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La prolongation de la PCU fait mal aux entreprises

Le gouvernement fédéral rappelle que des amendes pourraient être remises à ceux qui mentent sur leur chance d'obtenir un emploi.

Le reportage d'Alexane Drolet

Photo : iStock

Le Conseil québécois du commerce au détail juge que la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) nuit à la reprise économique en privant les entreprises de la main-d’oeuvre dont ils ont cruellement besoin pour reprendre leurs activités à plein régime.

Il y en a [des travailleurs] qui ne veulent tout simplement pas rentrer, ça crée un impact majeur présentement, dénonce le directeur général du Conseil, Stéphane Drouin.

Il trouve ridicule que le gouvernement fédéral, en prolongeant la PCU de deux mois, ne se soit pas assuré d’y attacher des critères qui auraient incité les employés à reprendre le travail plutôt qu’à rester à la maison.

Même la province du Manitoba a lancé un programme où ils vont payer jusqu'à 2000 $ les employés pour qu'ils reviennent travailler dans les prochaines semaines, illustre M. Drouin pour démontrer le caractère contreproductif de la PCU.

C'est complètement ridicule, quand on regarde ça. La mesure répond certainement à un besoin pour une partie de la population, mais présentement, c'est en train de nuire à la relance économique.

Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce au détail

Absences et temps partiel

À Québec, le président d’une entreprise de fabrication et de pose de clôtures estime que la PCU nuit gravement à ses efforts de recrutement.

Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que si t'es payé à la maison chez vous, le même salaire, [...] c'est sûr que tu vas profiter de la vie et que tu vas ramasser ton chèque, lance Sylvain Proteau.

Sylvain Proteau, président de Clôture GP

Sylvain Proteau, président de Clôture GP

Photo : Radio-Canada

Certains de ses employés lui ont aussi demandé de réduire leurs heures de travail afin de gagner moins de 1000 $ par mois, limite à laquelle ils peuvent continuer de toucher l’aide fédérale. Sylvain Proteau a refusé ces demandes puisque son modèle d'affaires ne lui permet pas d'être efficace avec des employés à temps partiel.

On va les trouver

La ministre fédérale du Développement économique, Mélanie Joly, maintient que la prolongation de la Prestation canadienne d'urgence était nécessaire puisqu’il y a encore des secteurs de l’économie qui sont durement affectés par la pandémie.

Elle prévient toutefois les employés qui refusent du travail tout en empochant l’aide fédérale qu’ils pourraient en payer le prix. C'est sûr que s'il y a des personnes qui contreviennent au système, on va les trouver et on va faire en sorte qu'ils vont être passibles d'amendes, met en garde la ministre.

Si un employé se fait offrir un emploi, il doit obligatoirement aller de l'avant et prendre cet emploi-là. Il ne peut pas rester sur la PCU.

Mélanie Joly, ministre de développement
Mélanie Joly, ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles

Mélanie Joly, ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles

Photo : Radio-Canada

Mais encore faudra-t-il que le gouvernement fédéral soit capable de retrouver les fautifs. Malgré sa frustration, Sylvain Proteau admet qu’il ne remplit pas les documents pour signaler à Ottawa les employés qui refusent du travail.

Avec les informations d'Alexane Drolet

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