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Le Canada peut éviter une deuxième vague de COVID-19, selon des experts

Mais seulement si les citoyens continuent de respecter les règles de distanciation.

Des élèves suivent leur cours de yoga dans des bulles à Toronto pour se protéger de la COVID-19.

Des élèves suivent leur cours de yoga dans des bulles à Toronto pour se protéger de la COVID-19.

Photo : Getty Images / Cole Burston

Radio-Canada

Les mesures d’hygiène et de distanciation mises en pratique ces derniers mois par les Canadiens et l’avancement rapide de la recherche pourraient permettre au Canada d’éviter une deuxième vague de COVID-19, estiment plusieurs chercheurs.

Alors que la première vague de coronavirus s’essouffle lentement au Canada ces dernières semaines avec des taux de contagion et d’hospitalisation en baisse plus ou moins constante, les autorités médicales et gouvernementales se préparent déjà activement à une deuxième vague de contagion.

Le scénario d’une nouvelle éclosion de masse qui semble inévitable aux yeux de nombreux experts devrait se produire quelque part entre l’automne et la fin de l’hiver prochain, selon les prévisions.

Or, l’arrivée d’une deuxième vague de coronavirus n’est pas gravée dans le marbre, soutiennent plusieurs experts en santé publique, qui croient que le Canada pourrait plutôt affronter plusieurs petites vagues plutôt qu’une grosse dans les mois à venir ou même éviter complètement une deuxième vague, si les citoyens et les autorités demeurent alertes.

Il n'y a en fait rien de prévisible à propos d'une deuxième vague, a expliqué Steven Hoffman, directeur du Global Strategy Lab et professeur de droit de la santé mondiale à l'Université York de Toronto, à nos collègues de CBC.

Nous pourrions avoir une deuxième vague, une troisième, une quatrième et une cinquième. Nous pourrions ne pas avoir de deuxième vague du tout, croit Steven Hoffman.

Une courbe en vague sur une période de deux ans.

Ce graphique montre qu'en gardant certaines mesures de distanciation sociale, il sera possible de garder le nombre de nouveaux cas bas. Ainsi, le Canada pourrait voir plusieurs petites vagues au cours des prochains mois.

Photo : Adaptation d'un graphique d'Ashley Tuite, École de santé publique Dalla Lana de l'Université Toronto

Le Dr Isaac Bogoch, médecin et scientifique spécialisé dans les maladies infectieuses à l'hôpital général de Toronto, est aussi de cet avis.

Selon lui, plutôt que d’essuyer une forte vague comme la première fois, nous serons probablement confrontés dans les mois à venir à des épidémies de moindre ampleur qui devront être jugulées rapidement.

Des baigneurs de tous les âges dans l'eau.

Des Montréalais profitant de la plage de Verdun, dans l'ouest de l'île, pour se rafraîchir.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Nous allons essentiellement essayer d'identifier rapidement les petites épidémies dès que possible, en les réprimant et en les empêchant de se transformer en épidémies plus importantes et en une épidémie plus vaste.

Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital général de Toronto

Pas de retour en force de la maladie ailleurs dans le monde

Si on regarde ailleurs dans le monde, principalement où le coronavirus a frappé en début de pandémie, aucune deuxième vague de grande ampleur n’a été rapportée jusqu’ici, alors que les éclosions localisées, elles, se multiplient un peu partout.

Israël a connu des centaines de nouvelles infections après la réouverture des écoles, la Corée du Sud a connu une recrudescence des cas dans un quartier de boîtes de nuit à Séoul, tandis qu'une épidémie dans une usine de conditionnement de la viande en Allemagne a entraîné de nouvelles mesures de confinement. Mais nulle part pour le moment, la COVID-19 n’a engendré de deuxième vague massive.

Du personnel en combinaison de protection dans la rue à Pékin.

Plus de 250 nouveaux cas de contamination au virus de la COVID-19 ont été confirmés à Pékin.

Photo : Getty Images / Lintao Zhang

Dans d’autres régions du Sud-Est asiatique, notamment à Singapour, à Hong Kong et à Taïwan, qui ont réussi rapidement à contenir la maladie, aucune deuxième vague de coronavirus ne s’est manifestée. Il faut dire cependant que des mesures strictes de distanciation physiques sont toujours observées dans ces régions.

En Chine continentale, les autorités ont agi rapidement pour contenir une nouvelle éclosion ce mois-ci à Pékin en réinstaurant des mesures d’hygiène strictes et en suspendant 60 % des vols à destination et en provenance de la capitale après la découverte de 256 nouveaux cas depuis le début de juin.

Pour le Dr Bogoch, si le Canada adopte une approche similaire pour contrôler les nouveaux foyers qui apparaîtront à l'avenir, nous pourrons éviter l’imposition des mesures plus draconiennes, comme la fermeture d'entreprises non essentielles et la réimposition de mesures de confinement à grande échelle dans le pays.

Si nous nous y attelons rapidement et que nous avons la capacité de procéder aux premières identifications, à la recherche de contacts et à l'isolement, nous pouvons nous en sortir sans une grande deuxième vague.

Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital général de Toronto

Raywat Deonandan, épidémiologiste en santé mondiale et professeur associé à l'Université d'Ottawa, estime que la prochaine vague d'infection risque d'être moins grave, compte tenu de ce que nous avons appris sur la façon de contrôler le virus au cours des six derniers mois.

Nous savons qu'il [le coronavirus] aime les rassemblements de masse à l'intérieur. Il semble que c'est là que les super-événements de propagation ont tendance à se trouver : les églises, les bars karaoké, les fêtes, les boîtes de nuit, explique-t-il.

C'est donc notre façon de contrôler la deuxième vague, si nous surveillons vraiment les grandes activités à l'intérieur ou si nous les empêchons complètement.

Les Canadiens toujours vulnérables

Mais en dépit du relâchement des stratégies le plus strictes, les Canadiens demeurent vulnérables à la COVID-19 essentiellement parce beaucoup d'entre eux n'ont pas encore été infectés.

Selon l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, près de 2,5 millions de Canadiens ont été testés pour la COVID-19, avec une moyenne d'environ 4 % de tests positifs et plus de 100 000 cas confirmés.

Nous avons une très faible pénétration de cette maladie dans notre société, explique Raywat Deonandan.

Cela signifie que la grande majorité des Canadiens sont encore sensibles, et s'ils le sont, il ne faudra pas grand-chose pour qu’une nouvelle croissance explosive du virus se produise.

Des manifestants.

Les rassemblements populaires demeurent des activités à risque.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Pour Steve Hoffman, de l’Université York, malgré toutes les précautions, le coronavirus n’en continue pas moins de circuler dans le monde.

Il est très probable que, tant que ce virus circulera dans le monde, il reviendra un jour au Canada même si nous l'éliminons de notre pays.

Steve Hoffman, Université York

Une meilleure connaissance du virus pour repousser les futures vagues

Mais même s’il revient, les Canadiens seront mieux armés que la première fois pour y faire face, croient plusieurs chercheurs et scientifiques, notamment en raison des progrès de la médecine et de la science ces dernières semaines pour comprendre le virus, son mode de propagation, les symptômes qu’il provoque, mais aussi ses faiblesses.

Nous avons appris qu'il s'agit d'une maladie très étrange qui semble se manifester différemment dans différentes populations, différents groupes d'âge, et que la symptomatologie n'est pas du tout ce à quoi on aurait pu s'attendre au début, explique Raywat Deonandan.

Cette idée de perdre son odorat, par exemple, a pris tout le monde par surprise. Nous avons également appris la transmission asymptomatique et présymptomatique, poursuit l’épidémiologiste.

Il ajoute que les experts du monde entier avaient supposé à tort, au début de la pandémie, que le simple fait de tester précocement les patients symptomatiques permettrait de contrôler la propagation de COVID-19, un peu comme dans le cas d'une épidémie de grippe.

Un test de dépistage de la COVID-19.

Une infirmière de Sudbury effectue un test de dépistage.

Photo : CBC/Erik White

La menace de différents modes de transmission, soit par les surfaces ou les excréments, a également suscité des inquiétudes au début, ce qui, selon M. Deonandan, a semé la confusion sur la manière de prévenir l'infection à un moment critique.

Il semble maintenant que la quasi-totalité du virus soit véhiculée par des gouttelettes et des aérosols, principalement des gouttelettes, selon Raywat Deonandan.

Jason Kindrachuk, professeur adjoint de pathogenèse virale à l'Université du Manitoba à Winnipeg et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les virus émergents, croit lui aussi qu’une meilleure compréhension de la maladie permettra de faire des gains importants en cas de deuxième vague.

Nous sommes mieux préparés que lors du premier tour parce que nous avons une meilleure idée de ce qu'est ce virus et un peu plus sur son comportement.

Nous avons probablement gagné environ cinq à dix ans de recherche au cours des six derniers mois.

Jason Kindrachuk, professeur adjoint de pathogenèse virale à l'Université du Manitoba

Qui plus est, souligne M. Kindrachuk, la première vague a exposé nos vulnérabilités, en particulier dans les maisons de soins de longue durée, où plus de 6000 Canadiens sont morts de la COVID-19 à ce jour.

Si le virus connaît une nouvelle résurgence au Canada, explique-t-il, tant que nous pourrons limiter la propagation au sein de ces communautés vulnérables, nous savons que la majorité du reste de la population est gérable.

D’après les informations recueillies par Adam Miller

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