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Une étudiante victime de brutalité policière appelle à une réforme des interventions

Portrait de Mona Wang.

Mona Wang a été victime de brutalité policière alors qu'elle avait une crise de panique.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Les policiers devraient être accompagnés par des professionnels de la santé, selon une étudiante en soins infirmiers de Kelowna qui poursuit une agente de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) après la diffusion d'une vidéo qui montre l’agente la traînant dans un couloir avant de lui mettre un pied sur la tête.

Le 20 janvier dernier, Mme Wang vivait une crise de panique chez elle, à Kelowna. Elle était en contact avec son petit ami, à Vancouver, mais celui-ci s’est inquiété quand elle a cessé de répondre. Il a communiqué avec les services d’urgence afin qu’ils vérifient son état.

Une agente de la GRC appuie son pied contre la tête d'une jeune femme allongée au sol.

L'agente Lacey Browning aurait usé d'une force démesurée auprès de Mona Wang lors d'une intervention pour une crise de panique.

Photo : Offerte par Bridge Law Corporation

Dans une requête introductive d’instance déposée devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, elle allègue que l’agente de la GRC Lacey Browning, qui a répondu à l’appel, a usé d'une force excessive lors de son intervention.

Beaucoup de personnes nous ont croisées, des personnes que je vois quotidiennement C’était très humiliant et dégradant, confie-t-elle.

Je ne représentais pas une menace. J’avais les mains menottées derrière le dos et j’étais couchée au sol sur le ventre.

Une citation de Mona Wang, étudiante

L’agente Browning nie les accusations de Mme Wang et prétend avoir utilisé une force raisonnable. L’affaire est toujours devant les tribunaux.

Plus d’appels en santé mentale

Selon la GRC, le nombre d’appels concernant des personnes aux prises avec des troubles mentaux a connu une croissance exponentielle au cours des dernières années.

La commissaire de la GRC Brenda Lucki soutient que les policiers jouent un rôle important dans ces situations.

Quand une personne qui souffre de troubles mentaux brandit un couteau en pleine crise, ce n’est pas le temps de faire appel à des professionnels de la santé mentale, a-t-elle affirmé mardi devant le Comité de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes.

C’est à la GRC d’intervenir pour calmer cette personne, la conduire dans un endroit sécuritaire et lui apporter l’aide nécessaire.

À Surrey, en Colombie-Britannique, la GRC a répondu à 7000 appels concernant des troubles mentaux en 2019. Le détachement a tenté de mieux répondre à ces appels par la création du programme de la voiture 67. Dans celle-ci, une infirmière spécialisée en santé mentale accompagne l’agent pour certains appels.

Selon le caporal Scotty Schuman, un agent qui participe au programme, il est navrant de voir des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale ne pas recevoir l’aide dont ils ont besoin. Il ajoute que l’expertise de l’infirmière est utile dans certaines situations.

Il y a clairement des occasions où nous n’aurions pas su reconnaître les signes de détresse mentale chez une personne appréhendée sans l’aide de l’infirmière.

Une citation de Caporal Scotty Schuman, agent de la GRC

Selon Mme Wang, ce genre de programme aurait pu lui éviter sa mésaventure.

Je ne crois pas que les policiers doivent répondre seuls aux appels visant à s’assurer du bien-être d’une personne, dit-elle. Je pense que c’est très important que la police soit accompagnée d’une infirmière spécialisée en santé mentale ou d’un travailleur social ou d’un autre professionnel de la santé, parce qu’ils ont l’expertise nécessaire.

Faisant allusion à sa propre formation, Mme Wang dit que les infirmières sont entraînées pour utiliser des méthodes de désescalade sans avoir recours à la force. Nous faisons constamment face à des patients combatifs et agressifs, dit-elle.

Des voix s’élèvent pour une réforme

Mme Wang n’est pas la seule à demander des changements. Son cas et bien d’autres ont mené beaucoup de personnes à poser un regard critique sur le rôle des policiers qui répondent aux appels liés à des troubles mentaux.

Depuis le mois d’avril, au moins quatre personnes sont mortes au pays pendant une intervention policière qui visait à s’assurer de leur bien-être.

D’Andre Campbell, un homme noir de 26 ans qui souffrait de schizophrénie a été tué par un agent le 6 avril à Brampton, en Ontario. Il avait lui-même communiqué avec la police pour obtenir de l’aide.

Regis Korchinski-Paquet, une femme autochtone noire est morte après être tombée de son balcon à Toronto, le 27 mai. Sa famille avait appelé les policiers pour qu’ils interviennent après une dispute.

Chantel Moore, une femme autochtone de 26 ans, a été abattue par la police le 4 juin à Edmundston, au Nouveau-Brunswick. Les forces de l’ordre étaient intervenues pour s’assurer de son bien-être.

Enfin, Ejaz Ahmed Choudry, un homme d’origine pakistanaise âgé de 62 ans qui souffrait de schizophrénie a été tué par un policier qui était venu s’assurer de son bien-être le 20 juin à Mississauga, en Ontario.

Meenakshi Mannoe, qui travaille à la Pivot Legal Society de Vancouver n’est pas surprise par ces histoires. Elle connaît bien d’autres cas où la police a tué des personnes en situation de détresse mentale en Colombie-Britannique, comme Tony Du, en 2014, et Kyaw Naing Din, en 2019.

Portrait de Meenakshi Mannoe.

Meenakshi Mannoe, de la Pivot Legal Society de Vancouver, demande plus de ressources en santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Martin Diotte

Pour Mme Mannoe, les interventions policières visant des personnes souffrant de problèmes de santé mentale montrent que ces dernières ont été abandonnées par le système de santé.

Il faut davantage de soutien et de fonds pour les conseillers, les professionnels de la santé et les travailleurs, selon elle.

C’est très important qu’on réponde avec empathie avec une approche culturellement sensible et qui tienne compte des traumatismes plutôt que d’utiliser la force, soutient Mme Mannoe.

Avec les informations de Brady Strachan, Lien Yeung, et Andrea Ross

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