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Une vague de dénonciations d’inconduite sexuelle frappe l’industrie du jeu vidéo

L’industrie du jeu vidéo semble vivre un moment #MoiAussi.

Une femme joue à un jeu vidéo sur un ordinateur.

En 2019, seulement 24 % des personnes travaillant dans l'industrie du jeu vidéo étaient des femmes, selon les données du IGDA Developer Survey.

Photo : getty images/istockphoto / gorodenkoff

Radio-Canada

Depuis quelques jours, des dizaines de femmes dénoncent publiquement le harcèlement, l’abus ou les agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans le milieu majoritairement masculin du jeu vidéo. Les hommes visés par ces allégations évoluent autant dans le milieu du développement de jeux que dans celui de la diffusion en direct.

Les studios Insomniac, Techland, Paradox Interactive et Gato Studio ainsi que l’éditeur Ubisoft ont tous répondu aux allégations visant d’anciens et d’actuels employés dans des déclarations publiques ces derniers jours. Twitch, YouTube et Facebook Gaming ont fait de même pour des allégations visant des figures importantes sur leurs plateformes de diffusion.

Quatre femmes ont accusé le fondateur du studio Obsidian, Chris Avellone, d’avances sexuelles non désirées et de comportement de prédateur. Sans nier les allégations, ce dernier s’est excusé sur Twitter.

Chris Avellone présente le jeu Dying Light 2 sur scène, devant plusieurs écrans avec le logo du jeu.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chris Avellone était scénariste pour le jeu « Dying Light 2 ».

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Bien connu pour son travail en tant que scénariste et concepteur pour des jeux à succès comme Fallout 2, Chris Avellone collaborait jusqu’à tout récemment avec le studio Techland sur le jeu Dying Light 2. L’entreprise a annoncé dimanche qu’elle rompait ses liens avec lui, étant donné les allégations d’inconduite sexuelle. Paradox Interactive et Gato Studio, qui travaillaient avec lui sur d’autres projets, ont rapidement emboîté le pas.

Ubisoft et Insomniac visés

Lundi, deux membres de l'équipe de communications d'Ubisoft ont fait l'objet de plusieurs allégations d'inconduite sexuelle les réseaux sociaux.

Une vitre donnant sur la réception d'Ubisoft Montréal sur laquelle est dessiné le logo de la compagnie.

Ubisoft se dit « très préoccupé » par des allégations d'inconduite sexuelle visant son personnel.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Gandin

Ubisoft a déclaré dans un communiqué être très préoccupé par ces allégations. L’éditeur dit qu’il les étudie de très près afin de déterminer quelles seront les prochaines étapes.

Entre-temps, une ancienne artiste du studio Insomniac (Spider-Man, Ratchet & Clank) a dit sur Twitter que l’entreprise avait mis les freins sur les carrières de plusieurs femmes exceptionnelles en ne leur offrant aucune autre option que celle de "démisionner" tout en protégeant des prédateurs sexuels. Elle dit avoir une liste de plus d’une dizaine de femmes blessées par les actions d’Insomniac.

Le studio a déclaré sur Twitter déjà être au courant de ces allégations. Il a affirmé déjà avoir pris plusieurs mesures pour changer le climat de travail.

Le monde de la diffusion en direct secoué

Toute cette vague de dénonciations a été déclenchée par plusieurs femmes qui ont décidé de raconter publiquement leurs expériences avec le populaire diffuseur du jeu Destiny, connu seulement sous le pseudonyme SayNoToRage. Des cas de harcèlement sexuel, dont des attouchements non désirés et des messages privés indésirables de nature sexuelle, figuraient parmi les agissements dénoncés.

SayNoToRage s’est ensuite excusé dans une vidéo YouTube, en plus de se faire rabrouer publiquement par le gestionnaire de communauté de Destiny.

Cet incident a ouvert les vannes à des dizaines d’autres dénonciations de diffuseurs et de youtubeurs connus, menant à la création, par la diffuseuse Jessy Quil, d’une liste constamment mise à jour d’allégations d’inconduite visant ces personnalités du web. Plus de 250 plaintes distinctes y sont répertoriées en date de jeudi midi.

Tout cela a mené à une dénonciation publique du dirigeant de Twitch, Emmett Shear, par une diffuseuse connue sous le nom de Starling. Elle a raconté dimanche que M. Shear n’avait pas répondu à ses inquiétudes concernant les cas de harcèlement et d’abus envers les femmes sur Twitch lors d’une rencontre en 2019.

C’est ça, la culture de Twitch. Balayer les mauvaises choses sous le tapis au profit de l’argent, a-t-elle déploré, alléguant que la plateforme n’avait toujours rien fait pour s’attaquer à ce problème.

Plus tard dans la même journée, Twitch a déclaré sur Twitter qu’elle prenait au sérieux les accusations de harcèlement et d’inconduite de nature sexuelle sur sa plateforme, saluant la bravoure des personnes qui ont élevé la voix.

Plusieurs personnalités Twitch se sont insurgées contre la plateforme après cette déclaration, relatant leurs histoires de plaintes non retenues ou balayées du revers de la main.

La joueuse de Pokémon Go Samantha Wong a notamment raconté que Twitch avait minimisé et rejeté ses allégations de harcèlement sexuel contre une personne influente qui travaille toujours au sein de l’entreprise. Cela a ensuite été confirmé par l’ancien vice-président de Twitch, Justin Wong.

Toute cette controverse a mené au mouvement #TwitchBlackout, dans lequel plusieurs créateurs et créatrices, ainsi que des membres du public ont boycotté la plateforme mercredi. Il reste à voir si d’autres manifestations semblables seront orchestrées dans les prochains jours.

Avec les informations de Vice, Bloomberg, Eurogamer, Libération, Forbes, et GamesIndustry.biz

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