•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Justin Trudeau ne bouge pas sur l’affaire Meng Wanzhou

Gros plan du premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le premier ministre Justin Trudeau se dit « totalement en désaccord » avec les signataires de la lettre demandant la libération de Meng Wanzhou, la directrice des finances de Huawei, pour obtenir la libération de Michael Spavor et Michael Kovrig détenus et inculpés pour espionnage présumé en Chine. Plier devant la Chine compromettrait la sécurité des Canadiens, assure Trudeau.

En point de presse jeudi, M. Trudeau a réitéré que son gouvernement travaillait avec acharnement à ramener Michael Spavor et Michael Kovrig à la maison.

Mais Ottawa n'entend pas céder aux pressions de la Chine, a dit le premier ministre. Le Canada enverrait un très mauvais message en abandonnant les procédures d'extradition contre Meng Wanzhou dans l'espoir d'obtenir la libération des deux Canadiens.

Si un gouvernement comprend qu’en arrêtant de façon aléatoire des Canadiens, il peut exercer la pression sur le Canada pour avoir ce qu’il veut, eh bien tous les Canadiens à l’international deviennent vulnérables, a-t-il Justin Trudeau.

Les Américains reprochent à Mme Meng d’avoir violé des sanctions contre l'Iran. Son dossier d'extradition est actuellement devant un tribunal de la Colombie-Britannique.

Peu de temps après l'arrestation de Mme Meng, le 1er décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver, la Chine a arrêté MM. Spavor et Kovrig pour des allégations d'atteinte à la sécurité nationale - un geste largement considéré au Canada et ailleurs dans le monde comme une mesure de représailles pour la détention de Mme Meng.

Libérer Mme Meng donnerait l’impression que l’arrestation arbitraire de Canadiens est une bonne façon d’exercer du chantage et cela mettrait d’autres Canadiens en danger, selon M. Trudeau.

Protéger les Canadiens, a-t-il dit, c’est protéger les Canadiens qui dans l’avenir vont voyager à travers le monde, y compris en Chine.

Pour M. Trudeau, il est primordial de protéger l’indépendance du système de justice canadien.

Nous nous devons de nous tenir droits debout pour l’indépendance de notre système de justice, pour le respect de nos traités internationaux et ne pas se laisser influencer par l’arrestation de deux individus. Si on le fait, on met en danger d’innombrables Canadiens dans l’avenir.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Une lettre qui ne fait pas l'unanimité

La détention en Chine de Michael Spavor et de Michael Kovrig est complètement illégale et injustifiée, ont plaidié une vingtaine d'anciens politiciens et ex-diplomates dans une lettre collective adressée mardi au premier ministre Trudeau.

Les ex-ministres des Affaires étrangères Lloyd Axworthy (libéral), Lawrence Cannon (conservateur) et André Ouellet (libéral), ainsi que les anciens ambassadeurs canadiens aux États-Unis Derek Burney et Michael Kergin figurent parmi les signataires.

Parmi eux, Louise Arbour et Allan Rock s’étaient déjà exprimés publiquement pour la libération de Meng Wanzhou plus tôt cette semaine.

En conférence de presse jeudi après-midi, le chef intérimaire du Parti conservateur du Canada (PCC) s’est dit lui aussi contre la position défendue dans cette lettre. Cette solution ne devrait pas être le premier outil utilisé dans de telles circonstances, a répété Andrew Scheer qui a reproché au premier ministre sa faiblesse. Il accuse Justin Trudeau de n’avoir rien fait du tout pour faire libérer les deux Canadiens.

Mettre de côté la primauté du droit n’est pas la solution, a insisté Andrew Scheer, ajoutant qu’il y a d’autres façons de montrer au gouvernement chinois qu’il y a des conséquences à ne pas respecter les droits des Canadiens.

En entrevue à RDI, Ferry De Kerckhove, ancien diplomate et professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales à l’Université d’Ottawa, estime pour sa part que la Chine fera ce qu’elle veut, quelles que soient les circonstances.

Il y a un élément tellement politique dans cette affaire que je ne vois pas d’autre solution que celle qui est proposée par les signataires de la lettre. Et une fois que cette étape aura été franchie, on en sera sur de nouveaux frais, mais ça ne changera rien à la dynamique canado-chinoise.

Ferry De Kerckhove, ancien diplomate et professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales, Université d’Ottawa

COVID-19 : Des investissements pour la rechercher et les étudiants

Par ailleurs, lors de la conférence de presse, M. Trudeau a annoncé une Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant de 1000 $ à 5000 $, qui va permettre aux jeunes d’acquérir de l’expérience tout en contribuant à leur communauté.

Cette bourse s’adresse aux étudiants des cégeps ou des universités ainsi qu’aux nouveaux diplômés.

Le gouvernement fédéral entend également investir dans Emploi d’été Canada pour ajouter 10 000 placements en milieu de travail pour les étudiants âgés de 15 à 30 ans.

Justin Trudeau s’engage également à soutenir la création de 20 000 autres placements pour les étudiants du cégep et de l’université dans des secteurs en forte demande par l’entremise du Programme de stages pratiques pour les étudiants.

Le premier ministre ajoute que son gouvernement va également investir 40 millions de dollars pour créer 5000 stages Mitacs, un organisme à but non lucratif qui favorise la collaboration entre les universités et le secteur privé, pour les étudiants de niveau postsecondaire dans le cadre de son plan pour aider les étudiants.

Le premier ministre a également annoncé un investissement de 110 millions de dollars dans la recherche sur la COVID-19. Au total, 139 équipe de recherche à travers le pays recevront un soutien financier au cour de la prochaine année.

Réagissant à la baisse de la cote de crédit du Canada en raison des dépenses liées à la crise de la COVID-19, en passant de AAA à AA+, le premier ministre a défendu ses dépenses massives.

Dans cette crise sans précédent, nous avions besoin de privilégier l’aide aux Canadiens, a dit M. Trudeau.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique fédérale

Politique