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« Une histoire de génocide bidon » : le rédacteur de discours de Kenney sur la sellette

Jason Kenney est au podium. Il lève les bras en l'air en parlant.

Le rédacteur des discours de Jason Kenney a tenu des propos très controversés sur les Autochtones par le passé.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Des propos controversés du rédacteur des discours du premier ministre de l’Alberta, Paul Bunner, refont surface et les mettent tous les deux sur la sellette.

En 2013, Paul Bunner a écrit un article intitulé Le "génocide" qui a échoué dans le magazine en ligne de la Fondation Manning, C2C Journal

Dans cet article, il qualifie l’histoire des pensionnats autochtones de génocide bidon . Il affirme que ces écoles ont permis à des dizaines d’enfants des Premières Nations de s'instruire et que cet aspect des choses n’est jamais raconté. 

Il remet également en cause la notion de traumatisme intergénérationnel.

Déjà des pans entiers du système public d’éducation régurgitent cette histoire de génocide sans regard critique , écrit-il en 2013. Il ajoute que cela risque d’ajouter du poids aux militants autochtones et à leurs demandes sans fin pour plus d’argent des contribuables et plus d’autonomie politique

Paul Bunner a maintenu ces propos controversés au moins une fois depuis la publication de l’article.

Pas un conseiller politique

Le bureau du premier ministre de l’Alberta a refusé la demande d’entrevue de CBC/Radio-Canada adressée à Paul Bunner.

M. Bunner est un rédacteur de discours. Il est employé pour mettre en mots la politique du gouvernement. M. Bunner n’est pas employé comme conseiller politique ni impliqué dans la formulation de politique, a écrit un porte-parole du gouvernement dans un courriel. Je vous rappelle que le premier ministre était un ministre important du gouvernement fédéral lorsque celui-ci s’est excusé [auprès des victimes des pensionnats autochtones]. Les élus décident de la politique, pas les employés.

Stephen Harper en compagnie d'un autochtone arborant une coiffe traditionnelle.

Paul Bunner était également le rédacteur des discours de l'ancien premier ministre canadien Stephen Harper quand il a présenté des excuses pour les pensionnats autochtones, en 2008.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Paul Bunner était également le rédacteur des discours de Stephen Harper, alors premier ministre du Canada, lorsque celui-ci s’est levé à la Chambre des communes en 2008 pour présenter ses excuses aux victimes des pensionnats. Il n’était toutefois pas l’auteur de ce discours et affirme d’ailleurs dans son texte de 2013 son désaccord avec ces excuses.

Une réponse timide de Jason Kenney

Le premier ministre albertain, Jason Kenney a brièvement réagi à la controverse, lors d’une conférence de presse jeudi. Je suis en désaccord total avec ses propos, a-t-il laissé entendre sans toutefois répondre à la question entourant un possible licenciement de son rédacteur des discours.

J'imagine qu'un individu ayant eu une carrière journalistique de 40 ans a forcément écrit des choses avec lesquelles je ne suis pas d'accord, et que moi et d'autres pouvons trouver offensantes

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

M Kenney, qui avoue ne pas avoir lu l’article en entier, a plutôt préféré se concentrer sur ce que son gouvernement avait entrepris pour aller de l’avant avec la réconciliation. 

Il a aussi tenu à rassurer les Albertains. Ces propos ne reflètent en rien et n’ont aucune influence sur notre politique, a affirmé le premier ministre.

Appel à la démission

L’Opposition officielle a appelé au renvoi immédiat de Paul Bunner et à des excuses de la part du premier ministre Jason Kenney. C’est douloureux de lire des mots aussi extrêmement racistes que ceux écrits et publiés par M. Bunner, a affirmé la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta Rachel Notley.

Je suis profondément préoccupée par le fait que Jason Kenney a sélectionné une personne ayant ces positions pour devenir un de ses plus proches collaborateurs. C’est perturbant de penser à toutes les déclarations publiques composées depuis un an par une personne ayant une telle haine envers les Autochtones.

Propos « insultants »

La professeure adjointe d’histoire autochtone à l’Université Mount Royal Gabrielle Lindstrom s’inquiète des conséquences de la propagation de tels écrits.

Elle dit entendre ce genre de théorie sur l’histoire autochtone de la part de ses étudiants et dans les cercles de leadership national. Nous faisons de la violence envers les Autochtones une allégation et, donc, quelque chose de discutable, craint-elle. 

Le chef Willie Littlechild, membre de la Commission de vérité et réconciliation, a lu dans ces propos une insulte personnelle. Il rappelle qu'il a entendu plus de 7000 histoires d’enfants agressés dans des pensionnats pendant ses années comme commissaire. 

J’aurais aimé le voir à ma place pendant 14 ans. L’histoire serait bien différente, a noté celui qui a survécu aux pensionnats de l’Alberta. 

Avec les informations d'Elise von Scheel

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