distanciation.

Des règles difficiles à appliquer

M. Jobin souligne par ailleurs qu'il sera plus difficile de convaincre les clients de respecter toutes les règles imposées par la santé publique après quelques verres, comme il a déjà pu le constater au District Video Lounge.

Oui, les gens mangeaient, mais les gens étaient tellement excités de pouvoir être à l'extérieur de chez eux ou d'être dans un commerce où ils peuvent manger et boire, qu'on était vraiment stressés, et on a été obligés de parler avec des gens et d'essayer de les calmer là-dessus, raconte Danny Jobin.

Ils veulent rencontrer, ils veulent discuter... L'être humain est fait pour ça! On n'est pas habitués d'être encabanés chez nous.

Danny Jobin, propriétaire du District Video Lounge

Les choses ne s'annoncent pas plus simples à la boîte à spectacles Les 2 Pierrots, une institution du Vieux-Montréal. Sa propriétaire est formelle : la règle du deux mètres sera quasi impossible à appliquer.

Moi, je n'y crois pas, a confié Marilou Sciascia Ruel à Radio-Canada.

Du reste, elle pense qu'il sera très, très difficile de recréer une ambiance intéressante dans les circonstances.

Mme Sciascia Ruel en entrevue, dans son bar.

Marilou Sciascia Ruel est propriétaire de la boîte à spectacles Les 2 Pierrots.

Photo : Radio-Canada

Les tenanciers de bars attendent maintenant l'aval de Loto-Québec pour pouvoir réactiver leurs appareils de loterie vidéo, mais la société d'État a fait savoir jeudi qu'elle n'était pas encore prête à relancer la machine. Tout au plus, a-t-elle indiqué qu'elle annoncera prochainement l’échéancier et les modalités pour la reprise de ses activités.

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