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Le gouvernement québécois versera 6,8 M $ de plus au secteur du livre

Un livre ouvert sur une pile de livres fermés.

La fermeture des librairies pendant le confinement a fait mal au milieu du livre québécois.

Photo : getty images/istockphoto / Canetti

Fanny Bourel

Québec a annoncé jeudi l’octroi de 6,8 millions de dollars supplémentaires à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour aider le milieu du livre, frappé par les conséquences économiques de la crise de la COVID-19. 

Il est primordial pour notre gouvernement d’appuyer, par notre plan de relance, les écrivains et les entreprises de la chaîne du livre et de l’édition dans la reprise de leurs activités, et de leur offrir les moyens et les outils nécessaires à leur redéploiement, a précisé, par communiqué Nathalie Roy, la ministre de la Culture et des Communications. 

Cette rallonge servira à bonifier les programmes d’aide à l’édition et aux librairies qui existent déjà ainsi qu’à développer de nouveaux projets. 

De plus, le programme Aide aux entreprises – Soutien temporaire au fonds de roulement – COVID-19, lancé en mars par la SODEC avec une dotation initiale de 50 millions de dollars, sera doublé. Ce programme permet à des entreprises culturelles en difficulté en raison de la crise de la COVID-19 de bénéficier de prêts. 

Les maisons d'édition et les librairies satisfaites

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) a accueilli positivement ces mesures. Ces dernières devraient permettre au secteur du livre d’être mieux armé pour faire face à la crise de la COVID-19 et de protéger l’ensemble de l’écosystème du livre québécois, dont font partie les maisons d’édition, les librairies, et les auteurs et autrices. 

On a senti que le gouvernement était à l’écoute, et on a l’impression qu’il y a eu une prise de conscience quant au poids économique du secteur du livre, indique Arnaud Foulon, président de l’ANEL.

Ce sentiment est partagé par l'Association des libraires du Québec (ALQ). Depuis le jour 1, on a l'impression que nos besoins sont entendus, déclare Katherine Fafard, directrice générale de l'ALQ.

Elle se réjouit de voir de l'argent injecté dans le programme d'aide aux librairies agréées, même si elle ne connaît pas encore le montant exact. Cela permettra aux librairies d'être remboursées de frais engendrés par la pandémie de COVID-19, comme l'achat de matériel sanitaire ou les dépenses en frais postaux pour expédier les livres commandés en ligne.

Pas assez d’aide directe aux écrivains et écrivaines

Quant au Conseil des arts et des lettres du Québec, il recevra 4 millions de dollars pour octroyer des bourses aux artistes, notamment aux écrivains et écrivaines. 

Au début de juin, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) avait déploré que le plan de relance culturel du gouvernement laissait de côté les écrivaines et écrivains. Les mesures annoncées jeudi constituent une bonne nouvelle pour l’industrie du livre, mais pas pour les gens vivant de leur plume, selon l’organisation. 

Le montant de 4 millions n’est pas de l’argent neuf et ira aux artistes de différentes disciplines, pas uniquement aux écrivains et aux écrivaines, explique l’autrice Suzanne Aubry, qui préside l’UNEQ. Ces bourses vont bénéficier à 4 ou 5 écrivains, tout au plus.

Plutôt que des bourses qui demandent aux écrivains et écrivaines de développer un projet et qui mettent un certain temps à être versées, l’UNEQ demandait l’octroi d’aides directes et non sélectives. Certes, la période d’admissibilité à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a été rallongée de huit semaines, mais qu’est-ce qui va se passer après la fin de la PCU?, s’interroge Suzanne Aubry. 

L’UNEQ réclame la reprise cet automne du processus de révision des deux lois sur le statut d’artiste afin d’obliger les maisons d’édition à négocier des ententes de même type que des conventions collectives. Pour l’UNEQ, une telle mesure apporterait un soutien structurant sur le long terme aux écrivains et écrivaines afin d’améliorer réellement leur situation économique. 

Soutenir le livre québécois

Dans son communiqué, le ministère de la Culture et des Communications a aussi indiqué qu’un soutien particulier pourra être accordé à des initiatives visant à encourager l’achat de livres québécois et ainsi augmenter leur visibilité et leur notoriété.

Selon l’ANEL, plusieurs pistes sont explorées pour donner un coup de pouce à l’achat local en matière de livres, notamment celle de l’acquisition plus importante d’ouvrages québécois par les bibliothèques publiques.

Le milieu du livre québécois profitera également de deux nouveaux programmes dotés de 7 millions de dollars au total axés sur le numérique et destinés aux organisations culturelles. Ambition numérique vise à les soutenir dans leur transformation numérique et Rayonnement numérique cible la création ainsi que la commercialisation de produits culturels numériques.

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